Seul le prononcé fait foi
Monsieur le Sous-Préfet,
Monsieur le Président du Conseil départemental, cher Jean-François PARIGI,
Monsieur le Maire, cher Jean-François COPE,
Monsieur le Directeur régional des Affaires culturelles, cher Edward de LUMLEY,
Mesdames et Messieurs les élus, chers amis,
La Cathédrale de Meaux, c’est une silhouette familière, un repère, un point d’ancrage. C’est un morceau de notre patrimoine qui façonne la ville autant que nos imaginaires. Elle porte en elle des siècles d’histoire et de mémoire.
Vous l’avez dit avant moi, elle constitue un témoignage exceptionnel de l’évolution du gothique francilien, dont elle concentre plusieurs étapes majeures, du gothique classique au gothique flamboyant. Elle raconte, dans sa pierre même, les mutations esthétiques, techniques et spirituelles de plusieurs siècles.
Au sein de cet ensemble, la Tour Noire occupe une place singulière.
Édifiée vers 1470 pour abriter provisoirement les cloches après la démolition du clocher roman, elle est conçue en pan de bois, selon une technique légère largement utilisée dans l’architecture civile.
Faute de moyens et de délais pour bâtir immédiatement en pierre, on fait le choix de l’efficacité et de l’intelligence constructive. Ce clocher provisoire remplira sa fonction pendant soixante ans, jusqu’au transfert des cloches dans la tour nord achevée en 1532.
Ce qui était perçu autrefois comme un signe d’inachèvement apparaît aujourd’hui sous un jour tout différent. La Tour Noire n’est plus le rappel d’une absence ; elle est devenue une œuvre à elle toute seule. Une œuvre que l’on célèbre, en témoignent les festivités d’aujourd’hui. Elle est le symbole précieux des techniques de la fin du Moyen Âge. Elle est un élément de caractère, un marqueur identitaire fort de cette extraordinaire façade.
Son contraste esthétique avec la pierre claire de la cathédrale, la teinte sombre que lui valurent l’ardoise et le bardage de châtaignier, lui confèrent une présence visuelle singulière. Elles distinguent la cathédrale de Meaux parmi les grands édifices gothiques d’Île-de-France.
Et, avec la restauration, avant que le châtaignier ne retrouve progressivement sa patine, c’est aujourd’hui une tour blonde, presque dorée qui se révèle aux regards.
Cette restauration est une fierté et elle est surtout le fruit d’un engagement collectif.
D’abord l’engagement de femmes et d’hommes. Je veux ainsi saluer le travail remarquable des artisans et des entreprises spécialisées mobilisés ici : charpentiers, tailleurs de pierre, couvreurs, restaurateurs de sculpture, ferronniers. Ce chantier témoigne à lui tout seul de la vitalité des métiers d’art et des savoir-faire patrimoniaux français. Il montre que nos artisans savent conjuguer les gestes traditionnels avec les outils contemporains nécessaires aux relevés, aux analyses, aux études structurelles.
Ensuite, l’engagement de l’État qui assume pleinement son rôle de propriétaire. Sur la seule Tour Noire, 3,6 millions d’euros ont été investis. Il ne s’agissait pas seulement d’une restauration visuelle. Il s’agissait d’une intervention structurelle : consolidation des éléments fragilisés, reprise de l’étanchéité, amélioration de la sécurité incendie, modernisation des conditions de maintenance et d’accessibilité. L’objectif était clair : que cet ouvrage qui a traversé les siècles passés puisse perdurer pour les siècles à venir.
Au-delà de cette restauration, nous veillons également à la sûreté de nos cathédrales. C’est tout le sens du plan sécurité cathédrale du ministère de la Culture qui accompagne les mises aux normes incendie et la modernisation des dispositifs de protection. Préserver le patrimoine, c’est d’abord le protéger.
Le troisième engagement, c’est celui de la ville de Meaux, cher Jean-François COPE.
Ce chantier illustre la coopération particulièrement fluide entre l’État et la Ville. Sur un site aussi imbriqué que la cité épiscopale, où les propriétés sont partagées, la qualité du dialogue entre services est décisive. C’est cette coordination étroite qui a permis de mener cette restauration de manière cohérente et efficace. Je veux remercier l’ensemble des services de la DRAC et de la Ville qui nous permettent aujourd’hui de nous tenir ici.
L’inauguration de la Tour Noire s’inscrit dans une trajectoire continue. La restauration du portail sud de la Vierge viendra parachever la séquence engagée sur la façade occidentale. L’étude en cours sur les vitraux permettra de programmer les interventions futures. La réflexion engagée sur le bâtiment du Vieux-Chapitre doit ouvrir une nouvelle phase de valorisation, avec à terme des perspectives d’ouverture élargie au public.
C’est donc une vision de long terme qui se déploie pour ce monument. Une stratégie globale et partagée au service du renouveau et du rayonnement de la cité épiscopale et au service des habitants comme des visiteurs.
Le moment qui nous rassemble en est la preuve : le patrimoine est un levier de cohésion, un outil d’attractivité, c’est aussi et surtout un facteur perpétuel d’émerveillement.
Alors que la cité épiscopale fête ses 850 ans, la restauration de la Tour Noire est un moment fort qui témoigne la fidélité que chacun de nous doit à l’histoire de Meaux. C’est aussi un geste de responsabilité à l’égard des générations futures.
Alors, à nouveau, je veux dire ma fierté et ma joie d’être parmi vous aujourd’hui et de partager ce moment ensemble autour de ce morceau d’histoire qui vous appartient tous et qui marque une nouvelle étape de l’histoire si riche de Meaux, de sa cathédrale et de ses habitants.
Je vous remercie.