Des habitations, des réseaux de caves, une rue centrale : c’est tout un faubourg qui a été mis au jour lors de fouilles à Arras. 3000 mètres carrés de l’Îlot Bergaigne ont ainsi été passés au peigne fin dans l’objectif d’étudier et d’archiver le site. Cette opération a été prescrite par le Service régional de l’archéologie de la DRAC en mai dernier, avant le lancement des travaux du futur siège du Crédit Agricole Nord de France..
Prévu pour une durée de cinq mois, le chantier de fouille a débuté en juillet 2025. Il a été réalisé par le Service archéologique municipal de la Ville d’Arras, sous la direction de Matthieu Beghin et de son adjointe Victoria Bray. L’ensemble du dossier est quant à lui suivi par les conservateurs rattachés au Service Régional de l’archéologie de la DRAC des Hauts-de-France.
Le principe de la sauvegarde par l'étude
Les sites archéologiques sont très nombreux et la conservation de tous serait difficile à concilier avec l'aménagement du territoire. C'est pourquoi l'idée de la « sauvegarde par l'étude » s'est imposée. Quand il est difficile de conserver un site, une solution alternative est la mise en œuvre d'une fouille préventive : une fouille méthodique permettant de recueillir l'essentiel des informations scientifiques recelées par un site.
Un faubourg témoin de l'histoire d'Arras
Les empreintes laissées sur le sol ont permis de dater la première occupation de ce faubourg au 13e siècle, jusqu’à sa destruction au 17e siècle lors du siège d’Arras. Il sera ensuite réoccupé au 18e siècle, avant d’être de nouveau abandonné avec la Première Guerre mondiale. Les études menées sur le chantier de fouille ont ainsi été l’occasion d’en savoir plus sur l’expansion de la ville avant son annexion au royaume de France en 1640.
Plusieurs indices laissent présumer de la vitalité de ce faubourg, par la richesse de certaines habitations mais aussi par les nombreux échanges commerciaux qui s'y déroulaient. Le volume important des caves exhumées (datant du 13e siècle pour les plus anciennes) mais aussi la présence d’une résidence luxueuse (apparentée à un manoir) ou encore la trouvaille d’un cadran solaire portatif en bronze et en ivoire en sont des témoignages parmi d'autres.
Des traces d'activités artisanales ont également été retrouvées, en particulier celles d'une carrière d’extraction de craie et celles de fours à chaux : cet ancien faubourg se révèle alors comme un lieu d'intérêt et de passage commerçant qui reliait Arras à Paris, en passant par Achicourt et Bapaume.
L'achèvement des travaux d’ici la fin de l’année 2025
En complément de son intérêt scientifique, la fouille de l’îlot Bergaigne est exemplaire par la bonne collaboration entre les 16 archéologues des services d’archéologie municipaux et le Service régional de l’archéologie. La fin des opérations de fouille est prévue à la mi-décembre 2025, en respect des délais contractualisés entre l’aménageur et la ville d’Arras.
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