Seul le prononcé fait foi
Messieurs les Parlementaires,
Monsieur le Préfet,
Madame la Vice-Présidente du Conseil régional,
Monsieur le Président du Conseil départemental,
Monsieur le Président de la Communauté d’agglomération,
Monsieur le Maire,
Madame la Directrice régionale des affaires culturelles,
Mesdames et Messieurs les élus,
Chers Rémy et Béatrice DUVAL,
Il y a, dans ce lieu, tout ce dont peut rêver une ministre de la Culture.
D’abord, cette usine est un joyau unique. Classée monument historique, inscrite au patrimoine mondial de l’UNESCO, elle est le seul ouvrage industriel pensé par votre parrain, cher Rémy Duval – Le Corbusier.
Au cœur de la ville, cette usine, bien plus qu’un simple site industriel, est un monument à elle toute seule. Et vous savez à quel point je considère que nos monuments sont la première porte d’entrée vers la Culture. Demain, ce sera encore davantage le cas.
Le deuxième aspect de cet endroit, c’est que, dans cette usine, vous avez mis le patrimoine bâti au service du patrimoine culturel immatériel.
Cette usine et l’entreprise Duval, labellisée Entreprise du patrimoine vivant, sont les gardiennes d’un savoir-faire qui rayonne bien au-delà de nos frontières. Je sais que vous travaillez pour les plus grandes maisons de notre pays et que vous mettez à leur disposition certains des savoir-faire les plus complexes en matière de textile.
Je le dis souvent, car j’en suis persuadée : le meilleur moyen de préserver nos monuments historiques, c’est de leur donner une vocation, de les occuper et qu’ils deviennent presque des lieux du quotidien. Ce lieu n’a pas besoin de trouver une vocation, il continue seulement de répondre à la sienne, et cette continuité est magnifique.
Mais plus encore que le préserver, cela fait maintenant plusieurs années que vous aviez une ambition : le faire connaître et, avec lui, mettre en lumière l’œuvre si singulière de Le Corbusier.
Or, les contraintes inhérentes à l’activité industrielle rendaient difficile la visite de ce lieu et son ouverture à des publics extérieurs.
Qu’à cela ne tienne ! Vous avez décidé d’ouvrir l’usine d’une autre manière et de la donner à voir et à comprendre à travers un centre d’interprétation. C’est ce lieu qui nous réunit aujourd’hui et je me réjouis d’être à vos côtés pour en poser la première pierre.
Cet endroit aura d’ailleurs une double vocation.
La première, je le disais, est de permettre à chacun de comprendre et de plonger dans l’œuvre de Le Corbusier. Bien sûr, à travers l’architecture de ce bâtiment, mais aussi grâce aux prêts de la Fondation Le Corbusier, qui viendront enrichir les collections et élargir les possibilités de découverte pour le public. Il s’agit, finalement, d’affirmer la conviction que l’architecture a toute sa place dans l’éducation artistique et culturelle.
La deuxième vocation, c’est justement celle d’en susciter. Faire découvrir des savoir-faire, montrer les métiers du textile et de l’industrie, c’est permettre à la jeune génération de se projeter vers des carrières qu’elle connaît encore trop peu.
C’est une façon de transformer l’image de nos industries et de nos manufactures, et de montrer à nos jeunes qu’ils ont aussi leur place dans ces filières, qui sont, je le dis, des filières d’avenir.
C’est tout cela que permettra le centre d’interprétation, et je souhaite à ce titre que le plus grand nombre d’établissements scolaires se saisissent de la part collective du pass Culture pour donner aux élèves l’occasion de venir à la rencontre de Le Corbusier et de vos savoir-faire.
Cher Rémy, chère Béatrice DUVAL, le projet que vous portez est exemplaire. Vous avez su fédérer toutes les énergies, tous les partenaires, pour le mener à bon port, et je me réjouis non seulement du soutien de l’Union européenne, de l’État et du ministère de la Culture, mais plus largement de celui de toutes les collectivités qui ont bien perçu l’intérêt de ce lieu pour le territoire.
Le déplacement d’aujourd’hui nous montre à quel point la relation entre le Grand Est et l’architecture d’hier et d’aujourd’hui est pleinement vivante. Cette vitalité, on la doit au talent des professionnels et des ENSA qui sont ancrés ici, mais qui se tournent aussi vers d’autres horizons, bien au-delà de nos frontières.
J’admirais tout à l’heure la réhabilitation de La Boussole par Dominique Coulon et associés, une agence établie au cœur de la région Grand Est. La vitalité de cette région se traduit aussi par le fait d’attirer des agences mondialement reconnues, et je salue le travail de l’agence Snøhetta, qui a pensé ce futur bâtiment comme une œuvre à part entière.
La pose de cette première pierre est une étape fondatrice pour le centre d’interprétation, appelé, je l’espère, à devenir un lieu incontournable. C’est aussi le témoignage d’un attachement commun à faire vivre ce qui nous lie et nous élève : notre patrimoine et nos savoir-faire.
Je vous remercie.