Alors que le Sénat a adopté, en juillet 2019, le texte de loi portant création du Centre National de la Musique (CNM), Florence Forin, conseillère musiques et danse à la DRAC Grand Est, revient sur l'histoire des politiques publiques en faveur des musiques actuelles et sur les enjeux de la création de ce nouvel établissement public pour la filière.

Consacrées dans le discours politique au début des années 1980, les musiques actuelles se sont structurées de manière totalement novatrice au fil des ans, en particulier dans la mise en œuvre, toujours plus partagée entre partenaires publics et acteurs (entendus comme responsables de lieux, associations et entreprises) d’une politique visant tant à l’organisation de l’apprentissage et de l’accompagnement, qu’à la production et à la diffusion, qui a abouti à l’augmentation progressive des financements publics dédiés à des lieux spécifiques.

Ainsi, une carte est-elle née au fur et à mesure, d’abord avec les cafés musiques puis avec les SMAC (scènes de musiques actuelles)1.

On peut dire qu’il s’agit d’une énième particularité de la France que d’avoir réussi à construire un consensus autour de ces musiques, très longtemps considérées comme relevant majoritairement du secteur commercial (ce fut aussi le cas des musiques classiques, avant la création de la Direction de la musique au ministère en 1966).

L’adoption le 9 juillet 2019 au Sénat du texte de loi portant création du Centre National de la Musique (CNM) provoque de nouveaux questionnements parmi les collectivités territoriales et les différents acteurs, ce qui obligera rapidement chacun à se repositionner en profondeur.

Bien que ce nouvel établissement public soit destiné à toutes les esthétiques musicales, l’attention se focalise en effet sur les musiques actuelles, qui représentent un secteur résolument varié, mettant en évidence une tension forte, une sorte de grand écart entre une action publique destinée au plus grand nombre et la question du profit économique. Les principaux éléments seront calés dans les prochains mois y compris dans le positionnement des DRAC dans leur lien avec cet établissement public.

Le but de ce texte est de décrypter les différentes phases de l’implantation de ces musiques dans les régions, en créant les différentes strates de l’équilibre actuel, celui-là même qui sera en évolution avec la naissance du CNM.

Retour sur 40 ans de politiques publiques en faveur des musiques actuelles

L’histoire des politiques publiques en faveur des musiques actuelles en France démarre donc en 1981, quand Jack Lang développe non seulement un discours mais aussi des financements à destination de ces musiques, ce qui n’alla pas de soi. En effet, les musiques actuelles étaient vues par beaucoup en opposition avec le secteur des musiques savantes, réputé économiquement non viable sans financement public conséquent. Le champ est large entre un tout lucratif et un service entièrement financé par de l’argent public. Les musiques actuelles plus ou moins financées par de l’argent public se situent dans cet espace, pour pouvoir développer les missions définies dans le label SMAC.

Si la situation d’aujourd’hui permet de dire qu’un grand chemin a été parcouru, les musiques actuelles sont encore déconsidérées d’un point de vue artistique. Car leur entrée parmi les musiques possiblement subventionnées a été mal vécu, en particulier par le secteur des musiques classiques, celles-ci ayant obtenu leur sésame avec l’abondement par l’État des financements importants des villes pour les opéras. La création d’un orchestre par région, suivant le plan Landowski, a confirmé cette tendance.

Le résultat se voit encore aujourd’hui : le secteur des musiques actuelles reste le moins financé et la reconnaissance d’État, liée à la décentralisation, n’a pas encore permis un rééquilibrage des appuis des collectivités territoriales, qui y voient malgré tout de plus en plus un vecteur de développement social et culturel et de visibilité, puisqu’il s’adresse à un grand nombre de personnes. Les musiques actuelles ont de fait définitivement opéré leur « prise de la Bastille », devenant une évidence incontournable dans les politiques publiques.

Définir les musiques actuelles

Mais de quoi parle-t-on ?

