Monsieur le Président de l’Association des Maires de France (AMF), cherJacques PELISSARD, Monsieur le Président du CSMP, cher Jean-Pierre ROGER, Chers ami(e)s,

Un kiosque ou un diffuseur de presse qui ouvre, c’est un acteur du lien
social qui se crée ou qui renaît, c’est un lieu de sociabilité et de rencontres
auquel on donne vie, c’est une chance que l’on donne pour l’exercice de la
démocratie. Vous l’aurez compris, la signature de cette convention revêt à
mes yeux une signification culturelle et politique : dans l’ère de « l’entre
soi » souvent pointée par les travaux des sociologues, dans une « société
des écrans », c’est un signal fort en faveur de l’écrit et de la relation sociale
de proximité qui est lancée.

Je me réjouis de vous réunir aujourd’hui pour la signature d’une convention
marquant l’engagement de mon ministère, celui des élus locaux à travers
l’Association des Maires de France (AMF), et de la profession réunie
autour du Conseil Supérieur des Messageries de Presse.

Cet engagement est l’aboutissement d’un travail de fond entrepris il y a
plus d’un an, à l’issue des Etats généraux de la presse écrite. Il répond à
l’une des préoccupations exprimées alors par le Président de la
République en matière d’accès à l’information et de diffusion de la presse.
Grâce au dynamisme de Mediakiosk, le réseau de kiosques a connu ces
dernières années un net regain d’activité. Près de 70 kiosques ont été
ouverts depuis 2007. Sur la seule année 2010, on dénombre pas moins de
33 nouvelles implantations. Le renouveau du réseau parisien, qui compte
aujourd’hui 341 kiosques ouverts au public, contre 268 en 2005 contribue à
donner l’exemple à l’ensemble des communes de France.

Le kiosque de presse connaît une belle embellie au moment où l’ensemble
du réseau des diffuseurs peine encore à se stabiliser, au moment où les
conditions d’exercice du métier n’ont pas encore trouvé le point d’équilibre
souhaité à l’issue des Etats généraux. Le métier de diffuseur souffre de
l’érosion des ventes, il subit la concurrence de points de vente
complémentaires, qui n'ont pas la presse comme activité professionnelle
de référence. La période de mutation profonde que traverse la presse
remet en cause les équilibres historiques de la profession. C’est une phase
de transition que nous avons le devoir d’accompagner. Et parce qu’un
quartier sans marchand de journaux est un quartier sans vie, le ministère
de la Culture et de la Communication entend contribuer par tous les
moyens à la préservation et au développement du réseau.

C’est pourquoi j’ai décidé de reconduire il y a quelques semaines une aide
exceptionnelle destinée à 8.000 diffuseurs de presse spécialisés, pour un
montant de plus de 12 M , soit une enveloppe € individuelle moyenne qui
avoisinera 1500 €, en fonction du degré de spécialisation du bénéficiaire.

Toutefois, il est important que ce soutien budgétaire s’accompagne de
mesures durables. C’est le sens de la modernisation annoncée de la
régulation de la branche, c’est le sens des efforts que nous avons
consacré au redressement de Presstalis au travers du renforcement des
aides à la distribution des quotidiens nationaux. L’engagement du
gouvernement en faveur du développement des kiosques de presse
s’inscrit dans cette même logique.

Dans un contexte général de profondes réformes, le mouvement de
relance des kiosques est amorcé et je souhaite, avec vous, grâce à notre
engagement commun, lui apporter la garantie d’un ancrage à long terme.

Car la présence des kiosques est une réponse significative à la crise des
commerces de proximité, et notamment de celle des commerces culturels
qui subissent la pression grandissante des prix du foncier, notamment
dans les centres villes. Le kiosque, par nature, contourne non seulement
cette difficulté ; par ailleurs – grâce à un modèle économique diversifié
soutenu par l’affichage - il résiste habilement à la baisse des ventes de
presse enregistrées ces deux dernières années.

Notre objectif est ambitieux, je le crois toutefois réalisable. Il consiste à
installer plus de 300 nouveaux kiosques sur l'ensemble du territoire
national en trois ans, soit une progression de près de 40 %. Les objectifs
que nous nous sommes fixés sont clairs et peuvent être résumés en trois
points :
1.d’une part, il s’agit d’améliorer la situation générale des kiosquiers, qui
ont le statut de travailleur indépendant et qui, vous le savez, travaillent
souvent dans des conditions difficiles. Il faut consolider le modèle
économique du kiosquier et rendre le métier plus attractif. C’est un objectif
partagé avec tout le réseau des diffuseurs spécialisés.
2.d’autre part, je souhaite, comme le Président de la République l’avait
évoqué à l’issue des Etats généraux, une clarification et une simplification
des procédures d’installation des kiosques. Cette clarification du régime
d'occupation du domaine public doit aboutir à la publication d’une charte
d’information diffusée par l’AMF à l’ensemble de ses adhérents, en
collaboration avec le Conseil supérieur des Messageries de Presse
(CSMP). Pour véritablement séduire les collectivités locales, nous devons
nous appuyer sur des procédures d'installation lisibles, homogènes,
libérées des obstacles qui ralentissent encore trop souvent l’instruction
des dossiers, quand elles ne découragent pas les communes candidates.
3.enfin un plan de financement faisant en partie appel à la contribution
publique doit être mis en oeuvre afin d’accélérer le déploiement du réseau.

Les travaux des groupes de réflexion qui a réuni l’AMF, le CSMP, et le
ministère de la Culture et de la Communication, ont déjà permis d’avancer
sur la voie d’une simplification des procédures qui devrait se traduire par
un aménagement souhaitable du cadre législatif. Ils ont également permis
de définir le cadre général du plan de financement nécessaire au
déploiement des 300 nouveaux kiosques. J’ai proposé qu’une partie du
financement soit assuré grâce aux crédits du Fonds de modernisation de la
presse quotidienne, le FDM. Je tiens à remercier les éditeurs qui ont déjà
contribué, en 2010, à financer la première phase d’un projet qui sera, je le
souhaite, renouvelé au cours des deux prochaines années.

La signature de cette convention formalise et consolide nos premières
initiatives. C’est une étape importante. Elle me donne l’occasion de
rappeler toute l’importance que j’attache au métier de kiosquier, une
profession qui assure, dans de nombreux quartiers, un lien social pour
toute la communauté et un lieu de dialogue pour de nombreuses
personnes isolées, notamment les personnes âgées. Il est donc de notre
devoir de d’accompagner, préserver et valoriser ce métier qui participe non
seulement à l’attractivité des quartiers et des territoires, mais aussi à la
diversité d’accès à l’information et au pluralisme de la presse dans notre
pays.

C’est pourquoi je remercie chaleureusement le Président Jacques
PELISSARD ainsi que le Président Jean-Pierre ROGER pour leur
engagement au côté de mon ministère. Je tiens aussi à saluer la
contribution des éditeurs de presse qui ont permis à cette convention de
voir le jour.

Cette signature traduit, chacun le sent, l’attachement
des pouvoirs publics, et le mien en particulier, à ce métier qui sert de
ciment et de lien entre les habitants, ce métier qui peut aussi bien faire
étalage des « manchettes menaçantes » des quotidiens décrites par Roger
Martin du Gard dans Les Thibault en même temps que faire naître de
belles vocations littéraires, à l’image du talentueux Jean Rouault.

Je vous remercie.