120 professionnels au pied de la cathédrale. Parmi eux, 80 pompiers préparés à éteindre un incendie. L’édifice, pourtant, n’est pas en feu. La semaine dernière, en pleine nuit, la ville de Tréguier a été le théâtre d’une importante simulation : un exercice incendie, mené à partir d'un scénario précis, visant à entraîner tous les acteurs à la survenue d’une telle crise et à réagir de la meilleure façon possible.
Importants moyens mobilisés
L'exercice a mobilisé une vaste chaîne d'intervention et mis en situation d’importants moyens du Service départemental d’incendie et de secours (SDIS22) et des services techniques de la Ville de Tréguier. Les services de l’État étaient également parties prenantes avec la Gendarmerie et la Direction régionale des affaires culturelles (Conservation régionale des monuments historiques, Unité départementale de l'architecture et du patrimoine des Côtes-d'Armor). La Conservatrice des antiquités et objets d'art (CAOA), agent du département des Côtes-d'Armor exerçant des missions pour le compte de l’État a également été mobilisée.
Cet exercice s'est déroulé au plus proche des situations réelles en impliquant, avec des animateurs et des observateurs, chacun des acteurs amenés à intervenir en cas de sinistre sur l'édifice. Le scénario a reconstitué en temps réel chaque étape d'alerte, depuis la découverte des premiers indices d'un incendie sur la toiture Ouest de la cathédrale jusqu'à l'arrivée d'une seconde vague de moyens de secours au regard de l'extension du feu sur une grande partie du bâtiment mentionnée dans le scénario.
Cet exercice a pris en compte les enjeux tenant :
- à la sécurité des visiteurs ;
- à la préservation du bâtiment, en permettant aux pompiers de s'accoutumer à une intervention en milieu architectural spécifique ;
- à la sauvegarde des œuvres et objets classés les plus importants de la cathédrale. Si ces objets sont déjà bien identifiés l'exercice va permettre de mettre en forme un plan complet de sauvegarde des biens culturels (PSBC).
L'exercice en quelques chiffres
120 joueurs, animateurs ou observateurs, tous agents de l’État et des collectivités, ont suivi le scénario de l'exercice. Parmi eux :
- 80 agents du Service départemental d’incendie et de secours (SDIS),
mobilisant plus de 15 véhicules et un important matériel ; - une quinzaine d’agents de la Préfecture et de la Direction régionale des Affaires culturelles (DRAC) ;
- une dizaine d’agents de la mairie de la ville de Tréguier ;
- une quinzaine de militaires de la Gendarmerie des Côtes-d'Armor.
Une "ancienne" cathédrale
La Bretagne administrative compte aujourd'hui autant d'évêchés que de départements. Les quatre cathédrales (Rennes, Saint-Brieuc, Quimper et Vannes) qui en sont les sièges appartiennent à l’État qui assure l'intégralité des frais de restauration et d'entretien des édifices. La Conservation régionale des monuments historiques pilote les travaux engagés en lien avec les Unités départementales d'architecture et du patrimoine (UDAP) dont chaque chef de service est le responsable unique de sécurité (RUS) de la cathédrale.
Pour Dol-de-Bretagne, Saint-Malo, Saint-Pol-de-Léon et Tréguier, on parle donc désormais d’anciennes cathédrales. La Bretagne historique comptait en effet neuf évêchés en intégrant celui de Nantes. L'architecture et l'histoire de ces 4 anciennes cathédrales présentent autant d'intérêt que celles qui ont conservé ce rang, mais elles appartiennent aux communes que l’État-Ministère de la culture soutient pour leur conservation.
La cathédrale Saint-Tugdual fait partie de la première liste des monuments historiques classés dès 1840 à l'initiative de Prosper Mérimée.
Parmi le mobilier conservé dans l'édifice classiquement constitué de peintures, statuaires, vêtements et objets liturgiques, figurent les reliques de saint Yves préservées in extremis en 1794. Ce clerc natif des environs de Tréguier vers 1235, décédé en 1303 est canonisé dès 1347. Il est le saint patron de toutes les professions de justice et de droit; il est également celui de la région Bretagne.
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