Le terme même de musiques actuelles a été arrêté à la fin des années 1990, puisqu’il était jusqu’alors question de musiques amplifiées, auxquelles ont été adjoints le jazz (pas toujours amplifié) et les musiques traditionnelles (qui ont beaucoup changé) pour constituer un grand tout éclectique et d’ailleurs de plus en plus trouble, avec de plus en plus d’influences entre ses différences esthétiques.

Les musiques actuelles flirtent aussi souvent avec les musiques improvisées et, de plus en plus, avec les musiques contemporaines. Les compositeurs n’ont plus forcément une formation académique, comme ce fut le cas très longtemps pour être légitime dans cette profession et dont le conservatoire de Paris semblait l’unique sésame. Cette sémantique large des musiques dites actuelles ne satisfait pas tout à fait mais elle a le mérite d’englober de nombreuses esthétiques et de s’ouvrir clairement sur un secteur extrêmement varié, constitué de métiers très différents, qui tous participent de la construction du secteur musical.

De fait, il paraît de plus en plus nécessaire de réussir à dépasser le vocable de musiques actuelles pour parler de musique (ou de musiques), malgré des usages encore extrêmement cloisonnés, y compris dans ce milieu et pas seulement par rapport aux musiques classiques.

Il s’agit donc principalement de tenir compte de la réalité des activités culturelles des Français et de s’adresser à plus de monde, de considérer ce qui appartient à des personnes souvent éloignées (dans tous les sens du terme) de l’offre culturelle traditionnelle. Et ce chemin, quel qu’il soit, met du temps à se construire, d’où l’importance des débats et les réflexions portées au sein de fédérations nationales2.
C’est par ce biais que les défenseurs de ces esthétiques rejoignent le plus facilement les droits culturels (on en parlera plus loin). Les musiques actuelles ont fait depuis quelques années seulement leur entrée dans le cadre universitaire, en sociologie bien sûr, mais aussi en musicologie.
De fait, ne voir qu’une intention sociale du ministère et des collectivités territoriales en faveur de politiques publiques autour des musiques actuelles serait réduire la portée réelle de ces esthétiques.

La question des industries culturelles

A côté de cette organisation en faveur d’une créativité repoussant les limites du classique, dans un univers porté vers l’indépendance du regard et des écoutes, se profile le monde économique, réuni dans ce qu’on appelle désormais, suivant une terminologie galvaudée et mal employée (nocive à terme au secteur des musiques actuelles), les industries culturelles.

Elles rassemblent tout, dans un champ très vaste, allant de la recherche la plus pointue à la variété, s’intéressant aux artistes mais aussi à tout l’encadrement (on parle de 360°, pour parler de l’amplitude la plus large pour englober le tout du spectacle, de l’artiste, aux managers en passant par la gestion des salles et la billetterie, ce qui n’est pas sans poser question sur les notions de diversité et de possibilités d’expression).

La question se pose de leur capacité à développer, en lien avec le secteur développé autour des financements publics dans les régions, ou bien à assécher, par un phénomène de concentration tant vertical qu’horizontal, qui peut légitimement inquiéter.

Le réseau des musiques actuelles

Avec les DRAC, en lien étroit avec les collectivités territoriales, la politique du ministère s’est construite sur le renforcement de lieux, qu’ils soient ou non labellisés. S’est ainsi édifié un secteur protéiforme, constitué de 85 lieux labellisés qui couvrent l’ensemble du pays1 et de presque autant de lieux dédiés à ces pratiques, ainsi qu’un nombre conséquent de festivals. Leur dimension et leur action se construisent en s’adaptant au territoire sur lequel ils se développent. Ils incarnent la marche la plus solide entre des pratiques, des ensembles en devenir et des professionnels en développement (producteurs, disquaires, tourneurs, etc.) avec le secteur lucratif qui, relié à des structures nationales comme le Bureau Export, assure une visibilité des productions françaises y compris au-delà des frontières. C’est une véritable réussite, qui permet de prendre en compte des pans entiers d’activités, auparavant totalement oubliés ou dénigrés, notamment des MJC.

