Dès les premiers jours qui suivent sa découverte fortuite par quatre adolescents, il y a tout juste 80 ans, le 12 septembre 1940, la grotte de Lascaux est considérée comme un chef-d’œuvre de l’art pariétal, suscitant enthousiasme et fascination.

La grotte de Lascaux, un site emblématique 

Dès les premiers jours qui suivent sa découverte fortuite par quatre adolescents, il y a tout juste 80 ans, le 12 septembre 1940, la grotte de Lascaux est considérée comme un chef-d’œuvre de l’art pariétal, suscitant enthousiasme et fascination.

Située dans la vallée de la Vézère, à proximité de nombreux sites ornés, Lascaux devient très vite un site préhistorique de référence internationale aussi célèbre dans le monde pour la richesse de son décor pariétal que les dangers constants qui menacent sa conservation. Victime de son succès, les mois précédant sa fermeture au public, Lascaux recevait jusqu’à 1800 visiteurs par jour.

Sa fermeture en avril 1963 sur décision du ministre de la Culture André Malraux a aussitôt pris une dimension symbolique, fondatrice de l’idée de “ conservation préventive ”. La décision était d’autant plus douloureuse qu’elle revenait à celui qui avait fait de l’élargissement de l’accès aux chefs-d’œuvre de l’humanité le fer de lance de sa politique ministérielle.

Dès sa découverte, la grotte de Lascaux est venue bouleverser la perception de l’art pariétal, et, plus globalement, des comportements symboliques des hommes de la Préhistoire. En effet, par la richesse thématique de son décor, qui rassemble presque tout ce que l’on connaît en termes de représentations préhistoriques (animaux, humains, signes) et les techniques qui ont été utilisées par les artistes (dessins, peintures bichromes et polychromes, gravures) la grotte de Lascaux apparaît comme une synthèse parfaite des 300 sites ornés connus dans l’espace franco-ibérique.

Si la datation des œuvres pariétales Lascaux varie entre 20 000 ans et 18 000 ans avant le présent, les récents travaux menés dans le cadre du programme collectif de recherche LasCo (Lascaux, sols, Contextualisation), dirigé par Mathieu Langlais et Sylvain Ducasse, financé par la DRAC, sont venus renouveler le cadre chronologique d’occupation de la grotte. La datation de quatre vestiges osseux de rennes au C14 ayant en effet donné une fourchette comprise entre 21 500 et 21 000 ans avant le présent.  Voir l'article dédié sur le site du CNRS  https://www.inee.cnrs.fr/fr/cnrsinfo/dater-lascaux-un-retour-sous-terre

Pour une immersion virtuelle au coeur de ce chef d’œuvre de la Préhistoire cliquer ici

Ce site http://www.lascaux.culture.fr est produit par le ministère de la Culture dans le cadre de la collection Grands sites archéologiques. Il propose une immersion multimédia dans ce chef d’œuvre de la Préhistoire en combinant visite virtuelle et approche scientifique : évocation des circonstances de la découverte, des techniques de l'art pariétal, orientations actuelles et résultats de la recherche scientifique. L'internaute se déplace de salle en salle, depuis la ronde fantastique des Taureaux jusqu'à la Scène du Puits, en déroulant le film ou en s'attardant sur un panneau, une figure, ou un détail.

Pour découvrir aussi l’exposition temporaire «  Lascaux hors les murs » au Musée National de Préhistoire présentée du 11 septembre 2020 au 29 mars 2021 cliquer ici

 

Visiteurs se pressant à l'entrée de la grotte

Pour aller plus loin :

Bilan micro-biologique de la cavité : Une stabilité qui se confirme

D’une manière générale, la Salle des Taureaux et le Diverticule Axial sont très stables et la contamination par des micro-organismes visibles demeure négligeable ou faible.

Si des micro-organismes visibles restent présents dans le Passage et la Nef, très peu de nouvelles taches ont été observées ces dix dernières années. Les quelques nouvelles apparitions se manifestent par des taches plutôt gris pâle ou par des extensions des taches anciennes sous forme de petits points.

Le secteur de l’Abside demeure le plus sensible, et les suivis réalisés depuis 2008 sur des zones sombres situées sur les plans inclinés, montrent des évolutions de certaines d’entre elles.

Si la grotte a atteint aujourd’hui un état de relative stabilité, elle n’en demeure pas moins fragile et tout doit être mis en œuvre pour qu’elle bénéficie d’un équilibre climatologique et microbiologique indispensable à sa préservation. La gestion de la présence humaine étant essentielle l’équilibre des paramètres climatiques de la grotte et donc à sa conservation, un accès limité s’impose. Sa fermeture au public est aujourd’hui considérée par tous comme une nécessité pour sa conservation et c’est dans un cadre horaire nécessairement restreint qu’ont lieu les interventions ponctuelles liées aux programmes de recherche et au suivi de la grotte, ce qui représente, une fréquentation annuelle inférieure à 200 heures par an.

Un engagement fort de l’Etat

L’engagement financier de l’Etat, plus de 500 000 € par an, est à la hauteur des enjeux posés par ce site exceptionnel. Cet engagement a pour vocation de favoriser une recherche interdisciplinaire nécessairement longue, destinée à mieux connaître le paysage biologique et climatique de la grotte et favoriser une meilleure connaissance des phénomènes susceptibles de l’altérer.

Classée Monument Historique dès sa découverte, inscrite depuis 1979 sur la liste du patrimoine mondial parmi un ensemble de quinze “Sites préhistoriques et grottes ornées de la Vézère”, la grotte de Lascaux appartient à l’Etat.

Bibliographie indicative

Norbert Aujoulat, Lascaux, le geste l’espace et le temps, éd. Seuil

Muriel Mauriac, Les animaux de Lascaux, éd. Circonflexe

Et aussi : 

https://archeologie.culture.fr/lascaux/fr#/fr/00.xml