L’Ukraine aura bientôt 20 ans. Une très jeune nation pour un patrimoine
millénaire, que l’Ukraine est en train de se réapproprier. Terre des
conquêtes scandinaves de l’an mil, terre des Cosaques, riche de son sol,
terre de souffrances aussi à travers un XXème siècle traumatisant, des
famines staliniennes et de l’invasion nazie jusqu’à la catastrophe de
Tchernobyl, sur laquelle la réalisatrice franco-israélienne Michale Boganim
a tourné son film La Terre Outragée.
À coup sûr, un grand pays de cinéma.
C’est Serguei Loznitsa qui nous l’a rappelé ici-même à Cannes, l’année
dernière, alors que son film, magnifique et saisissant, My Joy, était
présenté en compétition officielle. C’est un film qui, par sa radicalité et son
exigence, s’inscrit pleinement dans la tradition européenne du cinéma
d’auteur. Distribué en France par Laurent Pétin et Michèle Halberstadt, il a
joui d’une grande reconnaissance critique, ainsi qu’auprès des cinéphiles
français.
Ce film a certainement suscité un désir fort de coproduction entre nos deux
pays.
Si bien qu’au moment où vous développez un tout nouveau centre du
cinéma, sous la houlette de Madame Katerina Kopylova, que je salue, j’ai
été heureux que vous sollicitiez la France pour votre premier accord de
coproduction cinématographique. Le talent de vos auteurs intéresse les
professionnels français. Et puis je sais que le Centre national du cinéma et
de l’image animée se tiendra à vos côtés pour développer à la fois la
création ukrainienne, mais aussi le développement de votre propre
système de soutien au cinéma.
Je vois que Serge Avédikian est ici parmi nous. J’ai appris qu’une
productrice ukrainienne respectée, Madame Olena Fetisova, développait
un projet de film avec lui. Je le salue et lui souhaite beaucoup de bonheur
dans la réalisation de ce projet qui, je l’espère, sera une coproduction
franco-ukrainienne.
Je vous remercie.