Messieurs les Ministres,Monsieur le Président du Conservatoire national supérieur de musique etde danse de Paris, cher Rémy Pflimlin,Madame la Vice-Présidente, chère Brigitte Lefèvre,Monsieur le Directeur, cher Bruno Mantovani,Mesdames et Messieurs,Chers amis,

Plus d’un siècle à l’Hôtel des Menus-Plaisirs au Faubourg Poissonnière, 80
ans rue de Madrid, et déjà 20 ans à La Villette : trois lieux parisiens qui on
marqué le brillant parcours, depuis sa création après Thermidor, de votre
prestigieuse institution.
Il y a donc 20 ans exactement, le Président François Mitterrand inaugurait
ce projet pour le site de La Villette qui lui tenait à coeur depuis les débuts
de son premier mandat. Depuis lors, le Conservatoire a bénéficié, dans
des locaux mieux adaptés, d’une dynamique nouvelle, bénéficiant des
liens avec la Cité de la Musique, l’ensemble intercontemporain et le Centre
national de la danse, et axée sur la diversification des enseignements ainsi
que sur l’ouverture au monde professionnel.
Avec l’arrivée de la jeunesse, de l’imagination, de la dynamique et de la
renommée internationale en la personne de Bruno Mantovani, le
Conservatoire a toutes les cartes en main pour poursuivre sa
modernisation et renforcer ses missions. Ces défis, cher Bruno, j’ai
pleinement confiance en vous, comme vous le savez, pour les relever,
avec à vos côtés François Laurent, dont je connais bien les éminentes
qualités professionnelles et humaines, Daniel Agésilas pour le
département des études chorégraphiques, et l’ensemble de vos équipes.
Je ne voudrais pas empiéter sur la magnifique programmation musicale et
chorégraphique que vous nous offrez ce soir pour cet anniversaire, et qui
parle d’elle-même. Néanmoins, si l’on veut faire un bilan très rapide des 20
ans qui viennent de s’écouler pour le Conservatoire, je commencerai bien
sûr par l’évolution profonde de son enseignement. De fait, cet
établissement d’enseignement supérieur emblématique, pour la musique
comme pour la danse, pour les métiers de la création comme pour ceux de
l’enseignement, qui a formé tant d’artistes reconnus, a su pleinement
s’adapter aux évolutions du contexte de l’enseignement supérieur de ces
dernières années, en lien et en complémentarité avec l’université.
Aujourd’hui, les étudiants du Conservatoire se sont pleinement approprié
cette redéfinition de leur parcours. La mise en place progressive des 3
niveaux LMD (licence-maîtrise-doctorat) garantit, à chacun de ces niveaux
de formation, la reconnaissance et la visibilité dont ces étudiants auront
besoin dans leur vie professionnelle.
Vous le savez, l’Enseignement supérieur a récemment reconnu le diplôme
du conservatoire en musique comme valant grade de master, après une
évaluation très positive de l’AERES. C’est là une forme de reconnaissance
que j’ai, avec ma collègue Valérie Pécresse, saluée. Les écoles d’art sont
actuellement soumises à ce processus, et je me réjouis de voir
progressivement l’enseignement supérieur artistique combiner
reconnaissance de ses spécificités et reconnaissance de sa valeur et de
son niveau - même s’il reste encore un peu de chemin à parcourir au
niveau de la recherche.
L’enseignement supérieur s’inscrit désormais, et c’est un processus encore
en devenir, dans des logiques partenariales, qu’il vous appartient de
développer : avec l’université, je le disais à l’instant, mais aussi bien sûr
avec le CNSMD de Lyon et avec les autres écoles supérieures, de
musique, de danse, de théâtre, d’arts plastiques, … Il importe que les
complémentarités pédagogiques et artistiques jouent pleinement, afin que
les étudiants soient armés pour des carrières qui leur feront rencontrer des
modes d’expression souvent croisés.
Cette transition vers le format LMD participe aussi de la reconnaissance
internationale du Conservatoire, puisque les gains en visibilité pour les
cursus que vous proposez s’inscrivent dans le processus de Bologne, afin
de structurer l’espace européen de l’enseignement supérieur. Cette
visibilité, vous avez tout le prestige et la notoriété pour pouvoir
l’accroître encore ; reste donc à achever ce mouvement de mise en forme,
et à multiplier les initiatives de partenariats et de projets, afin d’inscrire
votre action dans des réseaux durables, au niveau européen notamment.
La modernisation du Conservatoire, c’est aussi la poursuite de la
professionnalisation des cursus et l’amélioration de l’insertion, par des
expériences diversifiées, y compris des stages en milieu professionnel,
comme l’enseignement supérieur le développe dans les autres secteurs.
Sur ces divers chantiers, la dynamique est bien lancée et je suis sûr, cher
Bruno, que vous saurez la poursuivre et l’approfondir avec vos équipes.
Ces équipes, je souhaiterais leur rendre hommage. Le personnel du
Conservatoire accompagne en effet ces multiples transitions qui appellent
des efforts importants en matière de changement des modes de gestion, et
je suis pleinement conscient de la charge assumée et de la qualité du
travail que vous effectuez dans ce domaine.
Pour finir, je voudrais saluer aussi la tâche remarquable accomplie par les
enseignants de ce lieu prestigieux, que je sais fortement impliqués dans
toutes les évolutions passées et à venir. Pour beaucoup d’entre vous, vous
êtes également des artistes très reconnus, et vous réussissez l’impossible
en conciliant ce que cela exige en termes de répétitions et d’engagements
multiples, et de l’autre votre travail pédagogique. Vous faites preuve en
cela d’une implication qui ne peut que susciter l’admiration. Vous êtes,
avec les jeunes talents que vous aidez à s’épanouir, les forces vives qui
donnent à cet établissement tout son rayonnement.
Je vous remercie.