Achevée en 2026, ces travaux ont permis d’assurer la conservation de l’édifice tout en lui redonnant son apparence et son éclat d’origine. Ils ont aussi été l’occasion de créer des espaces de présentation des collections dans les anciennes sacristies. Cette restauration offre ainsi aux visiteurs une expérience renouvelée de ce patrimoine nivernais emblématique. La DRAC a assuré pour le compte de l’État, propriétaire, la maîtrise d’ouvrage des travaux de la cathédrale. Ce chantier, entièrement financé par l’État, a bénéficié de près de 6 millions d’euros, dont 3,4 millions d’euros au titre du plan France Relance.
Création de la cathédrale
Véritable chef-d’œuvre de l’architecture religieuse, la cathédrale Saint-Cyr-et-Sainte-Julitte de Nevers témoigne de plusieurs siècles d’histoire et de transformations architecturales.
La cathédrale se compose de deux chœurs. L’un, de style roman, situé à l’ouest, est construit au XIe siècle. Au XIIIe siècle, plusieurs incendies ravagent la cathédrale romane. Après reconstruction, le second chœur est édifié. Il est de style gothique, et tourné à l’est. Au XIVe siècle, la salle du Trésor et les premiers niveaux de la tour Bohier sont construits. Aux XVe et XVIe siècles, les chapelles des bas-côtés et la nef sont édifiées. C’est également à cette époque que la tour Bohier est achevée. Au XIXe siècle, l’architecte en chef des monuments historiques Victor Ruprich-Robert entreprend la restauration et la modification de la partie ouest de la cathédrale, lui donnant son aspect actuel. Il intervient également sur la nef et plusieurs chapelles.
Les bombardements de la Seconde Guerre mondiale
Dans la nuit du 15 au 16 juillet 1944, la cathédrale et la ville de Nevers sont bombardées par la Royal Air Force. Le chœur gothique et le bas-côté nord sont détruits, le toit est gravement endommagé, ainsi que le mobilier et plusieurs chapelles.
De 1946 à 1960, des travaux de déblaiement, de consolidation, puis de restauration sont menés par l’architecte en chef des monuments historiques Eugène Chauliat.
Au cours des années 1970, un programme de création de vitraux contemporains est lancé. La pose des vitraux s’achève en 2009. Par la suite, plusieurs campagnes de restauration, d’entretien et de réaménagement sont engagées.
Les murs du chœur roman sont restaurés en 1991, et, l’année suivante, l’architecte en chef des monuments historiques Bernard Colette débute un projet de réaménagement intérieur de la cathédrale.
De 1995 à 2008, une partie des toitures est restaurée, un important programme d’entretien des tableaux et des sculptures est engagé, et des travaux préparatoires pour la mise aux normes des installations électriques et la restauration du clocher sont lancés.
Dans les années 2010, la campagne de restauration se poursuit, notamment dans la tour Bohier, sur le retable de la vie de St Jean-Baptiste, le Christ en croix roman, plusieurs stalles, des toitures et des maçonneries.
Une restauration nécessaire ?
En 2022, sur demande de la DRAC, une étude a été réalisée par l’architecte en chef des monuments historiques Etienne Barthélemy. L’étude révèle de nombreuses dégradations sur l’édifice, notamment sur les 20 chapelles, les collatéraux, le déambulatoire, le transept, le chœur et le chevet romans. L’étude met en lumière :
- des problèmes structurels (fissures), des dégradations des murs extérieurs, et des joints dégradés ;
- des infiltrations d’eau et un système de récolte des eaux pluviales en mauvais état, causant des fuites et une oxydation d’éléments en cuivre ;
- des zones altérées par la présence de végétation invasive, favorisant la rétention d’eau ;
- des tâches d’humidité, causant notamment le développement de micro organismes comme des algues vertes ;
- des problèmes constatés au niveau du mobilier : absence de grilles, présentation du mobilier et des œuvres peu soignée, œuvres non sécurisées, et des décors de confessionnaux en mauvais état de conservation ou manquants.
Au regard des constats formulés par cette étude, il a été décidé de restaurer la cathédrale, afin d’assurer sa bonne conservation. Les travaux ont ainsi débuté en février 2023, et se sont achevés en septembre 2026.
Qui est en charge de la restauration de la cathédrale ?
Au sein de la Direction régionale des affaires culturelles, le service de la Conservation régionale des monuments historiques a assuré la maîtrise d’ouvrage des travaux de la cathédrale. Ce chantier, entièrement financé par l’État, également propriétaire de l’édifice, a bénéficié de près de 6 millions d’euros, dont 3,4 millions d’euros au titre du plan France Relance. La maitrise d’œuvre est, elle, assurée par Etienne Barthélemy, architecte en chef des monuments historiques.
