Actes de la première journée professionnelle organisée par le ministère de la Culture et de la Communication (Direction générale des patrimoines). Cette journée s'est tenue le 2 octobre 2011 à la Bibliothèque nationale de France sur le thème Patrimoines et conservation préventive : pratiques comparées et nouveaux enjeux.

Patrimoines et conservation préventive : pratiques comparées et nouveaux enjeux

La Direction générale des patrimoines a inauguré en octobre 2011 la première session d’un cycle annuel de journées professionnelles à l’intention de tous les acteurs du monde de la conservation-restauration du patrimoine.

Ces rencontres annuelles ont pour objectifs :

- de présenter à la communauté patrimoniale des études de cas exemplaires, tant par la méthodologie utilisée que par les questionnements rencontrés ;

- d’offrir un espace de dialogue transversal à l’ensemble des champs du patrimoine (archéologie, archives, bibliothèques, monuments historiques, musées et collections publiques d’intérêt patrimonial...), permettant ainsi des échanges aussi fructueux que possible ;

- de susciter de nouvelles actions de recherches ou de formations pour répondre aux besoins exprimés.

La première manifestation de ce cycle s’est tenue le mardi 4 octobre 2011 au grand auditorium de la Bibliothèque nationale de France et a réuni 240 personnes autour de 13 intervenants sur le thème : Patrimoines et conservation préventive : pratiques comparées et nouveaux enjeux

Pour enrichir le débat, en complément des interventions orales d’octobre 2011 et afin de démultiplier les exemples de pratiques partagées et d’expériences diverses, un appel à contributions a été lancé à la fin de l’année 2011 en vue de leur publication dans In Situ, revue des patrimoines, qui affirme ainsi l’élargissement de son champ d’intérêt, au-delà de l’histoire de l’art ou de l’architecture, aux questions de conservation-restauration des biens culturels au cœur de la politique du patrimoine.

Une quinzaine de contributions de restaurateurs, consultants en conservation préventive, régisseurs, ingénieurs et responsables de collections (conservateurs du patrimoine, attaché de conservation du patrimoine) compose ce numéro sur les thèmes suivants :

  • La conservation préventive en partage

Formation à la conservation préventive

La variété remarquable des acteurs qui ont été formés dans les diverses expériences ici relatées (étudiants, archéologues, personnels des archives ou de musées, bénévoles des sacristies, propriétaires des biens...) démontre, s’il en était besoin, combien la formation aux principes de la conservation préventive, en particulier les bonnes manipulations, permet une réelle appropriation des biens et une responsabilisation de chacun, qu’il soit ou non un professionnel du patrimoine. Les exemples traités montrent des temps de formation tous différents : stages courts (étudiants, Chalotte Piot), chantiers des collections (Musée Crozatier, Isabelle Boiché, Emmanuel Magne), formation unique (sacristies) ou sur la longue durée (archives, Marie-Dominique Parchas et Maud Sallansonnet, archéologues, Silvia Païn). Nous espérons enrichir le numéro avec des exemples de formation conjointe des sapeurs-pompiers des SDIS (services départementaux d’incendie et de secours) ou des exemples de chantiers-écoles menés en particulier par l’Institut national du patrimoine.

Analyses des risques

Les risques dus aux prêts, aux expositions et la gestion des mouvements sont traités à travers la question des peintures (Claire Bergeaud) et de la collection des moulages du Musée des Monuments Français (Laetitia Antonini). L’importance de la gestion de la documentation des œuvres pour assurer leur conservation préventive est approchée par la question difficile de la conservation des peintures murales (Jean-Marc Vallet, Livio de Luca, Marie Feillou) et la présentation d’un chantier expérimental prometteur.

  • Bâtiments et collections

Gestion des infestations et contaminations

Sont ici présentés le résultat d’une enquête nationale portant sur la gestion des insectes dans les collections patrimoniales avec un focus sur l’art contemporain (Grazia Nicosia) et une analyse des risques fongiques à partir de deux exemples de services d’archives (Alain Roche, Sébastien Gilot).

Stratégies et méthodologies

Le souci de l’appréhension globale des phénomènes d’altérations est présenté à travers le cas d’un monument historique (Château de Bouges, Isabelle Stetten) et au travers de la gestion du désamiantage sur le site des archives nationales de Fontainebleau (Sylvie Le Clech). Les questions d’actualité sur la régulation ou la surveillance du climat sont traitées tant dans le domaine des archives et des bibliothèques (Thi Phuong Nguyen) que dans celui des musées (Isabelle Colson, François Boyer, Régis Prévot). Les préoccupations d’économie d’énergie et de développement durable font entrer peu à peu les questions de conservation préventive dans le cahier des charges de l’aménagement d’un bâtiment patrimonial et les différentes phases de programmation architecturale (Élise Cousin).

La coordination de la rédaction de ce numéro d’In Situ a été confiée à Marie-Dominique Parchas et Judith Kagan, toutes deux membres du groupe « conservation-restauration » constitué au sein de la Direction générale des patrimoines pour mettre en place les journées professionnelles et concevoir et animer le mini-site « conservation-restauration » sur le site internet du ministère de la Culture et de la Communication.