Roselyne Bachelot-Narquin, ministre de la Culture, a appris avec une grande tristesse la disparition de Sabine Weiss, photographe emblématique du mouvement humaniste français, avec laquelle elle avait eu le privilège d’échanger l’été passé aux Rencontres de la photographie d’Arles.

Se décrivant volontiers comme artisan plutôt qu’artiste, Sabine Weiss s’oriente très tôt vers la photographie. Après avoir fait son apprentissage dans le studio de la famille Boissonnas à Genève, elle vient à Paris assister Willy Maywald, célèbre photographe de mode et de portraits, dont elle partage l’attachement à l’éclairage naturel.

A son compte depuis 1950, elle mène une carrière dans la publicité et la mode, tout en développant en parallèle son œuvre personnelle de photographies de rue, en noir et blanc, réalisées au gré de ses itinérances parisiennes.

Robert Doisneau lui propose d’intégrer son agence, Rapho, qui réunit les plus grands noms de la photographie humaniste, après avoir été conquis par son attention profonde aux anonymes et aux personnes les plus modestes.

C’est aux Etats-Unis qu’elle connait en premier la reconnaissance. Collaborant avec les plus grands magazines américains, elle y est exposée à de nombreuses reprises.

De ses instantanés comme de ses compositions se dégage une immense maîtrise technique, ainsi qu’un attachement à saisir ce qu’elle appelait des « atmosphères ».

Avec l’empathie qu’on lui connaît à l’égard de ses sujets, fréquemment des enfants de rue, Sabine Weiss dénonce par ses clichés la pauvreté et les injustices sociales, partout dans le monde, comme avec La Petite Egyptienne, portrait d’une petite fille réalisé près de Louxor, en 1983.

Le regard attentif qu’elle n’a cessé  de porter sur nos sociétés durant de longues décennies confère  à son œuvre une précieuse portée documentaire.

De ses reportages sur l’Espagne et le Portugal des années 1950 aux portraits de célébrités du monde de la culture, comme Brigitte Bardot, Françoise Sagan, ou Nikki de Saint Phalle, c’est toute une époque que sa photographie généreuse et solaire a su immortaliser.

Roselyne Bachelot-Narquin adresse ses plus sincères condoléances à sa famille et à ses proches.