Une restauration d’ampleur
Le projet de restauration distingue d’une part les interventions de restauration conservatoire, et d’autre part l’aménagement d’espaces de présentation des collections. La restauration conservatoire des monuments historiques est une intervention qui vise avant tout à préserver un édifice dans son état existant, en ralentissant sa dégradation, tout en respectant son authenticité. Il peut s’agir de consolidation de parties fragiles, de réparation d’éléments endommagés ou encore de nettoyage ou de traitement de matériaux pour les protéger. L’objectif n’est pas de reconstruire ou de transformer le monument, mais de garantir sa stabilité et sa conservation.
L’intérieur de la cathédrale
La restauration a concerné la quasi-totalité des 20 chapelles, avec la remise en état des décors, du mobilier et des statues. Les collatéraux, le déambulatoire et le transept roman ont bénéficié d’interventions plus légères, tandis que le sas d’entrée et les cryptes ont nécessité des travaux plus importants. Ces dernières ont également été réaménagées pour accueillir les réserves lapidaires de la cathédrale.
Les espaces de présentation des collections
La restauration a également permis de créer deux espaces d’exposition dans les anciennes sacristies des chanoines et des séminaristes. Aménagés pour mettre en valeur les collections de la cathédrale, ils présentent notamment des vestiges lapidaires, des pièces d’orfèvrerie et des pierres peintes du jubé du XIVe siècle, grâce à une scénographie adaptée à la conservation et à la sécurité des œuvres.
Focus sur les pierres peintes du jubé
Un des éléments phares de cette restauration est l’intervention faite sur les pierres peintes du jubé. Le jubé est une tribune formant une clôture de pierre ou de bois séparant le chœur de la nef. Le jubé de la cathédrale est détruit en 1769 lors de réaménagements du chœur. L’ensemble conservé est constitué de 19 pierres peintes figurant des scènes de l’Enfance du Christ, de la Passion, et de la Mort de la Vierge. Elles sont datées du second quart du XIVe siècle.
Pour redonner à ces pierres peintes leur éclat et leur état d’origine, plusieurs étapes ont été nécessaires. Une étude technique approfondie pour identifier la nature des pierres et les pigments de leur polychromie historique, un dépoussiérage pour repérer les dégradations ainsi qu’un nettoyage ont été réalisés.
L’accessibilité et la mise en lumière ont également été améliorées. Un ascenseur a été intégré pour permettre aux personnes à mobilité réduite d’accéder aux espaces d’exposition, tandis qu’un nouvel éclairage, plus discret et économe en énergie grâce aux LED, valorise les espaces et les collections de la cathédrale.
L’extérieur de la cathédrale
À l’extérieur, les travaux ont principalement visé à préserver l’abside, les anciennes sacristies et la cour anglaise, avec des interventions sur les maçonneries, les charpentes et les couvertures. L’édicule a été adapté pour accueillir l’ascenseur tout en préservant l’équilibre de la façade. Enfin, la cour anglaise a été restaurée, notamment grâce à la réfection de sa toiture et de son dallage en pierre.
La restauration : de multiples savoir-faire
Ce chantier de restauration a mobilisé un grand nombre d’ouvriers et d’artisans, aux savoir-faire aussi variés que précieux pour la préservation de notre patrimoine. Tailleurs de pierre, sculpteurs, restaurateurs de décors peints, menuisiers, ébénistes, ferronniers d’art, serruriers, artistes verrier ou encore scénographes, de nombreuses entreprises ont participé à cette restauration d’ampleur.
De l’art à la cathédrale !
Cette restauration a permis à des projets d’éducation artistique et culturelle (EAC) de voir le jour. Avec le soutien de la DRAC, des collégiens et élèves d’une école primaire de Nevers ont pu, avec l’aide d’artistes, décorer les palissades du chantier. Ces projets, menés en lien avec la ville de Nevers et la Direction des services départementaux de l’Éducation nationale, avaient non seulement pour ambition de faire découvrir aux élèves un monument historique, mais aussi les métiers de la restauration, incontournables de l’éducation artistique et culturelle.
Quelle suite pour la cathédrale de Nevers ?
Le prochain projet sur l’édifice concerne la restauration d’une partie de sa toiture. En août 2025, un important orage et des vents violents dans la Nièvre ont causé d’importants dégâts sur le toit de la cathédrale. Plusieurs ardoises ont été emportées au niveau de la toiture sud. Si les zones dégradées ont été protégées de bâches pour imperméabiliser la cathédrale et éviter les risques d’infiltration, une restauration sera tout de même nécessaire pour remettre en état la toiture de l’édifice. Ces travaux, financés par l’État, seront réalisés dans les prochains mois.
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