S’il existe quelques disparités, les dix secteurs étudiés – arts visuels et patrimoine, audiovisuel, cinéma, jeu vidéo, musique, spectacle vivant, livre, presse, radio et publicité – ont dans l’ensemble fortement rebondi après la crise sanitaire, leur valeur ajoutée globale ayant augmenté de 21% en 5 ans, passant de 35,7 en 2019 à 43,1 milliards d’euros en 2024, équivalent à 2,9 % du PIB français. En 2024, ils représentaient ainsi un chiffre d’affaires dépassant les 100 milliards d’euros et 586 000 emplois directs (plus d’un million en comptant les emplois directs, indirects et induits), ce qui en fait le 3e secteur de l’économie après la restauration et l’industrie alimentaire.
En outre, les ICC génèrent un effet d’entraînement significatif sur le reste de l’économie : chaque euro de valeur ajoutée directe crée 1,13 euro de valeur ajoutée indirecte et induite dans d’autres secteurs (tourisme, commerce, restauration, transport, services administratifs), auxquels s’ajoutent les retombées touristiques dues aux dépenses des publics et des visiteurs.
Cette performance remarquable ne doit pas masquer les défis auxquels ces secteurs sont confrontés, au premier rang desquels figurent la place des grands acteurs du numérique, qui captent une part croissante de la valeur, et le développement de l’intelligence artificielle, à la fois dans la création, la production et l’accès aux contenus. L’économie culturelle et créative doit en outre poursuivre ses efforts en matière de transition écologique et de rééquilibrage territorial, 50 % des effectifs se situant en Île-de-France. Enfin, le potentiel d’influence et de rayonnement mondial des industries culturelles et créatives reste encore largement sous-exploité.
Face à cette réalité, l’État s’est continuellement investi pour accompagner l’économie culturelle et créative, et renforcer sa compétitivité. Rassemblant tous les professionnels autour de la table, les États généraux des industries culturelles et créatives ont permis en 2019 d’aboutir à des constats partagés et de lancer une stratégie d’accélération dédiée, qui fut le point de départ du déploiement de nouveaux soutiens publics. Avec un milliard d’euros dédié à la Culture depuis 2021, le plan d’investissement France 2030 ambitionne de placer la France en tête de la production des contenus culturels et créatifs, en soutenant l'innovation, la transformation et le développement des industries culturelles.
Plus d’une quarantaine de dispositifs ont participé à cette ambition : Transition numérique de la culture et appropriation de l’intelligence artificielle, Transition écologique, Culture immersive, Pôles territoriaux d'industries culturelles et créatives, Solutions de billetteries innovante, Dispositifs d’accélération ou de soutien à l’export, Compétences et métiers d’avenir, etc.
Dans la droite ligne de ces actions et afin d’assurer la pérennité de la stratégie initiée il y a 6 ans, Rachida Dati, ministre de la Culture, propose la création d’une instance ad hoc permettant à la fois aux professionnels de tous ces secteurs de mieux se coordonner et de parler d’une seule voix sur ces problématiques communes, et de consolider le dialogue État-filière. La ministre confiera une mission de préfiguration à deux personnalités, représentantes de l’économie culturelle et créative, Solenne Blanc, directrice générale de Beaux-Arts & Cie, et Stephan Bourdoiseau, président de Wagram Music, afin que des propositions concrètes soient formulées. L’objectif est de travailler collectivement à une croissance durable de ces entreprises, au service de la souveraineté culturelle française et européenne.
Rachida Dati, ministre de la Culture, a déclaré : « Je me félicite des résultats de cette étude qui démontrent la vigueur de l’économie culturelle et créative. Il est désormais crucial, afin de préserver notre capacité à maîtriser notre destin face aux grandes transformations à l’œuvre, que la filière agisse de concert et que le dialogue avec l’État se structure. »
Lien vers l’étude consultable ici.