Monsieur le Président, Cher Bernard Accoyer,Madame la Ministre, chère Marie-Luce Penchard,Monsieur le Commissaire de l’Année des outre-mer français, cher DanielMaximin,Mesdames et messieurs,Chers amis,

L’Outre-mer constitue pour le territoire métropolitain un laboratoire et un
apport inestimable en matière culturelle. Par leur histoire sociale et
culturelle, les territoires ultramarins nous éclairent sur le considérable
enrichissement que la diversité culturelle peut jouer dans le développement
d’une société, notamment en faisant émerger des formes artistiques
nouvelles, dans une société plus ouverte. Les diverses expressions
artistiques qui s’affirment avec dynamisme en Outre-mer apportent une
contribution essentielle au pluralisme esthétique de notre pays : les
phénomènes de créolisation, le dialogue permanent entre la tradition et la
création, la richesse du patrimoine culturel immatériel impliqué illustrent
cette spécificité

Pour l’ensemble de ces raisons, j’ai souhaité faire de l’Outre-mer l’une des
principales priorités de mon action, en y mettant toute l’ambition politique
nécessaire. Dans le droit-fil des orientations énoncées par le Président de
la République lors du Conseil Interministériel de l’Outre-mer du 6
novembre 2009, j’ai souhaité renouveler profondément les modes d’actions
du ministère de la Culture et de la Communication dans ces territoires, en
opérant un véritablement « décentrement du regard » pour mieux prendre
en compte les caractéristiques propres à chacun de ces territoires et ne
pas appliquer de manières uniforme des modes opératoires qui sont
souvent peu adaptés aux réalités locales.

J’ai déjà eu l’occasion d’annoncer à plusieurs reprises les principales
lignes de force de mon plan d’action pour l’Outre-mer. Il s’appuiera sur une
réflexion commune avec les collectivités territoriales de manière à mieux
organiser le développement culturel de l’Outre-mer, en misant notamment
sur
- la formation, essentielle pour développer les potentiels très importants
des femmes et des hommes qui y vivent,
- la valorisation des patrimoines, matériels et immatériels,
- le développement de la lecture et des bibliothèques
- la construction de nouveaux équipements culturels emblématiques des
richesses et des spécificités des outre-mer.

J’ai souhaité faire un effort budgétaire supplémentaire pour l’Outre-mer dès
2010 de 7 millions d’euros. Cet effort a été reconduit en 2011. Le plan
d’action passe également par des mesures relatives à l’amélioration de
l’offre audiovisuelle en Outre-mer. Ces mesures représentent un effort de
42 M€ en 2011.

Je serai très présent sur les territoires ultramarins en 2011, car après mes
déplacements aux Antilles et en Guyane en 2010, je prévois de me rendre
prochainement à la Réunion et à Mayotte, ainsi qu’en Nouvelle-Calédonie.

Je l’ai fortement souligné lors de la conférence de presse de lancement de
l’année des outre mer le 12 janvier dernier, l’enjeu de cette année 2011
des Outre-mer qui est de créer des « points de non retour », pour garantir
une inscription durable dans la vie culturelle métropolitaine des arts et
cultures de l’outre-mer. C’est pour cela que le Président de la République,
dans le cadre du Conseil Interministériel de l’Outre-mer, a décidé de la
création d’une agence de promotion de la culture ultramarine en
métropole, sur laquelle Marie-Luce Penchard et moi-même travaillons
activement. Nous aurons l’occasion de vous en parler dans les mois qui
viennent.

Je voudrai remercier Mme Penchard pour la qualité des relations de travail
qui nous unissent et qui sont précieuses pour relever le défi d’une autre
façon de conduire la politique culturelle nationale en Outre-mer.
Afin de préparer cette présence pérenne de la culture ultramarine au sein
de nos institutions et manifestations métropolitaines, l’année des Outremer
nous donne une magnifique opportunité pour favoriser les
sensibilisations et les découvertes, susciter une prise de conscience chez
nos concitoyens et dans l’ensemble des professionnels de la culture. Je
m’emploierai tout au long de cette année à porter de manière significative
cette ambition durable, vis-à-vis de mon administration et des
établissements publics du ministère - car il s’agit vraiment à mes yeux d’un
enjeu majeur.

Je tiens à féliciter Daniel Maximin et son équipe pour la richesse et la
pertinence du volet culturel du programme. Je tiens également à remercier
tous les partenaires de cette année, les élus, les acteurs culturels, les
associations, les mécènes, qui ont permis par leur engagement et leur
conviction de rendre plusieurs des manifestations possibles.

Les lumières de l’Outre-mer : quelle belle métaphore pour figurer les
richesses artistiques et les « phares » que constituent les artistes et les
héritages culturels ultramarins.

Je pense bien sûr à Aimé Césaire, et l’hommage qui lui sera rendu par la
République au Panthéon, en avril prochain, constituera un moment majeur
de cette année.

Je pense à cette littérature ultramarine si vivante, si présente, si lue en
métropole, à ces écrivains majeurs de notre littérature, qui inspirent et
influencent de jeunes générations.

Je ne voudrai pas oublier la musique d’outremer, et ses différentes formes,
notamment le Maloya, inscrit au patrimoine immatériel de l’UNESCO en
2009.
Je citerai aussi les arts plastiques qui connaissent un véritable essor en
outre-mer.

Enfin le patrimoine linguistique, avec une richesse très importante de
langues dans les différents territoires, auxquelles le ministère de la culture
et de la communication consacrera des Etats Généraux du multilinguisme
fin 2011.

Pour mieux faire connaître cette profusion artistique et culturelle, plusieurs
des grands établissements et grandes manifestations soutenus par le
ministère de la culture et de la communication vont s’impliquer fortement
dans l’année de l’outre-mer.

Les grandes manifestations nationales organisées par le Ministère de la
Culture et de la Communication, notamment la Fête de la Musique ou la
Nuit des Musées seront cette année consacrées à l’outre-mer.

Ce seront autant de lumières et de foyers vibrants de cette ouverture au
monde, de cet accueil de la diversité qui donne sa singularité à l’année
des outre-mer. Comme le dit le poète Edouard Glissant, « j’écris en
présence de toutes les langues du monde ». Je suis persuadé que la
valorisation des cultures de l’Outre-mer, est une manière de souligner
l’atout et la chance que représente pour la France le fait d’être aujourd’hui
un « pays-monde », riche de sa diversité et de ses cultures. C’est aussi
une manière de diffuser ces lumières dont Paul Gauguin sut mieux que
quiconque faire vibrer les tonalités et dont, aujourd’hui, Patrick
Chamoiseau, Raphaël Confiant et bien d’autres sont les « porteurs de
paroles ».

Je vous remercie.