Une équipe d’archéologues de l’Institut national de recherches archéologiques préventives (Inrap) vient de mettre au jour un vaste ensemble cultuel datant de la période gallo-romaine. Il est situé à Neuville-sur-Sarthe (Pays-de-la-Loire).

Un vaste complexe religieux. Une équipe d’archéologues de l’Inrap vient de mettre au jour un vaste ensemble cultuel datant de la période gallo-romaine, et plus précisément des trois premiers siècles de notre ère. Cette fouille est menée depuis juin 2010 dans le cadre de l’aménagement de la zac du Châpeau, à Neuville-sur-Sarthe. Sur près de deux hectares, ce sanctuaire antique est composé de plusieurs temples (fana) de formes variées – quadrangulaires, polygonales, circulaires – et de dimensions différentes qui sont reliés entre eux par des axes de circulation (chemins et galeries).

Divisé en trois zones. Le complexe culturel de Neuville-sur-Sarthe est divisé en trois zones.
- À l’ouest, une vaste enceinte quadrangulaire (60 x 40 m) ceint un fanum, temple gallo-romain. Ce fanum principal est un vaste temple de 15 x 15 m. Un mobilier archéologique abondant, datant du Ier siècle de notre ère, y a été découvert.
- La zone sud présente un grand fanum de plan circulaire de 12 mètres de diamètre. À ses côtés se situe un temple annexe, plus petit et de plan carré. Le mobilier, plus tardif que le précédent (IIe et IIIe siècles de notre ère) est aussi moins abondant.
- Dans la zone nord, un vaste bâtiment de plan en E (8 x 8 m.). Outre une fonction d’accueil et d’orientation des pèlerins, il servait aussi probablement de logement pour les gardiens ou de lieu de vente d’objets qui devaient ensuite être offerts aux divinités.

Un mobilier riche et diversifié. Les nombreuses offrandes découvertes témoignent de l’importance de ce sanctuaire, lieu de pèlerinage régional situé à quelques kilomètres de la ville antique du Mans. Un riche mobilier du Ier siècle a été mis au jour : nombreuses monnaies et fragments de céramiques romaines, fibules, couteaux, clefs, ainsi que plusieurs offrandes en fer dont un remarquable poignard militaire. Une bague en or incrustée d’une intaille (pierre semi-précieuse de teinte verte) constitue l’un des objets exceptionnels découverts sur le site. Si aucune dédicace à un dieu en particulier n’a été révélée, la présence d’ex-voto ophtalmiques permet d’envisager le culte à un dieu guérisseur.

L’Inrap. Avec près de 2 000 collaborateurs et chercheurs, l’Inrap est la plus importante structure de recherche archéologique française et l’une des toutes premières en Europe. Institut national de recherche, il réalise l’essentiel des diagnostics archéologiques et des fouilles en partenariat avec les aménageurs privés et publics : soit près de 2 500 chantiers par an, en France métropolitaine et dans les Dom.