Discours de Frédéric Mitterrand, ministre de la Culture et de la Communication,prononcé à l’occasion de la remise des insignes d'Officier dans l'ordre de laLégion d'honneur à Bernadette Lafont et de Chevalier dans l'ordre de la Légiond'Honneur à Firmine Richard, et à Mei-Chen Chalais

Mesdames et Messieurs les Présidents et Directeurs,
Chère Bernadette LAFONT,
Chère Mei Chen CHALAIS,
Chère Firmine RICHARD,
Mesdames, Messieurs,
Chers amis,
Vous connaissez tous le film de François OZON, Huit femmes – nous avons d’ailleurs
parmi nous l’une de ces huit femmes –, mais aujourd’hui je vais avoir le plaisir de
rendre hommage à seulement trois femmes. Pourquoi seulement trois femmes et pas
huit ? Je suis sûr qu’il va encore se trouver des mauvaises langues pour nous dire
qu’il s’agit d’une réduction d’effectifs, d’un nouvel effet pervers de la Révision
générale des Politiques publiques…!
Plus sérieusement, plus simplement, il s’agit de récompenser trois femmes
d’exception, trois femmes de cinéma, engagées dans la vie de la cité, trois femmes
exemplaires et qui sont chacune un visage essentiel de la féminité au cinéma et plus
généralement, de la femme d’aujourd’hui.
Chère Bernadette LAFONT,
Vous êtes une « grande dame » du cinéma français, mais l’expression ne rend pas
entièrement compte de ce que vous avez apporté non seulement au cinéma, mais à
chacun d’entre nous et peut-être surtout à des générations de femmes.
Car, pour moi, si je retrace votre immense carrière dans ma mémoire, vous incarnez
avant tout la femme libérée au cinéma : à travers tant de rôles marquants, par-delà
tous ces rôles dont chacun se souvient, ce que vous avez montré et pour ainsi dire
démontré, me semble-t-il, c’est une nouvelle manière d’être une femme, à l’époque de
la conquête de l’égalité. Je pense que les spectatrices, mais d’ailleurs aussi les
spectateurs vous savent gré d’avoir su, sans façon, avec une spontanéité et un
naturel indiscutables, donner un visage à cette femme libérée qui était alors – et qui
est toujours peut-être – à inventer. Ce n’était pas une évidence, même si on l’a un peu
oublié aujourd’hui. Et c’est pourquoi le film peut-être le plus significatif, non seulement
de cette Nouvelle Vague, dont vous avez l’une des actrices fétiches – sans jamais
donner dans ce qu’il y a de hiératique dans ce qu’on appelle une « icône » – , mais de
votre parcours, est peut-être La Maman et la Putain de Jean EUSTACHE. Dans ce
film-fleuve qui est aussi un film-culte, emblème et aboutissement de la Nouvelle
Vague, vous incarnez un paradoxe passionnant : vous qui semblez incarner la femme
spontanée et libérée par excellence, vous y jouez justement le rôle de « la Maman » -
c’est-à-dire l’amante officielle de Jean-Pierre LEAUD– , alors que Veronica, le
personnage de « la Putain », c’est-à-dire la tentation de l’amante officieuse, portée
par Françoise LEBRUN, a, au contraire, toute l’apparence d’une femme
traditionnelle. Par là, il me semble que Jean EUSTACHE a voulu « bouger les lignes »
et illustrer toutes les réflexions en cours de la société à la recherche des contours à
inventer de la femme moderne.
Or, je crois que l’un des ressorts du plaisir que suscite votre apparition à l’écran ou
sur les planches, repose sur votre capacité à camper une femme qui allie sensualité,
simplicité presque quotidienne, vérité du jeu et spontanéité. Par votre talent et votre
présence, vous avez en quelque sorte renvoyé d’un revers de la main toutes les
interrogations que pouvait soulever une société en mutation, une féminité en quête
de nouveaux horizons.
