Monsieur le Préfet,

Monsieur le Maire,

Mesdames et messieurs les députés,

Monsieur le sénateur,

Mesdames et messieurs les élus,             

Monsieur le Directeur, cher Eloi RECOING,

Mesdames, messieurs,

Chers amis,

 

Je suis vraiment ravie d’être ici, ravie de pouvoir rendre hommage aux arts de la marionnette, qui sont une très grande fierté pour notre pays. Une fierté sur laquelle les projecteurs sont trop rarement placés.  Ravie ensuite, d’être ici, dans les Ardennes, dans le Grand Est, où je poursuis le tour des régions que j’ai entamé depuis ma nomination. Et ravie, évidemment, d’inaugurer avec vous cette nouvelle Ecole.

Au fond, pour la ministre de la culture que je suis, vous offrez un modèle.

Le modèle d’une France qui est portée par trois richesses : par ses savoir-faire, par ses territoires et par sa jeunesse.

Ce sont ces trois richesses que je défends au quotidien, avec le ministère.

Les savoir-faire, d’abord.

Notre pays en est rempli. C’est ce qui fait sa singularité ; c’est ce qui fait la renommée de notre paysage artistique ; c’est ce qui fait la moelle de notre culture. Le défi, c’est de les entretenir, de les valoriser, de les transmettre. C’est précisément ce que vous faites, ici, à Charleville, autour des arts de la marionnette.

C’est un savoir-faire rare, incroyablement riche. Un savoir-faire qui croise le patrimoine, puisque c’est une tradition façonnée au fil des siècles, et la création, puisqu’il est – grâce à vous – toujours en mouvement. C’est un savoir-faire qui touche tous les âges, tous les publics. Vous prolongez ici un héritage millénaire. Et vous prolongez l’héritage plus particulier laissé par Jacques FELIX, auquel je veux évidemment rendre hommage.

C’est lui qui fut, en 1961, à l’origine du Festival de la marionnette qui s’ouvre demain, pour la 19ème édition, et qui a fait de Charleville-Mézières un pôle mondial de référence dans cette discipline. C’est lui qui fut à l’origine de cette Ecole, il y a 30 ans.

C’est André MALRAUX qui disait qu’un héritage ne se transmet pas, « il se conquiert ». Vous le faites, ici, chaque jour. Charleville-Mézières est une référence mondiale pour les arts de la marionnette.

Notre rôle, c’est de vous accompagner. Je suis donc très heureuse de pouvoir vous confirmer, comme cela vous avait été annoncé par la précédente ministre, que nous allons consolider notre appui à vos savoir-faire. Le ministère de la Culture vous avait promis, l’an dernier, la création d’un nouveau label dédié : « Central national de la marionnette », comme il existe déjà des Centres nationaux dramatique ou chorégraphique, des scènes nationales. Un label pour reconnaître l’excellence artistique, et la mission d’intérêt général des lieux dédiés à la marionnette. Les organisations professionnelles de votre secteur ont travaillé avec le ministère, pour définir son cahier des missions. Et sa création est en route: j’ai demandé à mes services de lancer la procédure réglementaire en créant un 13ème label national.  Avec ce label, ce sont de nouveaux soutiens que nous apporterons à votre secteur.

 

La deuxième force qui se manifeste pleinement ici : c’est celle des territoires.

Jacques FELIX avait une double passion : celle de la marionnette, je l’ai dit, mais aussi celle de ce territoire ardennais. Dans l’aventure de cet entrepreneur culturel qu’était Jacques FELIX, qui est né ici. Qui est parti de rien. Qui est allé forger son savoir-faire auprès d’un maître-marionnettiste dans une autre ville de ce Grand Est : Nancy. Qui est revenu avec le rêve de faire vivre sa passion dans sa ville natale. Et qui a réussi.

Et il a réussi, il y a 30 ans, à faire naître à Charleville-Mézières une vraie « vie » culturelle : avec ce festival, ce centre de rencontre, cette école.  C’est-à-dire qu’il n’a pas simplement permis à un art de se développer. Il ne l’a pas simplement fait entrer dans la vie de ses concitoyens. Il a permis au territoire de trouver une cohésion nouvelle, de se développer, et de rayonner à travers cela. Il n’a pas simplement fait naître une « vie culturelle » sur ce territoire : il a fait naître une « vie territoriale » par la culture.

C’est la double mission que je me donne.

Partout. Et en particulier là où la cohésion est la plus fragile : dans les zones rurales ; dans les quartiers ; en Outre-mer. L’énergie de Jacques FELIX est partout.  La mission du ministère de la Culture, c’est de lui donner la possibilité de s’exprimer. De se réaliser. Sur chaque de nos territoires.

La troisième force qui s’exprime ici, c’est celle de la jeunesse.

Chers étudiants,

C’est vous qui êtes l’avenir de cet art, de ces savoir-faire. C’est vous qui pourrez les porter demain, dans tous nos territoires. Et transformer ainsi, à votre échelle, des pans de notre pays. Transformer des destins : faire naître des vocations chez ceux qui vous verront jouer. Comme Jacques FELIX à Nancy.

Vous êtes dans une institution unique en France : la seule Ecole nationale des arts de la marionnette. Une institution qui innove. Depuis sa création, il y a 30 ans, elle a permis de professionnaliser, de valoriser mais aussi de renouveler le métier. Et une institution qui grandit, aujourd’hui. Grâce à ces travaux, elle pourra accueillir deux fois plus d’étudiants.

Je veux remercier toutes les équipes de cette Ecole.

Je remercie les professeurs, pour la tradition d’excellence qu’ils perpétuent.

Je veux saluer aussi tous ceux qui ont contribué à la réussite de ce projet : les architectes, maitres d’œuvres et techniciens ; les élus qui se sont mobilisés ; les équipes du festival et de l’Institut, qui s’y sont associés ; la direction des affaires régionales.

Merci à tous d’avoir fait naître cette nouvelle Ecole. Ce nouveau lieu de création, et de transmission.

Ce lieu dans lequel se prépare l’avenir.

 La France a en elle toutes les clés pour réussir.

Et notamment les trois que j’évoquais : l’excellence de ses savoir-faire ; l’énergie de ses territoires ; et la force d’engagement de sa jeunesse.

Vous les incarnez de façon exemplaire, ici.

Je vous en félicite.

Et je vous remercie.