Mesdames les parlementaires,

Mesdames les élues,

Madame la Présidente d’honneur, chère Françoise Laborde,

Mesdames et messieurs les signataires,

Mesdames et messieurs,

Chers amis,

 

Je suis très heureux de vous voir si nombreux.

C’est une grande victoire de voir tant de journalistes et tant de dirigeants, rassemblés autour d’une même ambition, d’un même engagement.

Une grande victoire, de voir l’entente et l’unité de tout un secteur – celui des médias – au service de l’égalité.

Oui, chère Françoise, c’est une victoire.

Mais, malgré tout, j’aurais préféré que nous nous réunissions dans d’autres circonstances, à une autre occasion.

J’aurais préféré que nous n’ayons pas besoin d’une charte comme celle qui nous réunit.

Aujourd’hui, à la télévision française, en 2019, une journaliste sur deux se déclare victime de harcèlement.

Aujourd’hui, dans les écoles de journalisme françaises, 10% des étudiantes disent avoir subi une agression sexuelle pendant leurs études, ou leurs stages.

La voilà, la réalité.

La réalité, c’est que cette charte, nous en avons besoin.

L’actualité est venue nous apporter une raison de plus de la signer : je pense aux révélations au sujet de la ligue du LOL. 

Elles sont venues nous rappeler combien cette charte est nécessaire.

Combien, collectivement, nous avons le devoir d’être plus attentifs, plus vigilants – dans toutes nos entreprises mais en particulier dans les médias. Parce que ça se passe là. Sous nos yeux.

Combien nous devons redoubler d’ardeur dans la lutte contre toutes les formes de violence, et en particulier contre les agissements sexistes et le harcèlement sexuel.

Combien il est urgent et indispensable que les médias préviennent mieux, et sanctionnent mieux ces comportements.

C’est l’objet de la charte que nous signons aujourd’hui.

Elle est un moyen de combattre la violence sexuelle et sexiste.

D’abord, en nommant les choses. En définissant cette violence, les formes qu’elle peut prendre, et en diffusant ces définitions au sein des entreprises et des institutions. En sensibilisant à ce qu’est le harcèlement.

Chaque journaliste, chaque pigiste doit savoir ce qu’il faut empêcher, ce qu’il faut repérer, ce qu’il faut dénoncer.

Ces questions ne peuvent plus, elles ne doivent plus être passées sous silence. Elles doivent être rappelées jusqu’à ce que leur importance soit comprise.

Ensuite, en sanctionnant les actes répréhensibles et leurs auteurs. Et en accompagnant les victimes. En s’assurant qu’elles soient écoutées, comprises, aidées – et non pas, comme c’est trop souvent le cas, réduites au silence, délaissées, décrédibilisées.

Aujourd’hui, en signant cette charte, nous posons une pierre.

Mais ce n’est que la première.

Parce que cette charte a vocation à s’appliquer à l’ensemble des médias.

Ils sont tous, nous sommes tous concernés par la lutte contre les violences et les harcèlements sexuels et sexistes.

Au-delà des entreprises présentes ce matin, que je remercie chaleureusement, il faudra inciter et encourager d’autres structures, d’autres médias, à adhérer à la charte.

Je pense à la presse – écrite comme numérique. Elle est tout aussi concernée par les inégalités de traitement que j’évoquais.

Mais elle aussi est prête à s’engager. De nombreuses entreprises ont exprimé leur volonté de nous rejoindre – Czech Media Invest, notamment.

Je propose donc que nous prévoyons, d’ores et déjà, une deuxième session de signature de la charte.

Nous pourrions nous retrouver en septembre, avec les nouveaux signataires. Cela nous laisserait le temps de rallier bien d’autres médias encore.

Par ailleurs, je souhaite que cette charte étende son périmètre et son ambition au-delà de la prévention des violences.

Nous ne voulons pas seulement que les femmes ne soient plus la cible privilégiée des violences.

Nous voulons que les femmes – qui représentent, faut-il le rappeler, la moitié de l’humanité – occupent la moitié des postes à responsabilité, dans les rédactions, sur les plateaux ; qu’elles occupent la moitié du temps de parole, à la télévision et à la radio.

Quand je dis la moitié, je veux dire la moitié du temps total ; pas la moitié du temps qui est réservé aux hommes.

J’aurais préféré ne pas avoir à le préciser, mais quand on voit les chiffres, on se dit que c’est peut-être l’interprétation qui a prévalu, pour certains.

Parce qu’aujourd’hui, en France, en 2019, les femmes ont moitié moins de temps de parole que les hommes, sur les ondes et sur les écrans.

Nous voulons la parité et l’égalité réelle.

Nous voulons que les femmes soient partie prenante des instances de décision.

Qu’elles soient nommées aux postes de responsabilité, au même titre que les hommes.

Qu’elles soient rémunérées de la même manière que les hommes.

C’est cela, notre ambition.

L’ambition du Président de la République et du gouvernement tout entier.

Parce que trop longtemps, nous avons accepté l’inacceptable.

Trop longtemps, nous avons toléré l’intolérable.

Ce temps-là est révolu.

Le Président de la République l’a dit : l’égalité entre les femmes et les hommes est la grande cause nationale de ce quinquennat.

Ce ne sont pas que des mots ; c’est un engagement.

Cet engagement, je le porterai, dans la culture et dans les médias.

Cet engagement, je le porte aujourd’hui, à vos côtés.

Aux côtés de l’association « Pour les femmes dans les médias ».

Votre initiative est d’une importance majeure.

Alors, à vous toutes, membres de l’association et du bureau…

A vous, Madame la Présidente d’honneur, chère Françoise Laborde ; Madame la présidente exécutive, chère Laurence Bachman…

A vous, chère Caroline Lang, dont je sais le dévouement et les efforts pour tous nous réunir, ici, aujourd’hui…

A vous, lauréates des prix « Pour les femmes dans les médias » : chère Lisa Azuelos, chère Camille Bidermann-Roizen, chère Laurence Bloch, chère Yasmina Jaafar, chère Claire Lajeunie…

A vous, cher Richard Orlinski, pour ce magnifique trophée que vous avez sculpté…

A vous toutes qui permettez de rendre cette signature possible, aujourd’hui…

Et à vous, mesdames et messieurs les signataires…

Je veux dire merci.

Merci de vous engager.

Merci de vous lever, toutes et tous.

De dire « non », d’une seule et même voix, à ce qu’on a trop souvent laissé passer.

Ce combat, je suis là, avec vous, pour le mener.