- Seul le prononcé fait foi -
Chère Laurence Tison-Vuillaume,
Chers partenaires,
Chers membres du Conseil des jeunes,
Mesdames et Messieurs, chers amis,
Il y a quelques mois, le pass Culture a lancé un appel un peu particulier. Il ne proposait ni une place de concert ni un livre, mais un siège : un siège au Conseil des jeunes, pour que les jeunes donnent leur avis sur l’avenir de ce dispositif. Plus de 2600 jeunes ont répondu. Ils sont 62 à y siéger aujourd’hui, venus de l’Hexagone et des Outre-mer, des grandes villes, des quartiers et des campagnes. Certains sont dans cette salle.
Cela nous dit l’essentiel : le succès du pass Culture, que les jeunes se sont désormais approprié comme une porte d’entrée choisie vers la culture.
En 2017, le Président de la République a fait un pari que beaucoup jugeaient audacieux : donner aux jeunes non pas un programme culturel, mais le choix d’allers vers l’endroit où leur curiosité les porte. Des millions de jeunes ont ainsi pu expérimenter et découvrir des pans de notre culture dont ils ignoraient parfois tout.
Cinq ans après sa généralisation, le pass Culture est devenu une politique publique établie. Huit jeunes sur dix ont bénéficié de sa part individuelle entre 2021 et 2025. Aujourd’hui, ce sont 90 % des jeunes de 18 ans.
Le temps passe vite… Presque une génération a désormais grandi avec le pass Culture. Pour un jeune de 18 ans, le pass Culture fait partie du paysage, comme la carte de bibliothèque. Aujourd’hui, le débat porte sur la manière de l’utiliser mieux encore. C’est précisément le signe qu’une politique publique a trouvé sa place et qu’elle s’inscrit dans la durée, en s’adaptant à de nouveaux défis. Depuis le 1er janvier, le pass Culture est un opérateur de l’État. Ce n’est là pas un changement d’étiquette, mais la manière dont la République dit qu’elle tient à une politique, en l’inscrivant dans ses institutions. L’ambition du Président de la République est devenue un acquis. Avec le projet stratégique 2030, le Pass Culture se projette dans la prochaine décennie, nous donnant de nouveaux objectifs.
Le premier est de mieux accompagner les jeunes dans leur parcours culturel.
Dès l’origine, l’idée était simple : donner aux jeunes la liberté de sortir des sentiers définis par d’autres, par l’école, pour former leurs propres goûts. Se confronter à l’émotion, à l’enthousiasme et parfois à la déception, bref pour avoir un avis sur l’offre culturelle qui leur est proposée.
Plus de la moitié des jeunes ont choisi au moins trois domaines culturels différents. D’une génération à l’autre, la part des concerts a presque doublé. Qu’importe qu’on entre dans une librairie pour choisir un manga ou qu’on aille au cinéma avant d’aller au théâtre. C’est exactement ce que nous voulions : qu’une première porte en ouvre d’autres.
Deux jeunes sur trois reviennent vers l’activité que le pass leur a permis de découvrir. C’est ainsi que naissent les habitudes – ou les vocations.
Je pense à ce jeune homme, qui avait 18 ans quand il a acheté un clavier avec son pass culture. Il n’avait jamais posé les mains sur un piano. Un an plus tard, il captivait des milliers de voyageurs et d’internautes : il est aujourd’hui pianiste. Je ne prétends pas bien sûr que le pass culture fait naître des virtuoses. Mais il révèle des passions.
Le pass Culture attire dans ce monde un peu magique de premières découvertes.
Cette diversité est une chance. Il y a dix ans, la loi inscrivait dans notre droit qu’en France, la création est libre. Le pass Culture en est, en quelque sorte, le miroir du côté des publics : l’État ne dit pas aux jeunes ce qu’ils doivent aimer. Il leur ouvre tout, la BD et les classiques, l’opéra ou les one man shows, le rap comme la musique baroque...
Liberté de créer et liberté de choisir sont les deux faces d’une même pièce – ce que l’on a nommé la culture humaniste. Ce n’est pas un détail, aujourd’hui quand, ici ou là, des programmations sont contestées, des artistes intimidés, et où certains voudraient qu’une œuvre réponde à un dogme. En affichant cette liberté de choix pour une génération, le pass Culture lui en donne l’apprentissage.
Mais une liberté n’est réelle que si chacun peut l’exercer. Le public du pass est à l’image de la jeunesse de notre pays : quatre bénéficiaires sur dix vivent dans un territoire rural ou un quartier prioritaire de la politique de la ville. Ils nous disent vouloir accéder à la même offre culturelle que les autres. Une étude menée par le pass Culture dans les quartiers prioritaires le montre aussi : ceux qui ne s’inscrivent pas pensent souvent que le pass « n’est pas pour eux ». Une fois inscrits, deux sur trois se disent surpris par la diversité de ce qu’ils y trouvent. Notre travail, c’est de faire tomber cette première barrière, comme toutes les autres : c’est aussi pour cela que l’application du pass Culture est aujourd’hui l’une des plus accessibles de France aux personnes en situation de handicap.
