Les mots n'entrent dans le dictionnaire que bien après leur apparition dans la conversation, dans les médias ou dans les livres. Beaucoup même n'y entreront jamais. Comment se fabriquent-ils ? D'où viennent-ils ? Comment se fait leur "dictionnarisation" ou leur "officialisation" ?

Les actes du colloque international "La Fabrique des Mots" soutenu par la Délégation générale à la langue française et aux langues de France viennent de paraître.

La Fabrique des mots français, sous la direction de Christine Jacquet-Pfau et Jean-François Sablayrolles, ouvrage publié par les éditions Lambert-Lucas, dans la collection "La Lexicothèque" dirigée par Christine Jacquet-Pfau, maître de conférences au Collège de France, Présidente du Collège d'experts de l'Éducation nationale chargés de la terminologie auprès de la Commission d'enrichissement de la langue française.

Ce colloque s'est déroulé au Centre international culturel de Cerisy du 20 au 27 juin 2015, avec des intervenants comme Christophe Gérard, enseignant à l'Université de Strasbourg, John Humbley, enseignant à l'Université Paris 7 Denis-Diderot, Michel Arrivé, enseignant à l'Université Paris Ouest Nanterre la Défense et Loïc Depecker, Délégué général à la langue française et aux langues de France et enseignant à l'Université Paris 3 - Sorbonne Paris Cité... Il revient sur la genèse des néologismes, les types de locuteurs qui les produisent (particuliers, écrivains, politiques, journalistes...), les procédés phonologiques, morphologiques, sémantiques et syntaxiques mis en œuvre. Le néologisme surprend souvent, conduisant tout un chacun à s'interroger sur son apparition. Les thématiques abordées dans ce volume couvrent l'ensemble des motifs et des enjeux de la néologie.

Par ailleurs, toujours dans la collection "La Lexicothèque", paraît l'ouvrage Emprunts néologiques et équivalents autochtones en français, en polonais et en tchèque, sous la direction de Zuzanna Hildenbrand, Alicja Kacprzak et Jean-François Sablayrolles

Le projet EmpNéo (Emprunts néologiques) existe depuis plusieurs années. Il regroupe des enseignants-chercheurs et des étudiants travaillant sur quatre langues européennes : français, grec, polonais et tchèque. C'est la première fois qu'un livre lui est consacré, qui présente une étude comparative des nouveaux emprunts (surtout des anglicismes, mais pas exclusivement) du français, du polonais et du tchèque dans des domaines révélateurs d'évolutions sociétales : le monde du travail, les conduites criminelles ou à risque, les réseaux sociaux et les pratiques alimentaires.