Roselyne Bachelot-Narquin salue la mémoire et l’œuvre de Bernard Noël.

Originaire de l’Aveyron, Bernard Noël a montré, très jeune, un immense appétit pour toutes les formes de littérature. Venu à Paris pour suivre des études de journalisme, il y forge une méthode de travail et un rapport aux faits qui façonnent son œuvre.

Fasciné par Faulkner et Lovecraft, il commence sa carrière comme traducteur. Les éditions Caractères publient son premier recueil de poésie, en 1953.

Poursuivi et condamné pour outrage aux bonnes mœurs pour son roman érotique « Le Château de Cène », cet ouvrage est celui qui, selon ses mots, fera de lui « un écrivain ».

Les éditeurs Jean-Jacques Pauvert puis Paul Otchakovsky-Laurens (P.O.L.) ont su nouer avec l’écrivain des relations de confiance réciproque propices à l’écriture. Bernard Noël offre au public francophone une œuvre prolifique et engagée : poète, romancier, reporter, essayiste, critique d’art, dramaturge et éditeur. La dénonciation de la censure, de l'oppression et de la violence, ainsi que l'amour de la peinture, font partie des constantes de son œuvre.

Dans les mots de Bernard Noël, résonnent une force et une volonté d’agir qui touchent ses lecteurs. C’est cette croyance dans les mots qui est distinguée à de nombreuses reprises par des prix littéraires tels que le Prix France Culture pour Journal du regard (1988, P.O.L.), le Grand prix national de la poésie (1992) ou plus récemment le Grand prix de poésie de l’Académie française pour l’ensemble de son œuvre poétique, en 2016.

Les ouvrages de Bernard Noël sont traduits dans plus d’une vingtaine de langues et nourrissent de nombreux travaux de recherche, participant ainsi au rayonnement de la littérature francophone dans le monde.

Roselyne Bachelot-Narquin adresse ses condoléances à sa famille et à ses proches.