Depuis 2017, le ministère de la Culture fait de la lutte contre les violences et le harcèlement sexistes et sexuels (VHSS) une priorité. En mars dernier, à l’occasion de la Journée internationale des droits des femmes, Rachida Dati, ministre de la Culture, a présenté son nouveau Plan d’action 2025-2027, qui renforce la politique de tolérance zéro et étend la mobilisation à de nouveaux secteurs.
Huit mois après le lancement de ce Plan, le déploiement de ce plan enregistre des avancées significatives dans les quatre axes qui le composent : prévenir et former, mieux repérer et signaler, agir rapidement, accompagner les victimes.
Approfondir la connaissance des violences de genre spécifiques au secteur culturel
En France, en 2021, 38,5 % des femmes déclaraient avoir subi des violences sexistes ou sexuelles dans le cadre professionnel, contre 14 % des hommes, d’après une enquête du Service statistique ministériel de la sécurité intérieure (SSMSI).
Face à ces constats, la ministre de la Culture a demandé à ses services de travailler étroitement avec les équipes statistiques du ministère de l’Intérieur. Une enquête qualitative sera lancée à partir des données de l’enquête Vécu et ressenti en matière de sécurité, en collaboration avec un laboratoire de Paris-I Panthéon-Sorbonne. Ce travail permettra d’approfondir la connaissance des violences de genre spécifiques au secteur culturel et de mieux documenter les dispositifs efficaces de prévention et de prise en charge.
Renforcer la prévention : formation et sensibilisation
Les actions engagées depuis mars 2025 produisent déjà des résultats concrets. Le Centre national du cinéma et de l’image animée (CNC) dresse un premier bilan des formations dédiées aux équipes de tournage :
- 17 491 personnes inscrites au module 1 en distanciel, dont 14 714 techniciens et comédiens ayant entamé le parcours ;
- 117 tournages ayant accueilli des formations présentielles, soit 4 393 personnes formées.
L’Assurance Formation Des Activités du Spectacle (AFDAS) déploiera par ailleurs de nouveaux modules permettant, dès l’été 2026, de mettre en œuvre la conditionnalité des aides du CNC pour les productions audiovisuelles et les festivals de cinéma. La ministre de la Culture salue également le lancement de la première formation menant au certificat de qualification professionnelle de coordinateur d’intimité, fruit du travail mené avec les partenaires sociaux. Elle invite les branches du spectacle vivant public et privé à poursuivre leurs travaux en s’inspirant des avancées réalisées dans le secteur du cinéma : création de comités d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail (CHSCT) de branche, recours accru à la coordination d’intimité et à des responsables enfants.
Par ailleurs, le secteur associatif avance sur la prévention :
- deux webinaires organisés par ARTCENA les 24 novembre et 8 décembre 2025 rassemblent déjà plus de 200 participants ;
- le ministère soutiendra également les initiatives de France Festival en direction des bénévoles.
La Ministre salue enfin la publication d’un Livre blanc piloté par le projet SAFER qui lutte contre les VHSS en milieu festif et qui propose notamment la création d’un certificat de compétences complémentaires « agent de prévention des VSS », assorti d’une carte professionnelle. La proposition sera soumise au Conseil national des activités privées de sécurité (CNAPS).
Dans toutes les écoles supérieures de la Culture, une première vague de formations par webinaires a été lancée en novembre à destination des enseignants et des équipes administratives. La ministre de la Culture rendra ces formations obligatoires pour tous les personnels enseignants et administratifs, dès 2026. De plus, une charte des relations pédagogiques est en cours de rédaction et sera présentée en décembre prochain au Conseil national de l'enseignement supérieur et de la recherche artistiques et culturels (CNESERAC).
Écouter et accompagner : un renforcement des dispositifs
La Ministre remercie l’ensemble des partenaires de la Cellule portée par AUDIENS, dont le rôle essentiel auprès des victimes a été consolidé cette année, et se félicite de la décision des organisations patronales de la presse d’avoir rejoint le dispositif afin d’en faire bénéficier les salariés du secteur.
La cellule est désormais accessible aux professionnels du spectacle vivant et enregistré, du jeu vidéo, des espaces de loisirs, de l’édition, des arts visuels, de la presse, ainsi qu’aux artistes-auteurs.
Depuis juillet 2025, les horaires ont été élargis (9h-13h, 14h-20h). La Ministre rappelle l’importance de rendre visible le numéro de la cellule, 01 87 20 30 90 sur les lieux de tournage, de répétition, de spectacle, dans les rédactions et dans les contrats de travail ou d’auteur.
Les avancées sont notables :
- 500 accompagnements mis en œuvre depuis la mise en place en juin 2020, dont 105 réalisés depuis le début de l’année 2025 ;
- Entre juillet et octobre 2025, +15 % d’appels pris en charge par rapport à 2024 à la même période, grâce notamment à l’extension des horaires.
Les victimes souhaitant déposer plainte bénéficient depuis septembre 2025 d’un accompagnement renforcé :
- Aide à la rédaction d’une plainte au Procureur de la République ;
- Aide forfaitaire pour financer l’assistance d’un avocat lors du dépôt de plainte ou d’une confrontation.
Une attention renforcée pour les mineurs
Conformément au plan d’action de mars 2025, un groupe de travail dédié élabore actuellement un Guide de prévention des VHSS destiné aux conservatoires, qui sera présenté en juin 2026. La Ministre demande par ailleurs une réflexion commune entre Radio France et l’Opéra national de Paris afin de développer des outils adaptés à la prévention des violences pédagogiques et des VHSS dans les chœurs et maîtrises accueillant enfants et adolescents.
Une exigence d’exemplarité
La ministre de la Culture réaffirme sa détermination à inscrire de manière systématique la lutte contre les VHSS dans tous les textes réglementaires relatifs aux dispositifs d’aides et de labels du ministère. Elle demande que les contrats pluriannuels d’objectifs des structures labellisées intègrent des engagements clairs et obligatoires pour prévenir, traiter et sanctionner ces violences.
Parce que la culture porte les valeurs fondamentales de la société, le ministère de la Culture doit être exemplaire dans la prévention et la lutte contre les VHSS.
