Temps fort de la prochaine édition des Journées européennes du patrimoine, qui va se tenir les 16 et 17 septembre, l'engagement de la jeunesse en faveur du patrimoine traduit un lien durable et profond. Mieux : une véritable appropriation. Premier de volet de notre série sur jeunesse et patrimoine (1/3).

« Nos jeunes sont nombreux à s’illustrer par leurs actions au service du patrimoine : bénévoles des chantiers de restauration du patrimoine ou de fouilles archéologiques, repreneurs de monuments historiques ou encore étudiants en métiers du patrimoine », souligne Françoise Nyssen. En mettant l'accent sur la jeunesse et la formation, la prochaine édition des 34e Journées européennes du patrimoine offre au grand public l’opportunité de partir à la rencontre de ces jeunes passionnés.

Le patrimoine maritime revisité

Dans les Bouches-du-Rhône, à Port-de-Bouc, c’est l’industrie navale, qui fut longtemps le fer de lance de l’économie de cette ancienne terre marine, que l’on met à l’honneur. Le cinéma Le Meliès y accueillera, tout au long week-end, une démonstration de savoir-faire au cours de laquelle des lycéens en formation « Réparation, maintenance, entretien naval » rencontreront des professeurs spécialisés, eux aussi, dans le domaine naval, en compagnie d’élèves de 3e. De manière plus étonnante, la question du patrimoine maritime sera également abordée en Haute-Saône, à Baulay, où un adolescent passionné par l’Hermione – le navire de guerre français qui conduisit en 1780 le marquis de la Fayette aux Etats-Unis –  a fondé, en 2011, l’association « l’Hermione de Cherlieu ». Son objectif ? Reconstruire la frégate, en service de 1779 à 1793, en utilisant les bois de la forêt de Cherlieu avec les techniques et les outils du XVIIIe siècle. Les curieux pourront ainsi découvrir l’avancée du chantier et assister à des démonstrations de savoir-faire sur fond de reconstitution historique.

Nos jeunes sont nombreux à s’illustrer par leurs actions au service du patrimoine (Françoise Nyssen)

Des jeunes au service des monuments historiques

Le patrimoine terrestre ne sera cependant pas en reste et un grand nombre de sites classés au titre des monuments historiques ouvriront eux aussi leurs portes. A commencer par le « château » de Thouzon, un ancien monastère fortifié situé dans le Vaucluse, au sein de la petite ville du Thor, que des jeunes bénévoles de l’association locale REMPART viennent restaurer chaque année, depuis 30 ans. Une visite commentée du chantier sera proposée au public, qui pourra également profiter d’une exposition présentant les petites histoires insolites du lieu. En Seine-Maritime, ce n’est pas un prieuré mais bien une bâtisse médiévale – le Château de Blainville- Cresson a été édifié au XIe siècle - que les bénévoles de REMPART ont entrepris de réhabiliter. Depuis 1967, près de mille jeunes se sont relayés sur le site qu’ils ont fouillé avec soin et dégagé d’une impressionnante masse de remblais, libérant plus de 100 000 m3 de terrain. Cet imposant ensemble, sera exceptionnellement ouvert aux visiteurs à l’occasion de cette 34e édition des Journées européenne du patrimoine et des 50 ans du chantier.

Initiation pratique aux métiers du patrimoine

A Laval-le-prieuré, dans le Doubs la rencontre des jeunes passionnés qui œuvrent à la sauvegarde des sites patrimoniaux va de pair avec une initiation pratique aux métiers du patrimoine. L’association « Murs et Murgers, patrimoine des montagnes du Doubs et d’ailleurs » y propose une initiation à la restauration des ouvrages de pierres sèches, encadré par les muretiers bénévoles, dans le cadre de l’un des chantiers-écoles mis en place pour assurer la protection de ce patrimoine historique, paysager et écologique. Des ateliers d’initiation et un apprentissage des savoir-faire traditionnels seront également offerts à Nueil-les-Aubiers, dans les deux Sèvres où, par le biais de l’association « l’Outil en main », des retraités des métiers du patrimoine s’attacheront à transmettre leur passion aux jeunes de 9 à 14 ans. Enfin, à Paris, en Île-de-France, le lycée des métiers du bâtiment, de l’artisanat et du patrimoine bâti Hector-Guimard participera pour la première fois aux Journées européennes du patrimoine : démonstration et visites des ateliers par les apprentis, qui donneront ainsi un aperçu des métiers auxquels ils se destinent – tailleur de pierre pour les monuments historiques, sculpteur, mosaïstes… - sont au programme.

Les Journées européennes du patrimoine 2017

La 34ème édition des Journées européennes du patrimoine se tiendra les 16 et 17 septembre 2017, sur le thème de la jeunesse

Cette édition sera résolument tournée vers le jeune public et sa sensibilisation au patrimoine, à l’histoire de la Nation et à l’histoire de l’art, ou encore aux métiers du patrimoine.  L’occasion de saluer le travail des associations et des réseaux engagés dans l’éducation artistique et culturelle, des réseaux des Villes et Pays d’art et d’histoire, des Conseils d’architecture, d’urbanisme et de l’environnement et bien d’autres encore qui valorisent le patrimoine auprès de la jeunesse.

Ces journées permettront également de mettre en valeur les chantiers de bénévoles, dans leur dimension technique et d’apprentissage : ils constituent une étape essentielle dans le développement de l’action pédagogique. Ils sont le lieu d’une première orientation professionnelle ou d’une sensibilisation aux filières de formation professionnelle.

La formation sera ainsi au cœur de cette édition, qui mettra en valeur l’ensemble des actions entreprises dans ce domaine: le ministère de l’Éducation nationale, de l’Enseignement supérieur et de la Recherche avec le concours du ministère de la Culture et de la Communication, a créé en 2008, le bac professionnel « Intervention sur le bâti ancien », avec la participation de la Confédération de l'artisanat et des petites entreprises du bâtiment, du Groupement des entreprises de monuments historiques de l’association Maisons paysannes de France, de la Fédération nationale des conseils d’architecture, d’urbanisme et de l’environnement et de personnalités référentes du bâti ancien. Par ailleurs, plusieurs écoles sous tutelle du ministère, ou dont les diplômes font l’objet d’une reconnaissance de la part de l’État, proposent des formations diplômantes, afin d’assurer la transmission des savoir-faire.