De grandes différences sont à noter entre une activité liée à une ville ou une agglomération et une activité en milieu rural, de lieux (labellisés ou non) et de festivals qui ont pour intérêt de structurer progressivement un territoire autour d’eux. Leur développement est différencié : les festivals continuent bon an mal an à trouver dans leurs propres forces les moyens de leur subsistance, même si le soutien public devient de plus en plus nécessaire, par contre, les lieux, parfois issus d’un festival, ont besoin d’un appui plus important, afin de développer aussi, en plus de la création, tout un pan d’activité autour de l’action culturelle, devenue une marque des musiques actuelles.

Les schémas d’orientation des lieux de musiques actuelles

Récemment, l’entrée des droits culturels comme relevant d’une obligation au sein des politiques culturelles, notamment dans le cadre des labels, a permis de mettre en avant ce qui est véritablement constitutif de ces musiques et ce depuis bien longtemps, à travers des réflexions profondes sur le sens.

Les SOLIMA (schémas d’orientation des lieux de musiques actuelles) sont directement issus de ces réflexions ; ils sont généralement complexes à mettre en place, car il s’agit ni plus ni moins de construire autrement les interactions entre les uns et les autres sur un territoire, différent par nature de son voisin, permettant par la discussion de faire émerger les besoins et les réponses uniques à ces besoins.

Ces manières de co-construire sont difficilement comprises et on a vu souvent des SOLIMA se réduire à des listes de souhaits dont peu ont pu être effectivement discutés avec des élus, responsables de la dépense publique. Si certaines discussions se sont conclues par des impasses, ces SOLIMA ont malgré tout parfois donné lieu à de véritables réussites et surtout ont introduit subrepticement et de façon visionnaire un processus de discussions et d’échanges qui si envisagés sérieusement peut donner des résultats concrets.

Les centres de ressources de musiques actuelles

Parallèlement à ces lieux et festivals destinés à la pratique, à la création et à la diffusion des musiques, d’autres structures sont nées, parfois sous forme de centres de ressources, mis en œuvre diversement d’une région à l’autre et avec des missions différenciées, en fonction de l’intérêt des échelons territoriaux. Devenus des réseaux, voire parfois des pôles régionaux, ces centres de ressources se sont transformés jusqu'à devenir à certains endroits de véritables agences, à partir de fonds publics majoritairement distribués par les Drac et les régions.

Ces réseaux régionaux se sont développés en complémentarité avec les lieux, notamment les lieux labellisés, pour s’occuper de secteurs qui n’étaient pas suffisamment accompagnés à certains endroits. Ils tendent parfois à vouloir devenir l’interlocuteur privilégié (voire unique) de la puissance publique, à laquelle ils tendent de plus en plus souvent à vouloir se substituer. Dans un contexte de réforme territoriale, ils peinent à trouver une légitimité collectivement. Ce qui n’est pas évident pour la puissance publique étant donné par ailleurs le développement des services dédiés à la culture et donc aussi aux musiques actuelles au sein des régions.

Avec la naissance du CNM, ils se situent à l'intersection de diverses politiques, parmi lesquelles il n’est pas simple de les situer étant donné leur variété. Il est important malgré tout de laisser une place à toutes les expressions, même celles qui sont en opposition avec les politiques publiques, tout en privilégiant ce qui constitue la filière ou plutôt les filières, suivant la manière dont un territoire voudra renforcer le lien avec le secteur lucratif.

Le Centre national de la variété

Le CNV a été aussi issu d’une réflexion portée par le ministère de la Culture même s’il tend à s’en détacher pour répondre davantage à certains secteurs. Le CNV est un EP chargé de redistribuer les ressources issues de la taxe sur la billetterie des lieux de spectacle vivant.
Cet impôt est redistribué par deux biais : une partie (35%) par des commissions sectorielles (par exemple en faveur des festivals), la partie la plus conséquente étant constituée par le droit de tirage, un droit automatique qui fait revenir 65% des sommes prélevées en direction des structures redevables de la taxe (producteurs, lieux, festivals……) constituant ainsi une épargne « obligatoire » mobilisable par ces mêmes structures au besoin.

