Sur un budget global de 81 millions d’euros en 2025*, la DRAC Hauts-de-France consacre 32,2 millions d’euros à la création artistique, dont 31 millions d'euros en fonctionnement et 1,2 million d'euros en investissement. Cette enveloppe représente près de 40 % du budget régional.
*Les données budgétaires sont toutes exprimées en crédits de paiements (CP), sauf mention contraire.
31 millions d'euros en fonctionnement : soutenir la création au quotidien en 2025
Les crédits de fonctionnement sont répartis entre les principaux champs artistiques avec une priorité affirmée donnée à la continuité des parcours artistiques et à la structuration des écosystèmes régionaux de création.
En 2025, la politique de soutien à la création artistique repose sur un équilibre assumé entre accompagnement direct des artistes, soutien aux temps de recherche et consolidation des cadres de production et de diffusion. Les crédits d’intervention en fonctionnement se répartissent principalement entre :
- l'aide au fonctionnement des structures labellisées, qui concentre 67 % des moyens ;
- le soutien direct aux artistes et aux équipes artistiques, à hauteur de 14,6 % ;
- les résidences de recherche et de création, qui mobilisent 3,2 % ;
- l'aide au fonctionnement des structures conventionnées, pour 9,5 % ;
- le soutien aux festivals, à hauteur de 3,7 % ;
- et d’autres dispositifs ciblés, représentant 2 %.
Cette répartition traduit un choix politique constant de l’État : inscrire la création artistique dans des cadres durables, protecteurs pour les artistes comme pour les publics.
47 lieux labellisés ou conventionnés : structurer la création sur l'ensemble du territoire
Une part importante des crédits de fonctionnement est consacrée aux structures labellisées et conventionnées, qui constituent l’ossature de la politique nationale de la création. Les labels du ministère de la Culture reposent sur des cahiers des charges et engagent les structures sur des missions de service public clairement identifiées. Les structures labellisées ont pour missions principales :
- la production et la coproduction d’œuvres ;
- la diffusion sur le territoire régional et au-delà ;
- l’accompagnement des artistes dans la durée ;
- l’éducation artistique et culturelle et la relation aux publics ;
- la coopération territoriale ;
- et la transition écologique et l’égalité professionnelle.
Avec 47 lieux labellisés ou conventionnés, la région se caractérise par sa densité d'équipements et par sa pluridisciplinarité. Ainsi la DRAC Hauts-de-France déploie une stratégie attentive aux équilibres territoriaux. Le rééquilibrage entre le nord et le sud de la région, entre métropoles, villes moyennes et territoires ruraux, constitue un axe prioritaire et exige un travail patient.
Une première SMAC sur le littoral : labelliser pour structurer
En septembre 2025, les 4Écluses à Dunkerque sont labellisées Scène de musiques actuelles, devenant la première SMAC du littoral régional. Cette labellisation reconnaît un projet artistique structurant, issu de l’association Arts scéniques rocks, et conforte un lieu engagé dans le soutien aux musiques actuelles, aux cultures urbaines, à l’émergence artistique et à l’accueil d’artistes en résidence, en lien étroit avec les acteurs régionaux.
3 Ateliers de Fabrique Artistique en 2025 : fabriquer les œuvres avant leur diffusion
Relancée avec élan en 2025 dans les Hauts-de-France, la structuration des Ateliers de Fabrique Artistique (AFA) reconnaît des lieux où le temps de travail artistique prime sur la logique de programmation. Ces ateliers accueillent des artistes en résidence sur des temps longs, favorisent l’expérimentation, la mutualisation des savoirs et l’accompagnement professionnel. En 2025, trois structures ont signé la charte des Ateliers de Fabrique Artistique en Hauts-de-France :
- La Batoude à Beauvais (60), acteur structurant des arts du cirque et des arts de la rue, lieu d’expérimentation ayant accompagné des artistes tels que le Collectif XY, Boris Gibé ou Raphaëlle Boitel ;
- L’Espace Pasolini à Valenciennes (59), laboratoire de création contemporaine tourné vers la jeunesse, engagé dans la transmission et la démocratisation culturelle depuis plus de trente ans ; des artistes comme Alain Buffart, Boris Charmatz, Xavier Leroy, ou encore Eszter Salamon y ont trouvé un terrain fertile pour expérimenter et repousser les limites de leurs disciplines.
- La Manekine à Pont-Sainte-Maxence (60) , espace de résidences et d’itinérance artistique, fondé sur un projet intercommunal et un fort engagement en éducation artistique et culturelle.