Vous avez montré, sans bien sûr avoir à le démontrer, qu’il suffisait, tout simplement,
d’être soi, en laissant parler votre plaisir d’être vous-même et ce « goût de
l’aventure » que vous évoquez vous-même
C’est ce paradoxe d’un plaisir qui est le meilleur guide de la réussite et du talent qui
a guidé votre carrière pour notre plus grand bonheur, depuis cette première image
de liberté, de naturel et de sensualité, que vous avez donnée, à bicyclette, à bien
des Mistons, les « sauvageons » d’alors, dans l’extraordinaire petit joyau de François
TRUFFAUT. Chacun se souvient de cette jeune Nîmoise qui était comme une
nouvelle Arlésienne des salles obscures.
Dès lors, vous devenez, par toutes ces qualités que j’ai rappelées, et qui
représentent parfaitement leur ambition d’un cinéma plus libre, l’égérie de ces
réalisateurs qui, sans le savoir encore, inventent – un peu grâce à vous – leur
nouvelle manière de faire des films. Vous êtes MARIE dans Le Beau Serge, le
premier long métrage de Claude CHABROL, Prix du meilleur réalisateur au Festival
de Locarno et Prix Jean-Vigo. Vous enchaînez les succès, avec toujours la même
fraîcheur, la même grâce et la même exigence, sous la caméra du même
CHABROL, de Louis MALLE, COSTA-GAVRAS, Georges LANTNER, Philippe
GARREL, RIVETTE, SZABO.
Votre performance dans Une belle fille comme moi de TRUFFAUT vous vaut un
immense succès, au point qu’un critique vous décerne la palme de « la plus
extraordinaire bête de cinéma de sa génération », pour cette présence très physique,
cette énergie passionnée et concentrée, cette sensibilité à fleur de peau qui vous
font crever l’écran.
C’est peut-être dans La Fiancée du pirate, de Nelly KAPLAN, juste après Mai 68,
que vous faites souffler de la façon la plus étonnante et la plus troublante le vent de
liberté qui agite alors la société française.
Mais la femme indépendante que vous êtes ne s’est pas laissée enfermer dans la
Nouvelle Vague : on vous a vue et aimée dans de nombreux films de Jean-Pierre
MOCKY, notamment dans Le pactole, Les Saisons du plaisir (1988) et Une nuit à
l’Assemblée Nationale (n’y voyez, s’il vous plaît aucune allusion aux batailles
épiques autour de la loi HADOPI !...), mais aussi bien sûr dans L'Effrontée de
MILLER, qui ajoute un César du meilleur second rôle à votre palmarès déjà
impressionnant et qui était comme un avant-goût du César d’honneur qui vous a été
remis en 2003 pour l’ensemble de votre extraordinaire carrière, qui inclut aussi des
talents et des réussites dans le domaine de la réalisation au cinéma – je pense, bien
sûr, à . Vincent mit l'âne dans un pré (et s'en vint dans l'autre) avec Fabrice
LUCHINI.
Toujours en mouvement, vous savez constamment vous renouveler et vous inspirez
les cinéastes de la jeune génération et leur offrez des rôles de composition très
marquants : je pense la mère abusive et chef de clan, – peut-être faut-il y voir une
évolution de la femme libérée…? – que vous campez de façon tellement
convaincante dans Prête-moi ta main d'Eric LARTIGAU, plébiscité par le public.
Signe, si besoin était, de l’ampleur de votre palette, ce rôle est presque aux
antipodes de la mère très sensible et très attentive que vous incarnez dans Les
Petites Vacances d’Olivier PEYON. Vous avez même composé avec une crédibilité
étonnante, dans La Première Etoile, une propriétaire raciste qui en découvrant que
ses locataires, emmenés par Firmine RICHARD, sont noirs, les accueille de cette
phrase embarrassée et inachevée : « Je ne savais pas que vous étiez… que vous
étiez… ».