Et cette égalité commence à l’école.
Il y a dix ans aussi, la Charte pour l’éducation artistique et culturelle posait que l’éducation artistique se vit à l’école et en dehors, sur tous les temps de la vie. Le pass Culture en est l’un des instruments, servant le collectif comme l’individu. Ce projet 2030 continue de tisser les deux, de la sixième à la majorité, avec les établissements, les associations, les missions locales et les acteurs culturels de proximité.
Le pass Culture, c’est l’affaire des jeunes. Cette promesse originelle du pass Culture doit être amplifiée.
Je reviens au Conseil des jeunes. Ses membres ont travaillé sur le projet stratégique en ateliers, puis ils ont voté leurs propositions. Je cite l’une d’elles : pouvoir recharger son compte soi-même, ou grâce à un proche, comme une carte cadeau. Elle figure aujourd’hui dans le projet 2030, comme un chantier ouvert.
Le pass Culture propose des contenus qui permettent de partager les envies, les trouvailles, les engagements : le bénévolat, les métiers, les fonctions de « jeunes ambassadeurs », les jurys de festivals, les clubs et toutes les initiatives locales. Cet été, au festival du cinéma de Biarritz, huit jeunes du pass Culture formaient un jury et remettaient leur propre prix. Quel meilleur accès à la culture que de participer directement à la vie culturelle ?
Et comment mieux communiquer sur la multiplicité des offres qu’avec le téléphone ? On s’inquiète à raison que les plateformes proposent toujours plus, et qu’on y perde son discernement. Le pass Culture a fait le choix inverse et un choix éthique : son algorithme, conçu avec l’INRIA, recommande ce qui n’a pas encore été exploré, la nouveauté. On ne peut s’y faire livrer aucun bien culturel : il faut se rendre chez le libraire, au cinéma, au concert. Les offres « duo » invitent à sortir à deux. Autrement dit, c’est une application qui donne envie de quitter les écrans et une forme de solitude meublée d’histoires toutes faites.
Enfin, cet accès à la culture original, renouvelé, ne se joue pas qu’à Paris ou qu’avec les grandes institutions. Le pass Culture, au contraire, doit accompagner l’offre culturelle partout en France et en Outre-mer. Depuis cette année, il est ouvert à tous les publics. Entre avril et septembre, les visites du grand public ont progressé de près de moitié. Né pour les jeunes, le pass Culture devient l’agenda culturel auquel tous peuvent se référer.
Cette évolution implique une coopération étroite avec les collectivités territoriales et les directions régionales des affaires culturelles. C’est pourquoi Régions de France, Départements de France et la FNCC siègent désormais dans sa gouvernance. La politique culturelle ne se décrète pas depuis Paris ; le pass Culture non plus.
Coopérer, c’est aussi partager ce que l’on sait. L’Observatoire du pass Culture mettra ses données publiques à la disposition des collectivités, des chercheurs et des acteurs culturels. Il nous aidera à mesurer les évolutions, à identifier les besoins et à évaluer les résultats.
En ces temps difficiles, il faut également dire un mot du budget pour 2027. Le barème du pass Culture ne change pas. 50 euros à 17 ans et 150 euros à 18 ans, avec 50 euros supplémentaires pour les jeunes aux revenus modestes ou en situation de handicap.
En 2027, pas un seul jeune ne recevra un euro de moins. C’est un engagement, et c’est un choix. Celui de respecter un dispositif plébiscité par les jeunes.
La rigueur que nous devons observer n’est pas le renoncement.
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Aujourd’hui, je tiens à remercier toutes celles et ceux qui ont rendu possible cette réussite et qui continuent de s’engager pour le pass Culture. Je pense bien sûr à vous, chère Laurence Tison-Vuillaume, et à l’ensemble de vos équipes, mais également aux membres de la gouvernance, aux équipes des ministères de la Culture et de l’Éducation nationale, aux directions régionales des affaires culturelles, aux collectivités territoriales ainsi qu’à tous les ministères partenaires et les services de l’État mobilisés.
Je veux dire ma gratitude à celles et ceux qui accompagnent des jeunes au quotidien, réseaux associatifs ou structures locales.
Enfin, je tiens à remercier les 27 000 partenaires culturels du pass Culture. Libraires, cinémas, salles de spectacle, musées, festivals et acteurs de la création : c’est votre offre, votre enthousiasme et votre présence sur le terrain qui donnent son sens au dispositif. C’est avec vous que les jeunes découvrent la culture. C’est vous qui leur donnez l’envie d’en savoir plus, de voir plus et plus loin.
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Mesdames et Messieurs,
Il y a cinq ans, le pass Culture était généralisé à toute la France. En quelques années, il est devenu un passeport pour des mondes, des époques, des imaginaires, des rêves inconnus.
Avec le projet 2030, avec vous les jeunes qui le feront vivre, il s’agit aujourd’hui d’inventer de nouveaux voyages.
Je vous remercie.