Projet de loi audiovisuel, protocole Relax du spectacle vivant accessible à tous... Aujourd'hui, le ministère de la Culture s'est résolument emparé de la question du handicap et de l'accessibilité, l'un des enjeux culturels majeurs. Le 3 décembre, le Conseil supérieur de l’audiovisuel (CSA) présentait une charte pour changer de regard sur le handicap. Nous republions l'article que nous avions consacré le 4 décembre 2019 à cet événement.

« Pour que l’audiovisuel parle à tous, il faut qu’il parle de tous », a estimé Franck Riester mardi 3 décembre, à l'occasion de la journée mondiale des personnes handicapées. Cette conviction du ministre de la Culture montre la forte mobilisation du Gouvernement sur la place du handicap dans les médias, alors que le projet de loi sur l’audiovisuel sera présenté le 5 décembre en conseil des ministres.

Pour que l’audiovisuel parle à tous, il faut qu’il parle de tous

Vers une meilleure représentation du handicap dans les médias

« Le handicap, nous devons à la fois le montrer davantage et en parler davantage. Mais nous devons surtout mieux le montrer et mieux en parler ! » En résumant l’esprit de la charte conçue par le Conseil supérieur de l'audiovisuel (CSA), Franck Riester est revenu sur les deux dimensions indissociables de ce texte : une dimension quantitative (faire en sorte que les personnes handicapées soient davantage représentées sur nos écrans) et une dimension qualitative (faire en sorte que les personnes handicapées soient mieux représentées sur nos écrans).

Ratifiée le 3 décembre par les principaux groupes audiovisuels français, la charte sur la représentation des personnes en situation de handicap mise sur trois engagements : valoriser les parcours individuels des personnes handicapées dans leur diversité ; donner la parole aux personnes handicapées pour parler d’autres sujets que leur handicap ; présenter le handicap de façon positive et inclusive et pas seulement compassionnelle.

Le handicap, un volet essentiel du projet de loi audiovisuel

« Cette charte est une étape importante. La prochaine, c'est le projet de loi audiovisuel », a poursuivi le ministre de la Culture, avant d’en présenter les principales avancées concernant les personnes handicapées : « Avec cette réforme, il y aura plus de programmes accessibles aux personnes en situation de handicap. A la télévision comme sur les plateformes ».

Aujourd’hui, seuls les services dits « linéaires » (dans lesquels un programme est regardé au moment de sa diffusion) ont l’obligation de rendre accessibles ces programmes aux personnes en situation de handicap. Le projet de loi permettra, sous le contrôle de l’ARCOM, d’étendre l’obligation à tous les services tout en permettant une augmentation du volume horaire de programmes accessibles (langue française des signes (LSF), sous-titrage et audiodescription). Une évaluation qualitative des programmes accessibles est prévue. Elle sera confiée aux associations de personnes en situation de handicap visuel ou auditif, sous le contrôle de l’ARCOM.

Les 5 objectifs de la charte sur la représentation des personnes en situation de handicap

Objectif 1 : rendre plus visible la question du handicap
Objectif 2 : ne pas assigner les personnes handicapées à leur handicap
Objectif 3 : changer le regard sur le handicap
Objectif 4 : partager les bonnes pratiques, utiliser les mots justes
Objectif 5 : évaluer les résultats dans les bilans des chaînes