En somme, vous révélez, d’un même mouvement, les élans de liberté et les points
de résistance de notre société, toujours avec la même gourmandise et la même
présence familière.
C’est pourquoi, j’ai tenu à vous rendre hommage ici, même je souhaiterais à la
formule officielle que je vais bientôt prononcer, que vous ajoutiez toutes mes
pensées les plus amicales et les plus affectueuses.
Chère Bernadette LAFONT, au nom du Président de la République, et en vertu des
pouvoirs qui nous sont conférés, nous vous faisons Officier dans l’ordre de la Légion
d’honneur.
Chère Mei Chen CHALAIS,
Je ne sais si vous-même ou votre mari, notre cher François CHALAIS, avez jamais
rencontré Bernadette LAFONT, mais j’imagine que CANNES, bien que surpeuplé en
certaines saisons, vous a plus d’une fois rapprochés et mis en relation.
Si je parle de François CHALAIS, c’est bien sûr parce que ce grand cinéphile, ce
grand critique, ce grand reporteur et grand passeur du cinéma, m’est resté très cher
par ses émissions cultes telles que Reflets de Cannes et Cinépanorama, et que j’ai
toujours dans l’oreille sa voix, son timbre et son phrasé si particuliers, qui resteront
attachés à l’esprit du festival et, plus généralement, de l’histoire de notre cinéma.
Si je parle de François CHALAIS, c’est aussi parce que votre vie est attachée à la
sienne, en toute fidélité comme en toute liberté, ce qui est au fond sa condition
même d’exercice. Cette fidélité, elle est double et pourtant elle est unique : c’est celle
qui vous lie, d’un même élan, à l’homme de votre vie et à votre pays d’origine, le
Vietnam.
Vous êtes une figure de l’Histoire entrelacée de la France et du Vietnam, jusque
dans votre destin, à la fois témoin et emblème de cette histoire douloureuse et
amoureuse, deux pays que vous portez dans votre sang, dans votre corps et votre
coeur, dans votre mémoire, et qui habitent, qui hantent parfois vos écrits et vos films :
vous êtes comme une incarnation de cette rencontre entre deux cultures très
éloignées, qui se sont aimées mais aussi combattues, et qui ont gardé un lien très
fort dont vous êtes l’un des vivants symboles.
Tout ce patrimoine historique, lié à l’époque coloniale mais qui a aussi une portée
humaine plus profonde, vous le mettez en mots et en images avec talent, sensibilité,
nostalgie et parfois révolte, mais toujours avec une forme de piété et d’émotion qui
en sont la source vive.
Une piété pour votre pays, que vous évoquez dans La Licorne des rizières et dans
L’Enfant des rizières. Une piété pour votre mère, à laquelle vous avez dédié votre
film Vietnam, retour aux sources, qui raconte votre retour à Hanoï – comme un écho
lointain à celui d’ULYSSE retrouvant la fidèle PENELOPE. Une piété, je le disais,
pour votre mari, auteur notamment d’un mémorable reportage sur le Nord Vietnam,
en proie cette fois à la guerre avec les Américains. Je pense aussi son interview d’un
certain John MC CAIN, sur son lit d’hôpital au Vietnam : des images qui ont fait le
tour du monde des médias lors de la dernière campagne électorale aux USA, et
auquel apporte un singulier contrepoint votre récent documentaire sur Le pouvoir et
la séduction qui évoque notamment Barak et Michelle OBAMA…
Fidèle, vous avez su, pour rendre hommage à François CHALAIS et transmettre sa
mémoire, trouver la voie la plus inventive et la plus pertinente, en vous tournant
constamment vers l’avenir.
Je pense au Prix qui porte son nom et qui, depuis 1997, récompense chaque année,
pendant le Festival de Cannes, un réalisateur pour son talent de capter la réalité du
monde, comme savait si bien le faire François lui-même. C’est un prix attribué
toujours par un choix très judicieux, comme l’année dernière les Chats persans, et
que le ministère de la Culture et de la Communication a très à coeur d’encourager,
par l’intermédiaire du CNC.
