3 000 événements
1 700 lieux participants
200 ouvertures exceptionnelles
150 événements conçus pour les familles, les enfants ou les adolescents
Les Journées européennes du patrimoine, rendez-vous annuel incontournable, offrent une occasion unique de découvrir des lieux habituellement fermés au public. Édifices civils, religieux ou industriels, demeures privées, jardins, institutions culturelles, le patrimoine de l’Île-de-France se dévoile dans toute sa richesse et sa diversité. De la basilique gothique à l’atelier moderniste, du château classique à l’architecture expérimentale du XXe siècle, les formes et les époques dialoguent et racontent une histoire façonnée par les siècles.
L’architecture, fil rouge de l’édition 2025 célèbre la créativité, l’ingéniosité et la mémoire des lieux. Des forteresses médiévales aux audaces du XXIe siècle, chaque construction raconte une histoire, incarne une époque et compose notre quotidien. Les visiteurs sont conviés à une immersion vivante dans cet univers bâti : visites guidées, rencontres inspirantes, ateliers participatifs… autant d’occasions de découvrir les coulisses du métier et ceux qui le font vibrer. Architectes des Bâtiments de France (ABF), architectes en chef des monuments historiques, restaurateurs spécialisés : tous partageront leur regard et leur savoir-faire.
En Île-de-France, les projecteurs sont braqués sur des édifices emblématiques, protégés au titre des monuments historiques ou labellisés "Architecture contemporaine remarquable". Témoins précieux du XXe siècle, parfois méconnus, ils révèlent une richesse insoupçonnée et une audace qui mérite d’être redécouverte
Au cœur de cette édition, une attention particulière est portée au patrimoine culturel immatériel. Ce sont les gestes, les savoir-faire, les traditions orales et les pratiques collectives qui donnent sens et vie aux lieux. Parmi les temps forts de cette édition francilienne : la Cité épiscopale de Meaux, qui célèbre cette année son 850e anniversaire. Un espace dédié à la restauration de sa Tour noire permet d’échanger avec les artisans et les spécialistes du patrimoine. À Paris, dans le 16e arrondissement, l’appartement-atelier de Le Corbusier, récemment enrichi de protections mobilières, ouvre exceptionnellement ses portes tandis qu'à Poissy (Yvelines), la Villa Savoye propose un week-end créatif, dédié à deux thèmes : la valorisation du matrimoine et la découverte du patrimoine architectural de Le Corbusier, classé à l’UNESCO, avec l’exposition "Destination Le Corbusier, Promenades architecturales".
Le vendredi 19 septembre, les élèves sont conviés à une immersion ludique dans leur environnement patrimonial grâce à l’opération "Levez les yeux !", organisée en partenariat avec le ministère de l’Éducation nationale.
À la découverte de la Cité épiscopale de Meaux : un voyage au cœur de deux mille ans d’histoire
À l’occasion des Journées européennes du patrimoine et des 850 ans de la Cité épiscopale, la DRAC Île-de-France et la Ville de Meaux convient à une plongée exceptionnelle dans l’histoire pluriséculaire de ce haut lieu patrimonial.
Ce site remarquable, façonné par près de deux mille ans d’histoire, s’est épanoui au fil des siècles autour d’un méandre de la Marne. Dès le Moyen Âge, les évêques de Meaux y ont établi une véritable cité religieuse, protégée par les anciens remparts gallo-romains. Au centre de ce patrimoine, la cathédrale Saint-Étienne s’impose par sa grandeur. Sa construction, entamée vers 1175, s’est poursuivie jusqu’aux années 1530. Sur sa façade occidentale, la singulière Tour noire, en cours de restauration, illustre l’inachèvement de ce chantier monumental. Construite en pan de bois entre 1459 et 1473, elle abrite un clocher provisoire qui ne sera jamais remplacé par une tour en pierre.
Chantier de restauration de la Tour noire à la cathédrale Saint-Étienne de Meaux, monument emblématique de la cité épiscopale (Seine-et-Marne) 2025 en images
À ses côtés, le Palais épiscopal, édifice du XIIe siècle enrichi par les transformations des XVIe et XVIIe siècles, s’ouvre sur un jardin remarquable. Il accueille aujourd’hui le musée Bossuet, qui met à l’honneur le patrimoine à travers l’exposition "De pierre et de papier. L’œuvre de la marquise de Maillé au service du patrimoine".
Durant ces deux journées, la DRAC et des artisans d’art qui œuvrent à la restauration de la Tour noire et son massif présentent cette opération exceptionnelle : exposition illustrée retraçant les étapes du projet, explications commentées ou encore atelier d’initiation aux métiers d’art (ouvert à tous, sans inscription, dans la cour de la cité épiscopale).
