Le 11 février, en présence de Frédéric Mitterrand, le tableau d’Edgar Degas Les Blanchisseuses ou Blanchisseuses souffrant des dents a été officiellement remis à l’Etat. Ce tableau, volé au Havre en 1973, a été retrouvé à New York en 2010 et restitué grâce à l’aide des autorités américaines.

Le coup d’œil de l’amateur. Frédéric Mitterrand s’est félicité, lors de la restitution officielle le 11 février, du retour sur le territoire français du tableau d’Edgar Degas, intitulé Les Blanchisseuses ou Blanchisseuses souffrant des dents, déposé par l’État en 1961 au musée Malraux du Havre et volé en décembre 1973. Repéré par un amateur d’art français dans un catalogue de vente de Sotheby’s à New-York, le tableau est aussitôt retiré de la vente prévue le 3 décembre dernier et restitué à l’État français par le détenteur américain.
Après un examen scientifique réalisé par le Centre de recherche et de restauration des musées de France (C2RMF), l’œuvre de Degas retrouvera les cimaises du musée Malraux à l’occasion de la commémoration du cinquantenaire du musée à l’automne 2011

Une collaboration exemplaire. Le Ministre a vivement remercié l’amateur qui a signalé l’œuvre, la société Sotheby’s pour son efficace médiation ainsi que le détenteur américain pour son geste accompli en faveur des musées français (il a accepté le principe d’une restitution sans contrepartie). Frédéric Mitterrand a salué également la collaboration exemplaire entre les autorités américaines (douanes, justice et bureau de liaison Interpol), l’Ambassade de France aux États-Unis, l’OCBC (Office central de lutte contre le trafic des biens culturels) et les équipes de la direction générale des patrimoines, en particulier le service des musées de France, qui a permis le retour de cette œuvre dans les collections de l’État.

Une priorité. Lors de la cérémonie de restitution du tableau, Frédéric Mitterrand a rappelé que la prévention des vols dans les musées et la lutte contre le trafic illicite des biens culturels est une priorité de l’action du ministère de la Culture et de la Communication. C’est par une action constante et concertée entre tous les acteurs que sont rendus possibles des retours d’oeuvres dans les collections nationales comme celui qui est célébré en ce 11 février.

Les collections du Musée d’Art moderne André Malraux. Constituées à partir de 1845, les collections du musée ont d’abord été un reflet fidèle des différentes écoles de peinture européenne depuis la Renaissance. Au tournant du XXe siècle, à la suite de plusieurs dons et legs importants, le musée devient un haut lieu de l’impressionnisme et du fauvisme.
En 1900, le frère d’Eugène Boudin donne à la Ville du Havre le fonds d’atelier de l’artiste, soit 224 esquisses peintes sur toile, carton, panneau de bois. La Ville du Havre achète ensuite très tôt des oeuvres à Pissarro et à Claude Monet. Ce fonds est enrichi en 1936 par le legs de Charles-Auguste Marande. Avec 63 peintures, 25 dessins et une sculpture, ce sont de nouvelles pièces impressionnistes (Renoir, Monet, Pissarro), mais surtout des oeuvres fauves qui font leur entrée dans les collections du musée (Marquet, Kees van Dongen, Camoin).
En 1963, la veuve de Raoul Dufy lègue à la Ville du Havre, dont est originaire l’artiste, un ensemble de 70 oeuvres de son mari.. Enfin, en 2004, le musée Malraux se voit offrir, par donation d’Hélène Senn-Foulds, l’extraordinaire collection de son grand-père, composée d’œuvres de Courbet, Delacroix, Corot, Renoir, Sisley, Monet, Pissarro, Guillaumin, Degas….