Roselyne Bachelot-Narquin, ministre de la Culture, fait part de son immense émotion à l’annonce du décès de Jean-Paul Belmondo.

Né en 1933, Jean-Paul Belmondo est élevé dans une famille d’artistes : son père est sculpteur et sa mère, peintre. Après une enfance durant laquelle il se jette corps et âme dans le sport, il est brièvement boxeur professionnel avant de mettre son énergie, déjà débordante, dans la comédie et les cours de théâtre qu’il prend auprès de Raymond Girard. Sa persévérance lui permet d’intégrer le conservatoire national supérieur d’art dramatique en 1952, après deux tentatives et contre les conseils de ses professeurs ! Il rencontre alors ceux qui constitueront la mythique « bande à Bébel » : Jean Rochefort, Jean-Pierre Marielle, Bruno Cremer, Pierre Vernier, Michel Beaune.

Très vite après ses débuts au théâtre, notamment dans Médée, de Jean Anouilh, Jean-Paul Belmondo fait ses premières apparitions au cinéma. En 1958, dans Sois belle et tais-toi de Marc Allégret, Jean-Paul Belmondo côtoie Alain Delon et dans Les tricheurs, de Marcel Carné, il apparaît aux côtés de Laurent Terzieff. Mais c’est Claude Chabrol qui, le premier, lui confie son premier rôle dans À double tour, en 1959.

Sa rencontre avec Jean-Luc Godard donne un nouveau tournant à sa carrière, puisqu’il embrasse et bientôt incarne la Nouvelle Vague. L’acteur joue alors dans le court-métrage Charlotte et son jules, en 1958 et surtout dans À bout de souffle, en 1960.

Artiste prolifique et savourant le mélange des genres, Jean-Paul Belmondo tourne à cette époque dans le film policier Classe tous risques de Claude Sautet, avec Lino Ventura.

Les succès populaires des films qu’il tourne dans les années 60 (Moderato Cantabile en 1960 de Peter Brook, adapté d’un roman de Marguerite Duras, Cartouche en 1962, Pierrot le fou en 1965…) lui permettent de rencontrer et de collaborer avec les plus grands réalisateurs, tels Jean-Pierre Melville ou bien Henri Verneuil qui le dirige dans Peur sur la ville mais également dans l’inoubliable Un singe en hiver, aux côtés de Jean Gabin.

Si Jean-Paul Belmondo a conquis le public, c’est alors au tour de Bébel d’émerger. L’homme de Rio de Philippe de Broca, sorti en 1964, consacre ce personnage jubilatoire qui enchaîne les cascades, les bagarres, les yeux de velours et les facéties. Le Magnifique demeure un monument du genre et dans notre imaginaire collectif, son personnage fantasque se confond avec l’acteur.

Tout au long de sa carrière, les réalisateurs ont confié à Jean-Paul Belmondo des rôles dans des univers et des esthétiques très variés. De Claude Lelouch, à François Truffaut en passant par Gérard Oury, Alain Resnais, Agnès Varda, Claude Chabrol, ou encore Claude Sautet, chacun a su tirer un fil différent de son immense talent.

Au tournant des années 1990, Jean-Paul Belmondo renoue avec le plaisir de la scène : Kean, de Jean-Paul Sartre ou encore Cyrano de Bergerac, en 1990, sous la direction de Christiane Porquerel et Jean-Jacques Bricaire, au théâtre Marigny. Il fait à cette époque l’acquisition du Théâtre des Variétés.

Jusqu’à la fin de sa vie, Jean-Paul Belmondo a pris un intense plaisir à apparaître dans quelques films de cinéma ou de télévision.

C’est un géant qui s’éteint aujourd’hui. Demeurent les émotions qu’il n’a cessé de susciter en nous, tout au long de sa vie d’artiste. Son appétit pour la vie est pour nous tous un exemple.

Roselyne Bachelot-Narquin adresse ses condoléances aux proches de Jean-Paul Belmondo, ainsi qu’à toutes celles et tous ceux qui le pleurent aujourd’hui.