Pascal Josèphe, grande figure de l’audiovisuel français, s’est éteint ce dimanche 20 novembre.

Passionné d’information, il a formé sa plume et son regard à l’Institut d’Etudes Politiques de Strasbourg et à l’Ecole Supérieure de Journalisme de Lille avant de devenir à 24 ans responsable de l’information à la mairie de Lille. Quelques années plus tard, sa rencontre avec Hervé Bourges, dont il resta toujours très proche, fait basculer sa carrière dans le secteur audiovisuel, à la radio puis à la télévision, dont il a marqué l’histoire depuis les années 1980.

De ses quelques mois à Radio France Internationale, il gardera un goût de l’échange et de la découverte qui l’amènera à souvent travailler par la suite sur les bords de la Méditerranée. A TF1, il est rapidement remarqué comme un directeur de la programmation efficace qui concourt à redonner à la chaîne son premier rang dans l’audimat. Il sera ensuite le directeur général de La Cinq, puis directeur général adjoint d’Antenne 2 et de FR3 dont il accompagne le changement de nom.

Fin analyste des goûts et des tendances, il parlait de la télévision comme d’« une alchimie difficile à réussir, faite pour moitié de raisonnable et pour moitié d'irrationnel ». Pour réussir ce mélange, il consacre alors son énergie à dénicher des programmes à la fois divertissants et exigeants. On lui doit la programmation de nombre des émissions qui ont rythmé la vie des foyers des années 1980 aux années 2000.

En proposant des émissions d’information, de Dimanche 20h10 Elkabbach à Géopolis, des documentaires clés dans notre rapport à l’histoire à l’instar de Shoah de Claude Lanzmann, des magazines culturels avec Le cercle de minuit ou des divertissements qui propulsèrent à l’écran des animateurs vedettes comme Nagui avec Que le meilleur gagne puis Taratata, Pascal Josèphe a su concilier succès populaires et qualité à l’écran.

Dans la suite de sa carrière, il a souhaité accompagner acteurs publics comme privés dans leurs projets audiovisuels – depuis la construction de l’identité de nouvelles chaînes jusqu’à la mise en œuvre de la transition numérique – en fondant en 1994 sa société de conseil. Observateur de son temps, il regrettait en 2008 dans son essai La société immédiate que la communication omniprésente perde trop souvent son pouvoir de médiation.

Pour sa part, il essayait sans doute d’y remédier par un goût affirmé pour l’art et les échanges interculturels qu’on retrouve dans les projets qu’il a menés récemment, pour Museum TV ou Plumm, jeune média numérique méditerranéen. Ces dernières années, il s’est tout particulièrement engagé sur la question de la diversité dans les médias, en tant que membre de l’Observatoire de la diversité du Conseil Supérieur de l’Audiovisuel et au sein de l’organisation non gouvernementale Media Governance Initiative.

Nous perdons un grand professionnel qui a dédié sa vie au devoir d’information de nos concitoyens, à la transmission de la culture et l’ouverture au monde. J’adresse à sa famille et à ses proches mes sincères condoléances.