Lumière sur le patrimoine culturel immatériel : une richesse vivante à découvrir
Depuis la ratification en 2006 par la France de la Convention de l’UNESCO pour la sauvegarde du patrimoine culturel immatériel, une nouvelle dynamique s’est engagée pour préserver les savoirs, les pratiques et les traditions qui façonnent notre identité collective. Cette politique s’incarne notamment dans l’élaboration d’un inventaire national dédié à ces expressions culturelles vivantes. Le patrimoine culturel immatériel (PCI) englobe les pratiques, représentations, savoir-faire, ainsi que les objets et espaces culturels qui leur sont associés, reconnus par les communautés comme partie intégrante de leur héritage. Transmis de génération en génération, ce patrimoine est sans cesse réinventé, nourrissant un sentiment d’appartenance et de continuité. Il joue un rôle essentiel dans la valorisation de la diversité culturelle et dans l’expression de la créativité humaine.
En 2025, plus d’une cinquantaine d’éléments inscrits à l’inventaire national sont présents en Île-de-France. À l’occasion des Journées européennes du patrimoine, la DRAC Île-de-France invite à explorer quelques-unes de ces pépites immatérielles Le Braille, célébré dans la maison natale de son inventeur à Coupvray (77), L’Art de l’espalier, avec les emblématiques murs à pêches de Montreuil (93) et Le Potager du Roi à Versailles (78), témoin d’un savoir-faire horticole d’exception, L’héliogravure, préservée dans l’atelier Heliog à Meudon (92), Le jeu de paume et de courte-paume, encore pratiqué à Fontainebleau (77), Les gestes des métiers d’art verriers, transmis à Soisy-sur-École (91)
Ces initiatives, soutenues activement par la DRAC, illustrent la vitalité du patrimoine immatériel francilien. Elles vous invitent à rencontrer les porteurs de tradition, à découvrir des savoirs rares, et à célébrer la mémoire vivante qui continue de façonner notre présent.
Une célébration de l’héritage culturel des femmes. Lancée en 2015 par le Mouvement HF+, cette initiative s’inscrit en parallèle des Journées européennes du patrimoine. Elle propose une relecture de l’histoire culturelle en mettant en lumière les contributions majeures des femmes, trop souvent invisibilisées.
Ouvertes à toutes et tous, les Journées du Matrimoine invitent à repenser notre rapport à la mémoire collective. Elles sensibilisent le public à la place des femmes dans les arts, la culture et la société, et encouragent une reconnaissance équitable de leurs rôles et de leurs œuvres. Portée par l’association HF Île-de-France, cette manifestation annuelle vise à réintroduire le terme "matrimoine" - désignant l’héritage culturel transmis par les femmes - dans le vocabulaire courant, dans l’espace public et au sein des politiques.
Focus sur "Les deux faces de l’Histoire : Femmes de la Cité Falguière"
À la Cité Falguière, les parcours et les créations de trois figures artistiques sont mis à l’honneur : Zofia Piramowicz (1880-1958), peintre d’ascendance arménienne et polonaise, Fanny Rozet (1881-1951), sculptrice avant-gardiste, et Lilian de Glehn Thibaut, peintre anglaise emblématique des années folles. Édifiée dans les années 1870 au cœur de Montparnasse, la Cité Falguière fut à la fois atelier et lieu de vie pour de nombreux artistes majeurs, parmi lesquels Amedeo Modigliani, Tsuguharu Foujita, Constantin Brancusi, Chaïm Soutine ou encore Paul Gauguin.
Focus sur le programme francilien
Entre héritage religieux, architectures classiques et contemporaines et savoir-faire traditionnels, l’Île-de-France révèle un patrimoine vivant et pluriel. De ses monuments emblématiques aux ateliers d’artistes, des paysages ruraux aux sites industriels réinventés, la région conjugue mémoire et création. Patrimoine scientifique, parcours citoyens, musées et jardins composent un territoire où passé et présent dialoguent pour inventer demain. À travers cette richesse, ce sont des siècles de mémoire, de créativité et de transmission qui s’offrent aux visiteurs : un voyage artistique et humain, ancré dans l’histoire et tourné vers notre époque.
À Paris, l’église Saint-Gervais-Saint-Protais incarne l’histoire religieuse de la capitale, de sa façade classique de 1620 à ses orgues Couperin, tandis que l’église Sainte-Odile, chef-d’œuvre Art déco du 17ᵉ arrondissement, s’impose par son clocher de 72 mètres et ses vitraux de François Décorchemont. Plus inattendue, l’église troglodytique de Haute-Isle, creusée dans la falaise du Val-d’Oise, participe au programme "La Seine, patrimoine architectural" aux côtés de Vétheuil et La Roche-Guyon, révélant l’influence du fleuve sur les paysages et les villages.