Je pense aussi au Prix Les espoirs François-Chalais du jeune reporter, soutenu par
de grands groupes de presse, et qui récompense depuis 11 ans déjà, chaque année,
des jeunes talents dans cinq catégories : la photo, la presse écrite, la radio, la
télévision et le web – un choix d’avenir là encore, et qui ouvre des perspectives de
formation et de transmission en offrant un stage au sein des rédactions partenaires.
Cette mémoire de François CHALAIS, vous savez la faire vivre de toutes les
manières possibles, par l’écriture et par l’image comme dans François Chalais, la vie
comme un roman, votre premier film inspiré du roman éponyme, mais aussi par la
restauration de près de 200 émissions de François, en collaboration avec l’Institut
national de l’audiovisuel : car ses interviews des plus grandes stars et réalisateurs du
monde entier, désormais accessibles à chacun sur le site de l’INA, sont des
témoignages exceptionnels qui font partie de notre patrimoine culturel commun.
Vous avez d’ailleurs les yeux grand ouverts sur l’ensemble du monde, de ses réalités
et des personnalités qui l’ont marqué, comme en témoignent les quelque 150 films
documentaires et portraits que vous avez produits ou co-réalisés pour la télévision :
je pense notamment à celui que vous avez consacré récemment à Claude
CHABROL, dans lequel vous ne pouvez que croiser les pas de Bernadette
LAFONT…
C’est donc à cette oeuvre de mémoire, de fidélité et de création, à la fois ancrée dans
l’Histoire, pleinement inscrite dans le présent et tournée vers l’avenir, que j’ai voulu
ce soir rendre hommage.
Chère Mei Chen CHALAIS, au nom du Président de la République, et en vertu des
pouvoirs qui nous sont conférés, nous vous faisons Chevalier dans l’ordre de la
Légion d’honneur.
Chère Firmine RICHARD,
« Vous avez ce qui ne s’apprend pas », disait de vous Coline SERREAU, qui vous a
révélée il y a une vingtaine d’années dans cette très belle fable sociale
contemporaine de Romuald et Juliette pour notre plus grand bonheur. Car ce qui
ressort avant tout quand on vous regarde – sur un écran ou sur une scène de théâtre
– c’est votre généreuse spontanéité, le naturel chaleureux de la « bonne maman »
que vous savez incarner à merveille. C’est aussi votre tempérament, marqué par le
soleil de la Guadeloupe où vous avez vu le jour, et qui fait de vous une actrice
atypique, populaire et engagée dans le monde du cinéma français, mais aussi dans
notre société.
Vous êtes aujourd’hui une ambassadrice de l’Outre-Mer en métropole, où vous êtes
venue travailler dès 18 ans dans les services publics des PTT et de la RATP – vous
fîtes ainsi la découverte de Paris, mais aussi de la montagne, en tant que monitrice
de ski : qui eût dit alors que cette expérience vous servirait pour tenir le premier rôle
dans votre dernier grand succès en salle, l’année dernière, La Première étoile, qui
attira plus d’un million et demi de spectateurs ? Après un « retour au pays natal » en
1979, vous avez continué à venir régulièrement à Paris, et la fortune vous a souri et
fait commencer une carrière de star – car vous êtes devenue une star, Chère
Firmine RICHARD, aussi modeste que vous soyez et surtout que vous soyez restée ;
ou, si vous préférez, « une star qui s’ignore », ainsi que le disait Danièle DARRIEUX
qui fut avec vous une de ces 8 femmes sublimées par François OZON en 2002.
