Le service arts plastiques de la Drac Occitanie accompagne les artistes plasticiens en vue de soutenir et développer leur activité créatrice et leur professionnalisation. À ce titre, elle alloue chaque année deux types d'aides : l'aide individuelle à la création (AIC) permettant de financer un projet de recherche ou de création, et l'allocation d'installation ou d'achat de matériel (AIA) destinée à financer un projet d'équipement en matériel structurant pour l'exercice de l'activité artistique et/ou la réalisation de travaux dans l'atelier.

La commission chargée d'étudier les demandes d'aide individuelle à la création et d'allocation pour l'installation d'un atelier d'artiste s'est tenue à la Drac le 17 juin 2020.

Les membres de cette commission sont nommés par arrêté du préfet de région en raison de leurs compétences dans le domaine de l’art contemporain. Deux artistes professionnels y siègent, dont un est membre d’un syndicat représentant les artistes, auteurs d’œuvres graphiques et plastiques.

Il s’agit de :

  • Céline MELISSENT, chargée des publics au Frac Occitanie-Montpellier, suppléante d’Emmanuel LATREILLE, directeur du Frac Occitanie-Montpellier,
  • Guillaume SONNET, directeur du Vallon du Villaret,
  • Nicolas DAUBANES, artiste,
  • Magali GENTET, directrice du Parvis centre d’art,
  • Paul de SORBIER, directeur de la Maison Salvan, Centre d’art à Labège, suppléant d’Antoine MARCHAND, directeur du LAIT, à Albi,
  • Gilles CONAN, représentant du syndicat national des artistes-auteurs plasticiens.

81 dossiers de candidature ont été présentés par les conseillères pour les arts plastiques (57 demandes AIC et 25 demandes AIA). Parmi eux, 37 candidatures ont été retenues : 21 AIC, pour un montant de 78 000 €, et 16 AIA, pour un montant de 39 000 €, pour un montant total de 117 000 €, grâce à une délégation complémentaire exceptionnelle du ministère de la Culture.

Dossiers Aide individuelle à la création (AIC)

La commission a retenu 21 dossiers, en majorité des femmes : 15 pour 6 hommes ; seuls 2 candidats ne sont pas des primo-bénéficiaires.

