Ce sont ainsi plusieurs dizaines d’objets protégés au titre des monuments historiques, conservés dans les hôpitaux de Beaune, Chalon-sur-Saône et Tonnerre, qui sont partis au Canada et qui sont actuellement présentés au musée des hospitalières de Montréal qui se tient jusqu’au 13 septembre 2026.
Ce projet d’exposition, initié il y a plusieurs années, a été suivi par la conservation régionale des monuments historiques de Bourgogne-Franche-Comté et les conservations des antiquités et objets d’art de Côte d’Or, de Saône-et-Loire et de l’Yonne. Outre la sélection des objets, en lien avec le commissaire de l’exposition et les centres hospitaliers, propriétaires, les autorisations de prêts ont été délivrées par le préfet de région. Le ministère de la Culture a autorisé la sortie temporaire du territoire des objets protégés au titre des monuments historiques, dont la circulation, tant sur le territoire national qu’à l’étranger est fortement règlementée. Les objets ont été pris en charge par une entreprise spécialisée dans le transport des œuvres d’art et ont été convoyés par plusieurs conservateurs des monuments historiques ou responsables des collections des établissements prêteurs.
Depuis l’Hôtel Dieu de Tonnerre, fondé en 1293, l’exposition évoque les grandes étapes de l’architecture et du soin dans les hôpitaux français jusqu’au XVIIIe siècle. Cette histoire dialogue avec celle de la fondation du premier Hôtel Dieu de Montréal en 1645 par Jeanne Mance, originaire de Langres, le Québec étant à cette date un territoire français. L’exposition permet de comprendre l’implantation d’Hôtels Dieu en Nouvelle-France au XVIIe siècle qui s’inscrit dans cette longue tradition hospitalière.
Pour la première fois, certaines œuvres majeures ont quitté leurs établissements pour être exposées aux yeux du public canadien. A titre d’exemple, certains bijoux de Marguerite de Bourgogne, fondatrice de l’Hôtel Dieu de Tonnerre, classés au titre des monuments historiques depuis 1903, ainsi qu’un fragment de vitrail et des carreaux de pavement, contemporains de la construction de l’édifice au XIIIe siècle, classés avec l’édifice depuis 1862, ont été prêtés.
Pour les Hospices de Beaune, on peut découvrir à Montréal deux tapisseries du XVe siècle, commandées par Guigone de Salins, fondatrice des hospices avec son époux Nicolas Rolin, l’une figurant saint Antoine et un exemplaire de la série des tapisseries aux tourterelles, classées au titre des monuments historiques en 1943. Deux effigies des fondateurs de l’établissement, pierres peintes, permettent d’évoquer l’un des plus célèbres hôpitaux de France.
Enfin, ce sont les activités de soin et d’alimentation qui sont développés par les nombreux prêts de l’ancien Hôpital Saint-Laurent de Chalon-sur-Saône : écuelles, gobelets, plats et brocs en étain (classés depuis 1925) ; l’alambic, la balance, des mortiers, ainsi que plusieurs pots à pharmacie (classés depuis 1932).
Cette exposition exceptionnelle sur le territoire canadien permet de faire découvrir la richesse du patrimoine des hôpitaux bourguignons et plus largement français (les anciens hôpitaux de La Flèche et de Baugé ont également prêtés des objets pour cette exposition).
Médecine et charité. Les hôtels-Dieu du Moyen Âge à la Nouvelle-France
15 octobre 2025 au 13 septembre 2026
Montréal, musée des hospitalières
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