L’information constitue un bien commun essentiel au fonctionnement de la démocratie ainsi que l’avaient souligné les États généraux de l’information dans leur rapport. À l’invitation de ces derniers qui avaient proposé une première estimation du coût de la production de l’information en France, le ministère de la Culture et l’Autorité de régulation de la communication audiovisuelle et numérique (Arcom) ont confié au cabinet de conseil PMP Strategy la réalisation d’une étude portant sur « Le modèle économique de l’information en France ». Cette étude dresse un panorama inédit des coûts, revenus et équilibres économiques des acteurs produisant de l’information politique et générale en France, dans un contexte de profondes mutations des usages et des modèles de financement.
Les objectifs de cette étude sont :
- l’évaluation des coûts liés à la production de contenus d’information ;
- l’analyse des sources de revenus des producteurs d’information ;
- la compréhension des modèles économiques des acteurs produisant des contenus d’information ;
- l’examen des pistes d’évolution possibles du secteur d’un point de vue économique.
L’étude repose sur une enquête quantitative menée entre juin et septembre 2025 auprès des principaux producteurs d’information (télévision, radio, presse imprimée et services de presse en ligne, agences de presse et créateurs de contenus d’information), sur une enquête qualitative (plus de trente entretiens réalisés avec des professionnels du secteur) et sur des données publiques. Le périmètre de l’étude se concentre sur l’information politique et générale (IPG), définie selon des critères institutionnels garantissant une approche homogène et comparable.
Les principaux enseignements de l’étude sont les suivants :
- L’information fait face à de profondes mutations : si les médias traditionnels (télévision, radio, presse) demeurent la principale source d’information des Français, avec 180 000 heures d’information diffusées à la télévision en 2024 et plus de 40 000 titres de presse d’information politique et générale, les usages numériques se sont fortement développés au cours des vingt dernières années. Les réseaux sociaux et plateformes numériques occupent une place croissante mais sont rarement une source exclusive d’information, la majorité des Français combinant plus de deux canaux et consultant plus de neuf marques médias en ligne.
- L’information, produite par une diversité d’acteurs (télévision, radio, presse, agences, créateurs de contenus d’information), occupe en volume une place centrale dans l’écosystème médiatique.
- Le coût de production d’information politique et générale est estimé à 2,9 milliards d’euros en France en 2024. 70 % des coûts de production étaient liés à la masse salariale, illustrant l’investissement humain nécessaire à la production d’une information fiable et vérifiée.
- Les modèles économiques des médias producteurs d’information sont fragiles, en particulier ceux fondés sur la publicité (baisse des revenus publicitaires des médias traditionnels, captation de ces mêmes revenus par les plateformes). Face à des coûts difficiles à réduire sans réduire le volume ou dégrader la qualité de l’information, 56% des médias interrogés étaient déficitaires en 2024.
- Dans ce contexte de mutations des usages et de bouleversement des équilibres économiques, les médias producteurs d’information cherchent des leviers pour maîtriser leurs coûts (optimisation des effectifs, mutualisation des coûts, recours à l’IA générative) et élargir leurs revenus (développement de formats payants, valorisation de l’usage de contenus d’information par les plateformes numériques).
L’étude est disponible sur le site du ministère de la Culture et celui de l’Arcom.