Répartition des lauréats par départements

  • Aude : 1
  • Gard : 3
  • Haute-Garonne : 11
  • Hérault : 5
  • Tarn : 1

Les 21 lauréats

Sophia EL MOKHTAR, investir et développer un nouveau personnage : la Journaliste. Travail d’écriture et de performances à raison de 4 par mois pendant 6 mois. Travail d’écriture en lien avec ces performances. Elsa BRES, projet de film : fiction expérimentale dans lequel les sangliers sont envisagés comme des figures de la contestation. l’écriture du film sera développée en collaboration avec la technologie de la cartographie en SIG (système d’information géographique). Audrey MARTIN, création de nouvelles pièces à partir de la collaboration initiée il y a quelques années avec l’artiste Claire Andrzejczak sous le nom de "something in the air", en lien avec la science, l’aéronautique et le climat, axes de recherches importants dans leurs pratiques respectives qui les réunissent aujourd’hui. Maxime SANCHEZ, pèlerinage esthétique aux États-Unis durant trois mois afin d’intégrer la culture Maker notamment grâce à un workshop intensif autour de la construction Do it yourself, à la rencontre du mouvement Maker américain et d’une pensée praticienne vers une techno-esthétique vitalisante. Igor ANGELOV, [less is more & too much is not enough] Poursuite d’une recherche picturale en se consacrant dans les prochains mois à une production de grands formats. Hélène BOUTONNET-LAURENT "Aphotic Zone Motions" : projet de recherche sur le déploiement et l’extension de formes colorées, analogues à des voiles et à des cerfs-volants, en entrelacs avec des corps en mouvement et avec les courants d’un milieu aérien. Annlor CODINA, mise en œuvre de la phase 2 du projet collectif d'hacking artistique, Line : réalisation par 6 artistes de Gaza des propositions artistiques imaginées par 6 artistes vivant à Toulouse. Margot GACHES, "Les Explorateurs", projet de documentaire de science-fiction construit grâce à une collaboration avec des chercheurs, où photographie et mécanique quantique se croisent, alliant fiction et réalité scientifique et artistique. Sa forme est multimédia : photographie, vidéo, son, installation, objets, artefacts de fiction. Lucie LAFLORENTIE, développement des recherches artistiques amorcées lors d’une récente résidence de recherche au Maroc: retourner dans l’atelier de production à Khémisset afin d’approfondir l’apprentissage de nouvelles techniques par la récolte de matières et d’outils. Poursuite des investigations autour de la sculpture, de l’installation et de la représentation, par l’assemblage de ciment, de poudre de marbre et de pigments. Bianca MILLON-DEVIGNE, mise en place dans le domaine du design graphique de dispositifs artistiques d'édition de contenus tournés vers les gens. Expérimentations du support textile afin de penser des formes variées pour la mise en espace d’images et le déplacement du livre vers la proposition scénographique. Laura MOLTON, "La strate empreintée" : projet vidéo entre documentaire, fiction et installation dont les sujets principaux sont l’érosion, la montée des eaux et les gestes de fouille. Fouilleuse bénévole sur le site archéologique du Rozel où ont été retrouvées des empreintes humaines vieilles de 80 000 ans, l’artiste souhaite retourner sur ce site pour poursuivre un travail vidéo et sonore, documenter les recherches faites sur ce site situé au bord de l’eau et menacé de disparaître par l’érosion du littoral et la montée des océans : recueillir ses dernières images, ses derniers gestes et ses derniers bruits avant que l’eau ne les recouvre. Lilie PINOT, recherche autour du support de la photographie à travers le concept de “Troubles” : temps théorique et recherches plastiques. Marilina PRIGENT, Mendoza, Argentine dans un bâtiment inhabité, celui de la Société de Bienfaisance, ancien foyer exclusivement pour filles. L’histoire de Genoveva Villanueva résonne encore dans cette bâtisse, figure féministe au XIXe, fondatrice de ce foyer et pourtant, oubliée de l’histoire Argentine. Puis les voix des femmes qui ont transité par ce lieu font surface. Il s’agit d’interroger la construction de l’identité féminine, à travers différents strates, celui des récits historiques et intimes. Nicolas PUYJALON, poursuivre un travail déjà engagé dans la pratique de la performance qu’est celui de la partition. Celle-ci pose la question de la trace, de ce qui (ne) reste (pas). De sa transmission. Rendre visible une topographie de ce qui traverse et nourrit le travail. Le temps de la recherche permettra de produire une partition cartographique, un scenario (corpus de textes, questions, situations) pour un ou plusieurs acteurs/ performers. Mathieu SANCHEZ, série de travaux interrogeant l’existence d’une œuvre que l’on n’a pas vue. Une œuvre pourrait-elle exister si elle n’a pas de public ? Série d’expériences servant à chercher les limites de l’existence d’une œuvre d’art. Mais sachant que ces limites sont floues et perpétuellement réinventées, mise en scène pataugeant dans une recherche vaine où les réponses n’existent pas. François DAIREAUX, développer un travail de vidéo et de sculpture autour de la cueillette de la Mano de Léon, fleur rouge cueillie pour la fête des Morts au Mexique. Immersion auprès de cette population. Alexandra FRANKEWITZ, réaliser une série sur le Tango en Finlande. Danse très populaire en Finlande autant qu’en Argentine. Documenter cette rencontre improbable entre la culture finlandaise et argentine, le jour et la nuit, le chaud et le froid. Réaliser un conte photographique aux airs nordiques. Philippe JACQ, recherche pour une peinture monumentale de 2 x 30 m. Ganaëlle MAURY, créer un paysage graphique et sonore à partir de sons captés pendant la fête des morts dans 3 villes du Mexique. Donner forme dans un dispositif graphique et immersif. Marion MOUNIC, Reproduire des couronnes mortuaires en céramique émaillée, très présentes dans le cimetière marin de Sète, en étant fidèle à leur forme, à leurs poids et à leurs couleurs mais en modifiant le contenu de leurs messages classiques, "À mon père", "Regrets"…, par un langage plus contemporain en reprenant certaines expressions appartenant au lexique du rap français pour les annoter sur ces couronnes mortuaires émaillées. Lorraine DRUON, Noir Minitel est un roman-photo dérivé de la comédie musicale Rose Minitel d'Olivier Cheval, tournée au studio du Fresnoy. Parallèlement au tournage de son film, Noir Minitel raconte une autre histoire dans un autre médium, mais qui aurait ceci en commun : le même décor à moquette des années 1980, le même personnage, la fantasque Brocatella, et un même accessoire principal, le minitel. À partir de ce premier shooting en studio, travaille à un objet qui est à la fois un roman d'aventure politique, un livre de photographies argentiques et une variation autour du genre populaire du roman-photo.