Je crois savoir que vous ne croyez pas au hasard. Néanmoins, votre parcours a été
marqué par de bonnes surprises, tardives mais ô combien méritées. Car depuis
1988, vous êtes devenue une figure populaire, attachante et complexe à la fois. A
travers vous, c’est la femme noire, maternelle et sémillante, qui est apparue dans un
univers jusque là pour le moins peu accessible. Et cela, sans renier vos origines,
votre accent si savoureux, ni votre regard parfois ironique sur la réalité de la
« diversité ». De Juliette Bonaventure à « Bonne Maman » en passant par la bonne
Madame Chanel, on retrouve le même attachement à la famille, la même lutte, pleine
d’humour et de générosité, contre l’effacement des repères chez les enfants
partagés entre deux univers… Vous oeuvrez ainsi à la défense et illustration de la
culture antillaise, comme lorsqu’en 2005 vous avez joué au festival d’Avignon La
Noce chez les petits bourgeois… créoles d’après BRECHT.
En exhibant des clichés, en mettant à distance les réticences apeurées, les préjugés,
voire le racisme – comme le montre merveilleusement votre partenaire Bernadette
LAFONT avec le personnage de Madame Morgeot dont je parlais tout à l’heure -,
vous prouvez que l’on peut vivre et partager un même monde tout en vivant
pleinement son identité.
En égrenant ainsi quelques-unes des oeuvres dans lesquelles vous avez brillé, il en
ressort une palette merveilleusement variée, en genres et en tons. Après votre
premier succès cinématographique, vous partez aux Etats-Unis sur les conseils de
Daniel AUTEUIL pour vous initier au théâtre. Vous serez marquée par la « méthode
de Strasberg » dans la mesure où vous façonnez, depuis vos débuts, vos
personnages à partir de votre sensibilité intuitive. De retour en France, votre
prestation dans Roberto Zucco de KOLTÈS en 1991 est très justement remarquée.
Parallèlement, vous avez tourné dans une vingtaine de longs métrages, mais aussi
dans des courts-métrages et des séries télévisées telles que La Kiné ou Le Grand
Patron aux côtés de Francis HUSTER, au tournant des années 2000. Si l’on vous
présente souvent comme une actrice comique, vous avez également joué des rôles
plus dramatiques : je pense par exemple à la mise en scène, par l’auteure
guadeloupéenne contemporaine Gerty DAMBURY, de sa pièce Trames à l’automne
2008, sur la condition des femmes antillaises, dans laquelle vous vous êtes illustrée.
Car vous êtes une artiste engagée, en tant que femme, qu’Antillaise, et maintenant
en tant qu’élue de la République ! Vous aviez déjà travaillé en Guadeloupe au
Conseil Régional de 1979 à 1988, jusqu’à ce que vous en démissionniez pour
entamer une brillante carrière artistique. Mais vous êtes aussi conseillère municipale
du 19e arrondissement et membre du Conseil de Paris : votre récente entrée dans le
forum politique est à l’évidence une suite logique de votre parcours non-conformiste,
la continuation du combat social par d’autres moyens.
Je tiens aussi à souligner votre mobilisation comme marraine de l’association « Les
Toiles enchantées », qui oeuvre à la diffusion de la culture dans le monde
hospitalier : c’est là un enjeu cher au ministère de la Culture.
Quand il s’agit de coeur, vous répondez présente, comme vous en avez donné la
preuve encore récemment, pour la catastrophe qui a frappé Haïti, et en particulier
lors du concert de samedi dernier au Zénith. Soyez-en chaleureusement remerciée.
Comme Bernadette LAFONT, comme Mei Chen CHALAIS, mais d’une manière qui
n’appartient qu’à vous, vous savez inventer et faire vivre la femme contemporaine, à
la fois par vos rôles, et par votre engagement dans la Cité, portée par la force de vos
convictions, au service de tous et de chacun. C’est cette contribution exemplaire à la
vie de notre cinéma et la qualité de notre vivre-ensemble que j’ai voulu récompenser
aujourd’hui.
Chère Firmine RICHARD, au nom du Président de la République, et en vertu des
pouvoirs qui nous sont conférés, nous vous faisons chevalier dans l’ordre de la Légion
d’honneur.