En passe de devenir un tiers-lieu hybride et résolument tourné vers l'écologie, le social et l'économie solidaire, l’ancienne caserne du quartier de la gare est située à proximité immédiate d'un site classé au patrimoine mondial de l'UNESCO, l'église Saint-Hilaire-le-Grand. Bien qu'implanté en dehors du Site patrimonial remarquable de Poitiers, le bâtiment ne s’en trouve pas moins dans la zone dite « tampon » de l'église classée depuis 1840. Cette implantation exige un dialogue étroit et constant entre tous les acteurs du projet.
La concertation au centre d’une réhabilitation respectueuse et innovante
Dans ce contexte sensible, la présence et l'accompagnement de l’architecte des bâtiments de France (ABF) de l'Unité départementale de l’architecture et du patrimoine (UDAP) de la Vienne est de première importance. Il s'agit d’appréhender le projet dans sa globalité et d'établir, dès les premières esquisses, un dialogue constructif et constant avec l'architecte du projet (agence Duclos Architectes), mais également avec les élus et services en charge de l’urbanisme de la Ville de Poitiers. Cette collaboration étroite a permis de répondre aux ambitions d’une entrée de ville renouvelée, vitrine d'innovation technologique et de qualité de vie, tout en s'inscrivant harmonieusement dans un paysage exceptionnel préservé.
Au-delà de la simple conformité réglementaire, l’ABF agit en acteur d'une véritable co-construction, comme en témoignent les réflexions menées sur le déploiement de capteurs solaires, toujours dans le respect des paysages emblématiques du cœur de ville.
La Caserne : un modèle de sobriété et de réemploi
La réhabilitation de la Caserne de Poitiers commencée en septembre 2024, rassemble des ambitions urbaines, économiques et environnementales fortes pour les années à venir. Inscrite dans une démarche de sobriété environnementale et de réemploi à grande échelle, cette réhabilitation est un laboratoire d'innovations en matière de construction durable. Près de 400 tonnes de matériaux sont réemployés, incluant notamment des traverses SNCF pour les voiries lourdes. Le chantier bénéficie d’une isolation biosourcée et locale, avec l'utilisation de paille hachée prélevée à une vingtaine de kilomètres. Les façades, bardées de bois, intègrent des panneaux métalliques issus de chutes de découpe laser de l'industrie agricole, créant ainsi un lien fort entre l'urbain et le monde rural. Le projet prévoit également une renaturation significative des espaces, avec la déminéralisation du parvis et la végétalisation complète de la cour intérieure. Enfin, l'eau de pluie sera récupérée en toiture pour être intégrée directement dans les jardinières.
Les ABF, avec l’appui de leurs équipes (assistants administratifs, techniciens et ingénieurs), préservent notre patrimoine tout en répondant aux défis actuels, soutenant les initiatives de transition écologique, de développement économique et d'amélioration de la qualité de vie. En Nouvelle-Aquitaine, ils collaborent quotidiennement avec les élus, les particuliers et les professionnels sur des projets qui respectent le patrimoine et l'environnement, tout en facilitant les démarches administratives et en favorisant le dialogue.
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