Dossiers Allocation d'installation ou d'achat de matériel (AIA)

Sur ces 25 dossiers reçus, 1 concernaient un projet en photographie, 10 en peinture, 7 en sculpture, 2 en vidéo, 2 en dessin, 2 en design graphique, 1 en bande dessinée. La moyenne d’âge des demandeurs est de 46 ans, le plus jeune est âgé de 26 ans, le plus âgé de 63 ans ; 15 sont des femmes, 10 des hommes.

Répartitions des lauréats par département

  • Aude : 3
  • Aveyron : 2
  • Haute-Garonne : 2
  • Hérault : 5
  • Lozère : 1
  • Pyrénées Orientales : 2
  • Tarn : 1

Les lauréats sont majoritairement des femmes : 10 pour 6 hommes; 4 candidats ne sont pas des primo-bénéficiaires ;

Les 16 lauréats

Violaine LAVEAUX, achat d’un chauffage pour l’atelier et de matériel nécessaire à la pratique de la céramique (piètement pour four, compresseur…). Valérie RUIZ, installation d’une salle de prise vue et de montage vidéo et rénovation des sols et murs + éclairage pour les autres espaces. Doris SCHLAPFER, aménagement d’un local en atelier au rez de chaussée. La demande porte sur la révision de la toiture, indispensable à son installation. Jean-Marie PICARD, achat d’une presse et de mobilier adapté à la pratique de la gravure et aménagement d’une grange en atelier d’artiste : réfection toiture, électricité, huisserie… Sophie VIGNEAU, acquisition boîte à grain BGA - 50, boîte à aquatinte. Fanny BOULORD, acquisition d’un ordinateur Mac Book Pro avec un processeur intel core i5 quadricoeur 8e génération à 1,4 GHz et 8 Go de mémoire LPDDR3 à 2133 MHz. Denise BRESCIANI, acquisition d’un four à céramique. Joeffrey BADEL, acquérir du matériel photographique et vidéographique pour travailler sur ses performances de manière autonome. Catherine BAUR, achat de matériel informatique. Renouvellement du matériel obsolète qui ne lui permettra pas d’honorer ses prochaines commandes. Emmanuelle BECQUEMIN, aménagement d’un local en atelier. Travaux d’isolation et de réagencement de l’espace. Fabien BOITARD, réaliser une extension en bois à l’atelier actuel. Extension démontable et transportable. Jean-Marc DEMAY, achat d’un four et de matériel nécessaire à la production de la céramique. Manuela FERRY, achat de matériel informatique performant nécessaire à sa pratique artistique. Vincent FORTEMPS, aménager un espace de sa maison en atelier. Il a acquis une maison en 2020 et souhaite y installer son atelier. Travaux de gros œuvre, électricité plomberie. Félix VALDELIEVRE, acquisition d’une ancienne gare ferroviaire afin de déployer la sculpture monumentale. La demande porte sur l’achat d’un palan et des travaux d’aménagement du lieu : dalle, bais vitrées, matériel électrique. Julie CHAUMETTE, isolation de l’atelier (92 m²) et la pose d’une porte-fenêtre en remplacement d’une porte de garage.