Sur le site du ministère de la Culture, il est indiqué : « Créé en 2002, le CNV a pour objet la gestion d’un fonds venant soutenir l’ensemble du secteur du spectacle vivant de variétés. Ce fonds, principalement alimenté par une taxe sur les spectacles de variétés, est destiné à améliorer les conditions d’activité du secteur et à favoriser le développement d’actions d’intérêt général. Depuis 2007, le ministère a par ailleurs confié au CNV la gestion de sa politique de résidences de création et d’action culturelle pour les musiques actuelles ».

La problématique de cet établissement public est qu’il a construit sa gouvernance en fonction de qui paye la taxe et non en fonction de l’intérêt de sa redistribution. Il s’agit d’une difficulté récurrente depuis le début, et la volonté affichée pour la construction en cours du CNM est d’éviter de rééditer cette erreur.

La création du Centre National de la Musique

La création du Centre National de la Musique (CNM) se fait à partir du CNV, auquel doivent s’adjoindre l’IRMA, le FCM, le Bureau Export et le Calife. Cela rouvre donc des réflexions pour se saisir des opportunités possibles d’un lieu reliant pleinement l’action du ministère au secteur lucratif et aux industries culturelles, avec une attention soutenue pour un secteur fragile composé de petits producteurs, qui souvent, en parallèle des lieux, accompagnent les artistes dans leur développement. Il s’agira de définir pour chaque territoire les spécificités de la filière, qui s’élabore dans un humus varié et variable en fonction de facteurs extrêmement hétérogènes.

En conclusion, la place des musiques actuelles dans cet établissement public en cours de mise en œuvre pose question : il ne s’agit pas de provoquer la destruction de ce qui existe par une vision uniforme et unique d’un secteur en oubliant une histoire de construction culturelle parmi les plus intelligentes des collectivités publiques et des acteurs. Il appartient à l’ensemble des acteurs des musiques actuelles, et des musiques dites classiques par la même occasion, de démontrer l’intérêt d’être totalement partie prenante des redistributions de la taxe sur la billetterie qui faisait le fonds du CNV à des destinataires les plus variés possibles. 
Les grandes transformations ministérielles actuelles, en renforçant les échelons déconcentrés en région sont la marque de transformations profondes dans la manière dont l’action publique y sera relayée, y compris dans la mise en œuvre du CNM.

Tout n’est pas encore figé dans ces actions, où les DRAC pourraient avoir un rôle important.
L'occasion de tenter un dialogue même complexe où l’intérêt général doit rester un concept non galvaudé, s’opposant à une vision binaire de la musique, entre un secteur qui serait entièrement subventionné (ce qui n’est pas une ambition à nourrir du fait de sa fragilité) et un secteur entièrement lucratif (ce qui n’est pas vrai, puisque la taxe est par nature un impôt). Tout doit s’équilibrer, l’intérêt général étant là pour rappeler que la musique n’est pas qu’un produit mais bien un champ de création, d’expériences, d’échanges...

Florence Forin

Conseillère musiques et danse à la DRAC Grand Est

 

1 - Lire le préambule de l’arrêté contenant le cahier des missions et des charges du label SMAC du 11 mai 2017, en annexe de ce texte. Sur le site du ministère de la Culture, en 2019, on peut lire : « Les scènes de musiques actuelles (SMAC) ont pour mission de diffuser les musiques actuelles dans leur acceptation la plus large et toute leur diversité. Elles programment majoritairement des musiques Pop Rock et assimilées mais également de la chanson et du jazz, des musiques électroniques, des musiques urbaines et plus rarement des musiques du monde ou des musiques traditionnelles. Les SMAC assurent la diffusion régulière et dans des conditions d’accueil professionnel de concerts de musiques actuelles (musiques électro-amplifiées, jazz, chanson, musiques traditionnelles…) en particulier de groupes/artistes en développement. À travers leurs missions de soutien à la création, elles assurent l’accueil de pré-production et/ou de résidences de création de spectacles, accompagnées d’un volet d’action culturelle auprès des publics. Chacune sur son territoire est également en charge de l’accompagnement des différents pratiques artistiques et du suivi d’artistes amateurs et professionnels (de la répétition à la formation). Au total, les 85 SMAC réparties sur l'ensemble du territoire proposent près de 6000 représentations publiques et fédèrent presque deux millions de spectateurs chaque année. »