L’appellation « Atelier de Fabrique Artistique » répond à des priorités claires : accompagnement des artistes émergents, parité, diversité, développement durable et ancrage dans des territoires prioritaires. Elle participe à la structuration des parcours de création à l’échelle régionale.
53 compagnies et 50 projets régionaux soutenus : donner du temps au spectacle vivant
En 2025, 53 compagnies et 50 projets régionaux bénéficient des aides déconcentrées au spectacle vivant, dont près de la moitié dans le cadre de conventions pluriannuelles, pour un montant total de plus de 4,2 millions d'euros. Parmi les créations accompagnées figurent "Le Pas du monde" du Collectif XY, "Wouazo" du Tas de Sable (Marie Godefroy), "Zola, pas comme Émile !" de la compagnie L’iLiAQUE ou encore "Jument" de la compagnie Nunavick (Marion Sage). Parmi les projets d'ensembles musicaux et vocaux soutenus en 2025 figurent : "Habiter les nuits" d'AVOKA, ou "Quand les lumières s’éteignent" par Acte six.
Ces soutiens visent à stabiliser les conditions de production, à favoriser la maturation artistique et à renforcer les liens entre artistes, lieux et territoires.
73 résidences de recherche et de création : créer, expérimenter, s’ancrer
Les résidences de recherche et de création constituent un levier central de la politique régionale. En 2025, 73 artistes et équipes de toutes disciplines ont été accompagnés dans les lieux et les structures de la création, notamment à travers les résidences Tremplin destinées aux artistes émergents.
À Valenciennes, l’artiste Jaeyoung Choi développe la résidence ad lib au centre d’art l’H du Siège. À Beauvais, à Roubaix ou à Pont-Sainte-Maxence, les résidences croisent recherche artistique, transmission et présence de proximité.
Ces temps longs de travail irriguent les territoires et nourrissent la relation avec les habitants.
43 festivals soutenus : de la création aux habitants
En 2025, 43 festivals sont soutenus par la DRAC Hauts-de-France dans le champ de la création artistique, pour un montant total de près de 1,1 million d’euros. Ces événements constituent des temps forts de découverte et d’émergence, notamment pour les jeunes artistes.
Tous les champs disciplinaires sont représentés. Par exemple, la photographie y occupe une place affirmée, notamment à travers les Photaumnales, festival de référence en région porté par le centre régional pour la photographie Diaphane, qui articule expositions sur les territoires, résidences et médiation autour de la création photographique contemporaine. Les festivals pluridisciplinaires et arts visuels ont également été soutenus, notamment Fiesta qui s'est déployé pendant plusieurs mois à Lille et sa métropole.
Le plan national « Culture et ruralité » permet par ailleurs de renforcer la présence artistique dans les territoires ruraux. En Hauts-de-France, cinq festivals bénéficient d’un soutien spécifique, parmi lesquels le festival de la Mascarade à Nogent-l’Artaud, le festival de Laon ou encore Embaroquement immédiat en Thiérache.
2 pôles internationaux de production et de diffusion : produire ici, diffuser mieux
L’année 2025 est également marquée par la mise en œuvre du plan « Mieux produire, mieux diffuser », qui accompagne l’évolution des pratiques professionnelles, la coopération entre structures et la transition écologique. Deux pôles internationaux de production et de diffusion (PIPD) sont soutenus dans les Hauts-de-France :
- "Scènes unies du Nord", porté par le Phénix (Scène nationale, Valenciennes), la Maison de la Culture d’Amiens (Scène nationale), le Manège (Scène nationale, Maubeuge), et la rose des vents (Scène nationale de Villeneuve d’Ascq) dédié au spectacle vivant et aux coopérations internationales ;
- "Danse, enfance, jeunesse", porté par le Gymnase (CDCN, Roubaix), l’Echangeur (CDCN, Château-Thierry), la Faïencerie, Théâtre de Creil (SCIN), les Rencontres chorégraphiques internationales de Seine-Saint-Denis et la Maison Danse (CDCN Uzès), centré sur la création chorégraphique à destination du jeune public.
Les PIPD favorisent la coproduction, la mutualisation des moyens, la circulation des œuvres et l’inscription des équipes artistiques dans des réseaux nationaux et européens. Ils constituent un outil stratégique pour renforcer la visibilité des créations produites en région et soutenir des modèles de production plus soutenables.
