Créé le 1er février 2002, l’Institut national de recherches archéologiques préventives célèbre dix années de découvertes archéologiques. Ce dixième anniversaire s’accompagne d’un important programme scientifique et éditorial.

Dix ans de recherches archéologiques. De 2002 à 2011, les archéologues de l’INRAP auront réalisé 16978 diagnostics sur 112241 hectares et conduit 2237 fouilles en France métropolitaine et dans les DOM. Cette intense activité de « sauvegarde par l’étude » du patrimoine archéologique touché par des opérations d’aménagement du territoire s’est accompagnée de découvertes remarquables et d’un renouvellement considérable de la connaissance du passé de la France, du Paléolithique à la première moitié du XXe siècle.
En 2012, l’Inrap est la plus importante structure de recherche archéologique en Europe. L’institut compte plus de 2000 collaborateurs. Il est doté d’un budget de 168,8 M€ permettant la réalisation de 78600 journées de diagnostic, de 186100 jours de fouille, de 18600 journées de recherche et de 3700 journées de restitution des résultats au public.

La création de l’Inrap. Créé le 1er février 2002 en application de la loi sur l’archéologie préventive, établissement public placé sous la tutelle des ministères chargés de la Culture et de la Recherche, l’Inrap a une triple mission : il est opérateur de diagnostics et de fouilles ; il assure l’exploitation scientifique de leurs résultats ; il concourt à l’enseignement, à la diffusion culturelle et à la valorisation de l’archéologie.

Projets en europe et à l’étranger. L’Inrap est actuellement un des principaux pourvoyeurs de connaissance archéologique en Europe. L’institut pilote, en outre, depuis 2007, le projet européen « Archéologie dans l’Europe contemporaine », qui associe treize partenaires de dix pays européens, doté d’un budget de 4,8 M€ sur 5 ans.
Depuis 2010 l’Inrap collabore avec le Max Planck Institute for Evolutionary Anthropology de Leipzig et, depuis 2011, il est partenaire du projet européen « Boat 1550 BC », autour du bateau de l’âge du Bronze trouvé à Douvres en 1992. Par ailleurs, depuis 2011, l’Inrap dirige un programme quinquennal de fouilles préventives et programmées à Siem Reap au Cambodge, tandis que ses archéologues sont actifs en Afrique du Sud, Algérie, Egypte, Ethiopie, Jordanie Liban, Maroc, Mongolie, Russie, Syrie, Vatican, etc. Depuis 2002, ses chercheurs sont intervenus dans plus de 50 pays.

Une active politique culturelle. Mission nouvelle de l’Inrap, la diffusion culturelle s’est développée selon un spectre très large. Pour présenter les fouilles au public, 700 « portes ouvertes » sur des chantiers et 600 conférences ont été organisées. Quarante-deux ouvrages ont été publiés à destination du grand public. 250 expositions ont été coproduites en partenariat avec les collectivités et les aménageurs. De nombreuses initiatives de production ont permis de susciter la réalisation et la diffusion de dix longs et moyens métrages documentaires, trente courts métrages et dix films d’animation.
Le site internet propose plus de cent vingt reportages, douze dossiers thématiques, neuf atlas et une iconothèque donnant accès à 2 300 documents téléchargeables gratuitement ; il attire 100 000 visiteurs par mois. L’Inrap a organisé neuf colloques en partenariat avec de grandes institutions. Enfin, l’institut est à l’origine des Journées nationales de l’Archéologie, manifestation du ministère de la Culture et de la Communication, dont la 3e édition se déroulera du 22 au 24 juin 2012.

Dix années de découvertes. Les 2237 fouilles conduites de 2002 à 2011, concernent toutes les périodes, du Paléolithique à l’Entre-deux guerres. Elles ont profondément renouvelé le champ de la recherche et les problématiques scientifiques, en Métropole et dans les DOM.
Parmi les sites fouillés, une quarantaine se distinguent dont le site de charognage pré-néandertalien de Tourville-la-Rivière ; le site de boucherie néandertalien de Caours ; les habitats néolithiques de Pont-sur-Seine ; les « tombes à char » gauloises de Vasseny ; le village de l’âge du Fer de Lattes ; les demeures antiques de Nîmes et leurs mosaïques historiées ; celles de la Lutèce romaine sous l’Institut Curie et d’Augustobona à Troyes ; le baptistère paléochrétien d’Ajaccio ; les sépultures aristocratiques franques de Saint-Dizier ; la première enceinte médiévale de Paris ; le château médiéval des comtes de Toulouse ; le cimetière huguenot de Saint-Maurice près de Paris et celui de La Rochelle ; le jeu de paume de Louis XIII sous le Grand Commun du château de Versailles ; l’habitat des esclaves oubliés de l’île de Tromelin dans l’océan Indien ; le camp napoléonien d’Étaples ; la sépulture des soldats du Lincolnshire Regiment à Arras…

Les événements du 10e anniversaire. Le 10e anniversaire s’accompagne d’un important programme éditorial et d’événements scientifiques et culturels, avec notamment la publication en mars 2012 de La France racontée par les archéologues, aux éditions Gallimard, et d’un colloque sur l’archéologie de l’esclavage colonial au musée du quai Branly en mai.