Figure majeure du début du XIXe siècle, l’architecte et décorateur Pierre François Léonard Fontaine (1762-1753), associé à Charles Percier, a profondément marqué l’architecture en France. Certaines des plus grandes pages de l’histoire de France lui doivent leur scénographie, et les plus grands monuments, leur esthétique, de l’opéra de 1792 à la salle de la Convention, de la rue de Rivoli au Palais-Royal, des grands chantiers des palais du Louvre et des Tuileries aux châteaux de Malmaison, de Madrid et de Villiers. Inventeurs du style Empire, Percier et Fontaine ont dessiné les décorations pour le Sacre de Napoléon (1804), le mariage avec Marie-Louise (1810) ou encore le projet du palais du Roi de Rome (1811-1815). Pierre Fontaine poursuivra sa carrière sous la Restauration et la Monarchie de Juillet.
Les ensembles acquis comprennent des projets jusqu’alors inconnus - notamment pour Malmaison -, de très rares dessins de décors éphémères de la période révolutionnaires, ainsi que des manuscrits et documents inédits, dont un journal. Souvent superbement aquarellés, ces dessins dévoilent des facettes particulièrement brillantes de l’histoire et de l’art et restituent avec force l’univers visuel d’une période de profondes mutations pour la France.
Grâce à une collaboration exemplaire entre les directions et services du ministère de la Culture, mobilisés dans divers secteurs patrimoniaux (musées, monuments historiques, archives, bibliothèques), et coordonnés par le service des musées de France, près d’une quinzaine d’institutions publiques françaises ont pu acquérir une part essentielle de ce fonds patrimonial majeur.
Parmi elles figurent de grands musées (musée de l’Armée, musée des Arts décoratifs, musée Carnavalet, musée du Louvre, Château de Malmaison, musée municipal de Saint-Germain-en-Laye, Château de Versailles), des établissements de référence en matière d’archives et de recherche (Institut national d’histoire de l’art, Médiathèque du Patrimoine et de la Photographie, Archives nationales, Archives départementales des Hauts-de-Seine, Archives municipales de Saint-Germain-en-Laye), ainsi que des bibliothèques (Bibliothèque nationale de France, bibliothèque Forney, bibliothèque de l’Institut). Des opérateurs patrimoniaux comme le Centre des monuments nationaux ou le Mobilier National ont également contribué à cet effort collectif.
Ces interventions dans la vente publique constituent une véritable opération de sauvegarde d’un fonds historique d’importance exceptionnelle. Sur les 356 lots présentés, plus de 110 ont pu faire l’objet d’acquisitions par voie de préemption ou d’achat. Le ministère de la Culture a mobilisé le Fonds du patrimoine pour soutenir les établissements dans leurs acquisitions jouant un rôle déterminant dans la réussite de cette démarche de préservation et de valorisation du patrimoine national.