Seul le prononcé fait foi
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Monsieur le Président du Printemps des Poètes, cher Emmanuel HOOG,
Madame la Directrice générale du Printemps des Poètes, chère Linda Maria BAROS,
Madame la Présidente du Centre national du livre, chère Régine HATCHONDO,
Mesdames et Messieurs en vos grades et qualités, chers amis,
Le Printemps des Poètes est, depuis plus de vingt-cinq ans, un rendez-vous majeur de la vie culturelle et littéraire en France, qui fait descendre la poésie dans l’espace public et au plus près des citoyens.
Le thème que vous avez retenu pour cette année 2026, « la liberté », retient particulièrement notre attention à tous, à l’heure où cette liberté connaît des attaques multiples, et jusque dans le domaine de la culture et de la création. Je voudrais partager avec vous deux convictions, avant de vous laisser entrer dans le détail des temps forts de cette manifestation.
La culture est un levier d’émancipation. C’est une conviction forte et mon parcours en est le témoignage. L’édition 2026 réaffirme une ambition forte : susciter le goût de la lecture en faisant de la poésie un espace de liberté, de création et de réflexion, capable d’éclairer notre rapport au monde. En nourrissant la curiosité, la lecture façonne l’esprit critique et nous rend pleinement citoyens. Soyons-en fiers.
Ensuite, la création doit rester un espace de liberté ; je me suis pleinement engagée pour donner à chaque artiste, à chaque programmateur, les moyens de défendre et de faire vivre l’art et la création, avec des outils concrets, un guide dédié, des référents dans les DRAC, une haut-fonctionnaire. Nous mesurons chaque jour l’urgence de défendre la création, et les acteurs culturels le savent mais je veux le redire : dans ce combat, le ministère de la Culture se tiendra sans cesse à leurs côtés.
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Le Printemps des Poètes est un rendez-vous incontournable depuis plus de 25 ans, et je salue le travail de son président, cher Emmanuel HOOG, et de sa directrice, chère Linda Maria BARROS, qui ont su lui donner un nouveau souffle depuis deux ans. Avec la marraine de cette édition, Isabelle ADJANI, artiste pleinement engagée et qui incarne cette force vive qu’est la liberté, et avec les nombreux partenaires de cette manifestation, vous êtes les artisans de ce lien construit tout au long de l’année de notre pays avec la poésie.
Le soutien constant du Centre national du livre à cette manifestation montre l’engagement tout aussi constant de l’État en faveur de la poésie, de la création littéraire et de la démocratisation culturelle, qui s’est renforcé par un financement supplémentaire de 38 manifestations partout en France. Cet ancrage dans les territoires est une force qui témoigne de la vitalité des initiatives et de la diversité des acteurs engagés.
Grâce à ces acteurs et à ces partenaires, la poésie est partout dans l’espace public, dans les établissements scolaires, les bibliothèques, les librairies, les musées, les monuments, les hôpitaux comme l’Institut Gustave Roussy où je me suis rendue l’an dernier, et les lieux de vie du quotidien. Ce déploiement sans égal est rendu possible par des partenariats structurants avec les acteurs du livre, avec des institutions culturelles, des médias comme France Télévisions, mais aussi avec les collectivités et des acteurs associatifs, particulièrement actifs pour mener des actions vers des publics éloignés de la culture.
Le Printemps des Poètes s'adresse particulièrement à la jeunesse. Et vous le savez, c'est une priorité pour ce ministère.
L’étude du CNL consacrée aux pratiques de lecture des jeunes en 2024 le montre : la lecture de poésie par les jeunes a progressé, et sans doute le pass Culture, voulu par le Président de la République, a porté aussi ce regain pour la poésie.
Ce renouveau s'exprime à travers des formes variées : les scènes de poésie, l'engagement des éditeurs pour favoriser l'émergence de nouveaux auteurs, et la présence active des poètes sur les réseaux sociaux qui permet de toucher les jeunes aussi sur ce terminal.
Pour accompagner cette dynamique, le Printemps des Poètes déploie des actions renforcées en direction des publics scolaires et des jeunes lecteurs. Plus de 6 millions d'élèves du premier degré et 5 millions d'élèves du second degré sont touchés par nos actions d'éducation artistique et culturelle. 600 « Écoles en poésie » sur l’ensemble du territoire et à l'international font vivre la poésie tout au long de l'année.
Je l’ai dit : c’est un vrai enjeu pour la formation d’esprits libres, critiques et ouverts.
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Mesdames et Messieurs, chers amis, plus de 17 millions de personnes participent directement ou indirectement au Printemps des Poètes. C'est considérable. C'est la preuve que la poésie touche, qu'elle rassemble, qu'elle relie. La programmation que vous allez dévoiler dans quelques instants est dense, et ambitieuse. Mais le succès renouvelé de cette manifestation nous rappelle que la poésie n'est pas réservée à une élite, qu'elle n'est pas un art du passé.
Alors à nous de la célébrer, de la défendre et de la transmettre.
Vous pouvez compter sur mon engagement et sur l'engagement sans faille du ministère de la Culture. Et je voudrais avoir une pensée pour la grande poétesse Vénus Khoury-Ghata, qui vient de nous quitter, ambassadrice infatigable et admirable de la poésie francophone dans le monde entier.
Je vous remercie.