Installé dans une ancienne résidence abbatiale du XIIIe siècle, au cœur d’une commune du Cher engagée dans une dynamique de revitalisation territoriale, le musée Saint-Vic abrite des collections retraçant 100 000 ans d’histoire humaine et artistique du Berry et du Bourbonnais. Depuis son obtention du label « musée de France » en 2003, l’institution poursuit des missions essentielles : conserver, étudier et valoriser ses œuvres, riches et variées.
Pour répondre pleinement à cette vocation, le musée a engagé, à l’automne 2023, un vaste chantier des collections, projet structurant inscrit dans son projet scientifique et culturel (PSC) validé par l’État en 2022. Ce chantier méthodique et rigoureux est mené avec l’accompagnement scientifique et technique de la DRAC Centre-Val de Loire, dans le cadre du Plan Culture Ruralité (PCR) destiné aux musées de France.
Valoriser ce qui ne se voit pas
Loin de se limiter à une simple opération de rangement, le chantier des collections consiste à traiter, inventorier, documenter, protéger et conditionner près de 20 000 objets. Ce travail de fond, souvent invisible, est ici révélé au public grâce à l’exposition « C’est le chantier ! saison 1 : l’archéologie », première étape d’une série qui ambitionne de faire dialoguer les réserves avec les visiteurs.
À travers un parcours scénographié et pédagogique, l’exposition met en lumière la chaîne complète de traitement des objets archéologiques : du dépoussiérage à l’étude, du marquage à la photographie, jusqu’au conditionnement selon les normes de conservation préventive. La muséographie, enrichie de panneaux explicatifs et de supports interactifs, rend accessibles des notions techniques souvent méconnues, tout en valorisant le savoir-faire des professionnels du patrimoine.
Une exposition citoyenne et territoriale
Les objets présentés proviennent majoritairement du sud du Cher. Ils témoignent de l’histoire locale mais aussi de l’enracinement du musée dans son territoire. Parmi les pièces exposées : des fragments gallo-romains issus de fouilles à Saint-Amand-Montrond, les vestiges d’une maison artisanale incendiée au XVIIe siècle, ou encore des objets rares et intrigants tels qu’un lissoir, une fourquine (Fourche en fer forgé montée sur une hampe en bois, sur laquelle le tireur appuyait son arquebuse ou son mousquet pour tirer) ou une hipposandale (Chaussure de protection externe pour les sabots du cheval). Certaines œuvres, comme celles issues d’une collection ancienne d’origine italienne, viennent également élargir le regard sur la diversité des fonds.
L’exposition joue un rôle essentiel de médiation auprès des habitants et des visiteurs : elle explique pourquoi certaines salles du musée sont temporairement fermées, tout en donnant du sens à ce qui se passe « en coulisses ». Elle permet également de mieux comprendre l’importance des missions de conservation confiées aux musées de France et soutenues par les politiques publiques du patrimoine.
À noter que lors des Journées Européennes du Patrimoine, des visites guidées sont proposées afin de découvrir l'exposition.
Un soutien actif de l’État
La réalisation de ce chantier repose sur un partenariat étroit entre le musée et la DRAC Centre-Val de Loire, qui joue un rôle moteur en accompagnant l’établissement dans sa démarche patrimoniale, et en finançant les équipements indispensables à la bonne conservation des objets.
La subvention accordée dans le cadre de la mesure 2 du Plan Culture Ruralité permet notamment l’acquisition de matériel spécifique pour le traitement des collections archéologiques, mais aussi pour les campagnes à venir : sous-chemises en papier de conservation, boîtes adaptées pour les dessins ou photographies, supports de présentation. Le financement couvre également les supports de médiation destinés au public (panneaux, kakémonos…).
Une dynamique durable
La campagne dédiée à l’archéologie n’est qu’un début. Le musée prévoit déjà de poursuivre ce chantier par typologies, avec une prochaine étape consacrée aux arts graphiques, suivie d’autres volets portant sur la peinture, le mobilier, les livres anciens, la céramique ou encore les textiles. Chaque nouveau chantier fera à son tour l’objet d’un traitement approfondi, et, selon les cas, d’une nouvelle exposition.
Ce travail inscrit dans la durée illustre l’ambition du musée : préserver durablement le patrimoine, le rendre accessible à tous, et construire une relation active avec son territoire et ses habitants.
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