2 - Sur le site du ministère : « Le secteur des musiques actuelles a appuyé son développement sur la création de réseaux et centres de ressources que l’Etat soutient depuis 1993 ». Il s’agit en particulier de la Fédélima, fusion en 2013 de la Fédurock et de la FSJ (Fédération des Scènes de Jazz et de Musiques Improvisées), de Zone Franche, d’AJC, de la FNEIJMA, de Grands Formats et de Technopol.

3 - Liste mise à jour régulièrement sur le site du ministère de la Culture.

Découvrez le panorama des musiques actuelles dans le Grand-Est dans le hors-série du magazine Zut d'octobre 2019

A consulter et télécharger ici

 

Annexe

Préambule du cahier des missions et des charges (arrêté du 11 mai 2017)

La création des lieux de musiques actuelles est issue d’initiatives de la société civile, militant pour la reconnaissance de ces pratiques artistiques et culturelles dans une démarche de découverte esthétique et de renouvellement artistique. A partir de 1981, le ministère de la culture reconnaît ces expressions musicales de façon emblématique avec la Fête de la musique et intervient par des mesures fondatrices telles que la mise en place du programme Zénith, le soutien apporté au Centre d’information du rock (CIR) à l’Orchestre national de jazz, au Studio des variétés et au Fonds d’action et d’initiative rock (FAIR).

Des mesures d’ordre législatif, réglementaire ou fiscal déterminantes sont aussi prises par ailleurs comme la loi Lang de 1985 sur les droits voisins et l’extension du champ d’activité des sociétés de perception et de répartition de ces droits, ainsi que la création en 1986 du Fonds de soutien à la chanson aux variétés et au jazz.

Des premières mesures sont posées en termes d’investissement par l’État avec l’Agence des petits lieux musicaux, pour accompagner les collectivités territoriales qui commencent dans la même période, à s’engager significativement sur la problématique des lieux de musiques actuelles.
Le programme « café musiques » mis en place en 1991 par l’État, dans le cadre d’une politique interministérielle d’aide aux lieux de diffusion, constitue le début d’une dynamique originale qui associe non seulement les collectivités territoriales et l’Etat mais aussi les acteurs engagés dans une structuration professionnelle qui trouvera sa concrétisation dans le dispositif SMAC initié dès 1996.

Cette dynamique de co-construction franchit une étape majeure en 1998 avec, d’une part, la mise en place, d’une « Commission Nationale des Musiques Actuelles », qui inscrit durablement les musiques actuelles dans les politiques publiques de la culture et, d’autre part, l’élaboration concertée d’un dispositif de soutien au fonctionnement des « Scène de Musiques Actuelles-SMAC », devenu label d’État par la circulaire du 31 août 2010.
Elle donne lieu dans le même temps à un plan signé par l’ensemble de la profession, les collectivités territoriales et l’Etat, « pour le développement national et territorial en faveur des musiques actuelles ». C’est de ce plan qu’est issue la méthode de travail de co-construction sur le plan territorial dénommé « schéma d’orientation pour le développement des musiques actuelles », SOLIMA, associé au label dans le présent arrêté.

L’origine particulièrement diverses des « Scènes de Musiques Actuelles-SMAC », renforcée par des politiques publiques répondant au départ à différents enjeux d’intérêt général (jeunesse, social, insertion, environnement, politique de la ville, ruralité...), génère un réseau de lieux labellisés extrêmement riche par la diversité de leurs histoires, de leurs territoires et de leurs projets.

L’objectif d’équité territoriale et de réponse aux réalités des pratiques des musiques actuelles conduit l’État et les collectivités territoriales, à assurer la présence, dans chaque département, d’au moins une structure labellisée « Scène de Musiques Actuelles-SMAC », ou d’un projet de structures en réseau ou en coopération, en prenant en compte la densité de la population, les spécificités territoriales (cadre rural notamment) et la diversité des esthétiques.