Monsieur le Préfet, Cher Francis Lamy,Monsieur le Député-Maire, cher Bernard Brochand,Monsieur le Président du Conseil Régional, Cher Michel Vauzelle,Monsieur le Président du Conseil Général, Cher Eric Ciotti,Monsieur le Président de la SEMEC, Cher David Lisnard,Mesdames et messieurs,Chers ami(e)s,

La petite cérémonie qui nous réunit ce matin est pour moi d’abord la
première et heureuse issue d’un projet à la fois ambitieux et indispensable,
dont la paternité et l’initiative reviennent entièrement à Bernard Brochand
et à ses équipes.
Il y a quatre ans, le maire de Cannes a en effet eu la volonté d’engager un
projet de rénovation du Palais des Festival devenu nécessaire pour de
nombreuses raisons.
Celle d’abord de la place et du rayonnement de Cannes à l’échelle
internationale qu’il s’agit après avoir, année après année, depuis mai 1946,
accueilli sur ses rivages et dans son site exceptionnel - où tant d’artistes et
de créateurs ont élu résidence - le plus grand festival de cinéma du Monde.
Cette manifestation, pourtant éphémère, mais qui connaît chaque année
une vitalité éclatante, a érigé Cannes en capitale mondiale du cinéma. Je
souhaite rendre hommage à tous ceux qui ont patiemment construit le
prestige inimitable et inimité du Festival : Robert Favre Le Bret, Maurice
Bessy, Pierre Viot et, bien sûr, Gilles Jacob. Peu à peu, le Festival s’est
enrichi, il s’est renforcé grâce aux géniales déclinaisons inventées par
Bernard Chevry : le Mip-TV puis le Midem, qui ont ainsi fait de Cannes la
ville-musique, puis la ville–télévision, brassant non plus seulement des
festivaliers mais aussi des congressistes. A l’image de ce qui s’était fait
pour le marché du film adossé au Festival, la culture et l’économie,
nullement antagonistes, se sont nourries l’une de l’autre. Cannes en est
d’ailleurs l’illustration vivante car le Festival, qui célèbre plus que tout autre
le cinéma comme un art, est aussi un formidable créateur d’emplois,
d’activités et de revenus pour la ville, ses populations et au delà bien sûr,
pour le département et la région.
Ensuite d’autres manifestations ont été créées, nourries par l’idée selon
laquelle la magie inhérente au Festival tenait aussi à la beauté du site, à
l’élégance architecturale de Cannes, à la qualité d’accueil des habitants de
la ville. Cannes est ainsi devenue la ville rêvée pour accueillir les congrès
et les grandes manifestations internationales.
C’est ce rang que Cannes se doit désormais de conserver dans un climat
de compétition internationale accrue pour organiser congrès et
manifestations. D’autres sites, qui peuvent pourtant difficilement rivaliser
avec la beauté et l’agrément du croissant cannois, ont décidé de miser sur
les infrastructures. Car les grandes manifestations internationales drainent
de plus en plus de participants. Le Festival international du film lui même a
des besoins croissants.
C’est ce phénomène et cette attente que vous avez parfaitement perçus,
Cher Bernard, et vous en avez fait une priorité absolue de votre
mandature, soucieux que vous êtes de projeter Cannes dans l’avenir et
dans les grands défis du XXIe siècle.
Cet avenir, c’est un Palais des Festivals à l’architecture embellie, par
l’imagination d’un authentique architecte du cinéma, Jean-Michel
Wilmotte. Il s’agit de faire en sorte que le rituel immuable de la projection
cannoise demeure un moment rare, privilégié pour l’oeuvre et son
réalisateur, qu’il offre également des conditions de confort
exceptionnelles, je dirais même presque non répétables, pour le public.
En d’autres termes, préserver « l’aura » au sens propre du terme de la
première projection cannoise, qui sera ensuite à l’origine du désir suscité
par le film auprès de millions de spectateurs dans le monde entier. Ce
rituel, c’est aussi l’architecture du Palais qui le rend possible : c’est
pourquoi l’embellissement et la mise aux normes du palais sont des
enjeux artistiques, des enjeux placés au service du cinéma, comme lieu
d’émotions collectives et si singulières.
Mais il y a également l’enjeu qui consiste à donner à Cannes un palais
des festivals digne de rivaliser avec ses concurrents pour les autres
manifestations qu’il est susceptible d’abriter.
C’est la première étape de ce beau projet que nous inaugurons
aujourd’hui avec la rénovation de « Debussy », réceptacle si singulier de
la section « Un certain regard », là ou se révèlent les talents du cinéma de
demain. C’est une réussite et je tiens à en féliciter tous ceux qui ont
contribué, dans des conditions difficiles, du fait des contraintes imposées
par le calendrier des manifestations cannoises. Je sais que d’autres
rénovations – moins visibles - ont été entreprises, mais on sait, depuis
Melodie en sous-sol que les Palais cannois recèlent des espaces cachés
dont l’importance peut s’avérer décisive…
Je voudrais aussi rendre hommage au courage et à la détermination qui
ont été celles de Bernard Brochand. Le vaste plan de rénovation qu’il a
conçu avec David Lisnard et ses équipes va s’étaler sur plusieurs années,
comme cela a été rappelé. Il n’est pas facile de le mettre en oeuvre ; c’est
une entreprise exigeante et courageuse. Les contraintes sont multiples :
celles de l’espace, si rare sur cette belle et fine bordure littorale ; celles
du temps, je l’ai dit, afin que les travaux ne gênent ni n’interrompent les
manifestations programmées.
Il y a eu aussi, et notre assemblée en témoigne aujourd’hui, sa formidable
capacité à rassembler et à convaincre tous les partenaires financiers
réunis autours de ce projet : Conseil général, Conseil régional, Etat, qui
tous concourent, aux cotés de la ville, à cette belle entreprise. J’ajouterais
cher Bernard [Brochand] - et ceci témoigne particulièrement de votre
engagement sans pareil pour la ville dont vous êtes l’élu et pour les
habitants qui vous ont accordé leur confiance, - vous avez toujours été,
dans ce dossier, particulièrement soucieux de préserver les intérêts de la
ville de Cannes, propriétaire du Palais, refusant – ce qui aurait sans doute
été plus facile - de les céder à des opérateurs extérieurs ou privés.
Pour toutes ces raisons, je suis particulièrement fier et qu’au nom de l’Etat
qui s’engage à hauteur de 20 millions d’euros sur ce projet, le Ministère de
la Culture et de la Communication ait activement contribué aux
financements de ces premières tranches de travaux. Soyez assuré que
vous me trouverez toujours à vos côtés pour la suite de ce beau et
ambitieux projet, dont j’estime qu’il contribue pleinement à faire de la
France le « pays du cinéma ».
Je vous remercie.