1,2 million d'euros en investissement en 2025 : créer les conditions matérielles de la création
En complément des crédits de fonctionnement, la DRAC Hauts-de-France mobilise 1,2 million d’euros en crédits d’investissement afin d’améliorer durablement les conditions de production, de diffusion et d’accueil des œuvres. L’intervention de l’État ne relève pas d’une logique de conservation des équipements pour eux-mêmes, mais d’un choix stratégique assumé, articulant investissement, projet artistique, emploi culturel et diffusion des œuvres à l’échelle régionale et nationale.
Investir pour équiper la création : l’exemple de l’Opéra de Lille
En 2025, l’Opéra de Lille en offre une illustration emblématique. La DRAC Hauts-de-France a soutenu le changement du cintre de l'Opéra à hauteur de 500 000 euros, répartis sur les exercices 2024 et 2025, afin d’améliorer les conditions techniques de production et d’accueil des œuvres. Cet investissement renforce les capacités d’un établissement de référence nationale pour l’art lyrique et chorégraphique, au service des artistes, des équipes techniques et des publics.
Par ailleurs, la DRAC Hauts-de-France a également dédié une enveloppe de 300 000 euros à l'investissement de petits équipements (donnée exprimée en AE - autorisation d'engament).
Investir pour rénover : 3 équipements rouverts en 2025
L’année 2025 est marquée par plusieurs réouvertures structurantes, à l’issue de travaux soutenus pendant plusieurs années par la DRAC Hauts-de-France :
- À Beauvais, le Théâtre du Beauvaisis - Scène nationale rouvre ses portes dans un équipement repensé pour la création pluridisciplinaire, bénéficiant d’un soutien pluriannuel d'un total de 1,8 million d’euros de l’État.
- À Villeneuve-d’Ascq, la rose des vents - Scène nationale accueille à nouveau les publics après une rénovation profonde, sous la direction d’Audrey Ardiet, avec une orientation affirmée vers les écritures contemporaines et les formes documentaires. La DRAC Hauts-de-France a soutenu, dans le cadre du Contrat de Plan Etat-Région, cette opération à hauteur de 4,4 millions d'euros, sur plusieurs années.
- À Beauvais, la réouverture du centre d'art Le Quadrilatère renforce l’offre en arts visuels, en articulant expositions, soutien à la création et diffusion des œuvres auprès des publics. La rénovation du Quadrilatère a bénéficié d'un soutien de la DRAC Hauts-de-France de 900 000 euros.
Ces réouvertures participent à la relance de la fréquentation et à la consolidation des réseaux de diffusion régionaux.
Investir dans des projets artistiques ancrés dans les territoires : l'exemple de l'Odyssée du Varan à Calais
L’Odyssée du Varan constitue un projet emblématique de création dans l’espace public sur le front de mer de Calais. Porté par la compagnie de théâtre de rue La Machine, il s’inscrit dans une histoire déjà ancienne entre la ville et les figures monumentales mécanisées, qui participent de son identité culturelle contemporaine.
À Calais, la présence du Dragon et du Varan ne se limite pas à des temps événementiels. Le projet structure une relation continue entre les œuvres, les habitants et l’espace urbain, à travers les déambulations régulières sur le front de mer, les actions de médiation et les projets éducatifs menés tout au long de l’année. Les phases de conception, de fabrication et d’installation deviennent elles-mêmes des temps de création et de transmission, mobilisant d’autres champs artistiques : ateliers d’écriture, photographie, expositions itinérantes et pratiques amateurs.
Dans cette perspective, l’investissement public soutient moins un spectacle ponctuel qu’un écosystème artistique inscrit dans le temps long, associant création, médiation, attractivité territoriale et appropriation par les habitants. La DRAC Hauts-de-France a déjà soutenu cette démarche à hauteur de près de 900 000 euros, permettant l’inscription durable de ces œuvres monumentales dans le quotidien urbain et dans une stratégie culturelle de territoire.
Investir durablement pour enrichir les collections
Cette politique d’investissement s’exprime également dans le champ des arts visuels. En 2025, la DRAC Hauts-de-France consacre 227 000 euros aux acquisitions des Fonds régionaux d’art contemporain, à parité avec la Région Hauts-de-France. Ces acquisitions soutiennent directement les artistes contemporains et participent à l’enrichissement des collections, à la circulation des œuvres sur l’ensemble du territoire, dans une logique de soutien à la création vivante et à son partage avec les publics.
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