Après un premier volet consacré à la Citadelle de Besançon, nous poursuivons notre enquête sur les innovations des Portes du Temps. Cette semaine, cap sur le MAC/VAL, le musée d'art contemporain de Vitry-sur-Seine, où douze ateliers se succèdent pour ouvrir les enfants à la création contemporaine. Questions à Luc Pelletier, chargé de l'accessibilité et des publics du champ social.

Le MAC/VAL est partenaire des Portes du Temps depuis 2009. Par quoi se caractérise votre participation ?

Il faut d’abord rappeler qu'une bonne partie des six/dix ans qui participent aux Portes du Temps, sont des habitués du MAC/VAL. Tout au long de l'année, ils viennent découvrir nos nouveaux accrochages et expositions. Avec ces enfants, dont beaucoup habitent des quartiers dits prioritaires et fréquentent différentes structures socio-culturelles, comme les centres de loisirs ou les MJC du Val-de-Marne et d'Ile-de-France, nous menons un travail au long cours qui trouve son aboutissement avec les Portes du Temps. L'été, dans nos ateliers, nous leur offrons de voir « en vrai » ceux dont ils ont vu les œuvres pendant l'année : les artistes vivants, en chair et en os, qui ont été sélectionnés pour participer aux Portes du Temps. De fait, tous les ateliers et parcours marchent de pair avec nos expositions. Ils sont systématiquement menés en duo par un conférencier et un artiste. L'artiste explique aux enfants sa démarche et les entraîne dans la réalisation d'une œuvre.

Comment se déroule l'opération, cette année ?

Depuis l'ouverture, en juillet, ça tourne à toute vitesse. Il y a un tel engouement chez les enfants, qu'on a dû réaménager des ateliers pour pouvoir accueillir un maximum de groupes. Il y a les ateliers à la journée, et les parcours-découvertes qui se déroulent sur quatre jours, avec une restitution le week-end suivant. En sachant que, chaque semaine, quatre groupes de huit à seize enfants investissent ateliers et salles d'exposition, vous pouvez imaginer l'animation qui règne au MAC / VAL ! Toujours en quête de renouvellement et de nouveaux publics, nous avons demandé cette année à Jean-Guillaume Gallais de proposer une semaine d’ateliers quotidiens aux enfants du personnel du Conseil général, et nous avons dû refuser du monde !À cela s'ajoutent trois projets « hors les murs » qui font leur entrée pour la première fois aux Portes du Temps.Ainsi, fin août, le collectif d’artiste We Are The Painters réalisera une fresque avec la population dans un quartier de Bonneuil.

Comment expliquez-vous cet engouement des enfants ? Décrivez-nous la vie à l'intérieur de ces ateliers

Les visages des enfants se transforment avec les Portes du Temps! Ils sont à 100% dans les activités. Ils remplissent avec entrain le questionnaire de satisfaction qui leur est remis chaque jour : « Original, super, sublime, spécial, intéressant, inoubliable, agréable... ». En juillet, les enfants de l'atelier « Un dessin peut-il devenir grand? » animé par Yoann Le Claire ont testé plusieurs techniques de dessin avant de réaliser une grande fresque collective aussi abstraite que poétique. Fin août, l'atelier « Invisible(s) » s'inspire du travail vidéo réalisé au printemps par Ilanit Illouz pour le MAC/VAL : des portraits vidéo de deux artistes vietnamiens en résidence au musée. Sous la conduite du vidéaste, les enfants vont réaliser de courtes vidéos prenant comme personnages principaux les usagers du musée : agents d'accueil, artistes, conférenciers ou simples visiteurs. On attend aussi un gros succès pour l'atelier « Faim de loup et cœur d'artichaut » (26 au 29 août). Sous la conduite de l' « artiste de variétés » Valérie Bouvier, les enfants mêleront les matériaux traditionnels de l'art et ceux de la gastronomie pour créer des œuvres hybrides telles que sculptures en crème Chantilly ou dessins au jus de betteraves...

Cet été, les Portes du temps s'inventent « hors les murs » Expliquez-nous comment ?

Là aussi, il s'agit d'un travail de terrain, mené bien en amont. Pour « Mémoire vive », par exemple, un projet d'arts plastiques chargé d'émotion, l'artiste Morgan Denzler s'est appuyée sur une collaboration déjà existante entre un centre de loisirs et une résidence de personnes âgées. Un aîné et un enfant âgé de six à douze ans entament un travail en duo où ils évoquent ensemble des souvenirs. Sept personnes âgées sur dix, se disent motivées pour ce projet qui met en valeur les compétences de chacun. Un jour prochain, ils iront visiter le MAC/VAL … ensemble.

Découvrez le MAC/VAL

Créé en 2005 à Vitry sur Seine, le MAC/VAL, premier musée d'art contemporain en banlieue parisienne, est un lieu de rencontres qui s'adresse à tous. Sous la houlette d’Alexia Fabre, sa directrice, la collection du musée, consacrée à l'art en France des années 1950 à nos jours, privilégie les œuvres qui parlent du monde, de la vie. Une orientation qui se marie bien avec l'esprit des Portes du Temps et des nombreux ateliers proposés aux plus jeunes visiteurs. Une découverte sensible et active de la création contemporaine.