Cette diversité se retrouve dans les châteaux et demeures. À Méréville, les Journées européennes du patrimoine célèbrent les artisans à l’œuvre dans la restauration du parc conçu au XVIIIᵉ siècle par le marquis de Laborde avec Hubert Robert. Le château de Villeconin, édifié au XIVᵉ siècle par Jean de Montagu, raconte une histoire faite de transformations, de ferme à demeure restaurée. Plus imposante, la forteresse de Dourdan, construite par Philippe Auguste, a conservé donjon et enceinte, aujourd’hui complétés par un musée. À Chamarande, chapelle et glacière se dévoilent exceptionnellement, tandis que La Celle Saint-Cloud, avec son jardin des frères Bühler, illustre le raffinement diplomatique. Plus intime, la villa des Roses à Asnières, fréquentée par Rosa Bonheur, Dumas fils ou Sarah Bernhardt, garde l’empreinte de la bourgeoisie du XIXᵉ siècle, quand le domaine royal de Montmanoir, à Montmorency (Val d'Oise), renaît à la faveur d’une restauration qui redonne éclat à son manoir anglo-normand de 1905.
Le XXᵉ siècle a lui aussi marqué le territoire. Boulogne-Billancourt et Poissy honorent Le Corbusier à travers l’immeuble Molitor et la Villa Savoye, classés à l’UNESCO. À Saclay, l’ENS de Renzo Piano incarne l’innovation universitaire, à Paris l’Espace Niemeyer fascine par ses volumes organiques, et le Palais d’Iéna d’Auguste Perret magnifie le béton dans une salle hypostyle monumentale. La Maison du Peuple de Clichy, la Faculté de droit d’Issy de Jean Nouvel, la Maison des Arts de Châtillon ou le Jardin des Métiers d’Art et du Design de Sèvres prolongent ce dialogue entre patrimoine et création contemporaine. Les projets récents comme "La Serre" de Winy Maas à Issy-les-Moulineaux (92) ou la promenade du XXIᵉ siècle sur le front de Seine s’inscrivent dans cette dynamique, tandis que la piscine Molitor à Paris 16e illustre, de son âge d’or Art déco à son passé underground, la métamorphose des lieux emblématiques.
Les sites industriels connaissent eux aussi une seconde vie : le Hangar Y de Meudon, la Manufacture des Œillets d’Ivry ou la Cité du Cinéma de Saint-Denis témoignent d’une reconversion réussie, tout comme le Centre hospitalier de Nanterre, miroir de l’histoire sociale. Mais le patrimoine se nourrit aussi des savoir-faire, transmis à Meaux par les tailleurs de pierre, à Aubervilliers dans les ateliers de restauration ou au Prieuré des Moulineaux et à la Ferme d’Ithe, où les enfants découvrent gestes anciens et archéologie vivante.
L’art et la mémoire se rencontrent dans les musées et maisons d’artistes : la Maison Fournaise à Chatou, le MAC VAL, l’Odéon-Théâtre de l’Europe, mais aussi la Villa Seurat à Paris, l’atelier de Claude de Soria, l’appartement de Victor Hugo place des Vosges, la maison des Jardies à Sèvres, l’Atelier 11 de la Cité Falguière ou la Fondation Arp à Clamart.
S’ajoutent la villa des Brillants de Rodin à Meudon, la maison d’André Derain à Chambourcy et l’atelier de Rosa Bonheur à Thomery, guidé par des enfants, autant de lieux qui plongent dans l’intimité des créateurs.
Enfin, l’Île-de-France révèle ses strates les plus anciennes à Marcoussis avec la carrière du Déluge, à Bussy-Saint-Georges avec le moulin Russon, ou encore à l’Observatoire Flammarion de Juvisy. À Paris, la Préfecture de Police expose ses archives scientifiques, tandis que la Médiathèque du patrimoine de Montigny-le-Bretonneux conserve des millions de clichés.
Certains lieux s’ouvrent exceptionnellement, comme le château de Neuville à Gambais, la Maison d’Amérique latine ou les salons privés des Invalides. Le jeune public explore la préhistoire à Nemours, mène un jeu de piste à Mantes-la-Jolie, construit des voûtes à Maubuisson ou découvre l’écologie à la Maison de l’Environnement de Grand Paris Sud.
La nature elle-même devient patrimoine au jardin Albert Kahn, au parc de Bourron, dans les balades ornithologiques de Meudon ou à l’observatoire de Saclay.
Jusque dans les villages, les restaurations se poursuivent grâce au Fonds incitatif et partenarial, qui soutient notamment les églises de Montfort-l’Amaury, Magny-en-Vexin, Villiers-sous-Grez et Viarmes. Dans le Val-d’Oise, une exposition marque les 40 ans du SDAVO, tandis que le musée de Port-Royal des Champs rénové et le moulin de Sannois rappellent combien la vitalité patrimoniale irrigue tout le territoire francilien.
Découvrez le programme francilien des Journées européennes du patrimoine
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