Frédéric Mitterrand a annoncé lundi 21 mars l’acquisition par l’État, pour le château de Versailles, du bureau de la Reine Marie-Antoinette, œuvre de Jean-Henri Riesener.

Acquisition d’une œuvre d’intérêt patrimonial majeur pour Versailles. Frédéric Mitterrand, ministre de la Culture et de la Communication, a présenté officiellement lundi 21 mars, le bureau de la Reine Marie-Antoinette, acquis grâce au mécénat pour le Château de Versailles. Ce bureau, daté de 1783 et reconnu « œuvre d’intérêt patrimonial majeur », entre dans les collections nationales du Château de Versailles et retrouve ainsi son lieu d'origine.
Cette acquisition a été rendue possible grâce aux dispositions fiscales de la loi du 1er août 2003 relative au mécénat, aux associations et aux fondations. Ces dispositions créent en effet des conditions favorables à l’entrée dans les collections publiques, grâce au mécénat d’entreprise, d’œuvres reconnues d'intérêt patrimonial majeur par la Commission consultative des trésors nationaux. Le ministre a remercié le Groupe LVMH Moët-Hennessy - Louis Vuitton et la société Sanofi-Aventis pour leur action exemplaire de mécénat en faveur du château de Versailles et plus largement du patrimoine national.

Un chef d’œuvre d’ébénisterie. D’une absolue perfection dans son exécution, le bureau frappe par l’élégance de ses proportions, le raffinement de son placage de bois précieux et l’éblouissante qualité de son décor de bronze doré à l’antique ou à motifs floraux, si révélateurs du goût de la Reine.
Chef-d'œuvre du maître ébéniste Jean-Henri Riesener, ce bureau avait disparu des collections royales depuis la Révolution française. Les pieds fuselés à section octogonale, les bas reliefs de bronze doré sont caractéristiques des œuvres du grand ébéniste comme la commode de la bibliothèque de Louis XVI.
Le bureau de Marie-Antoinette sera présenté dans le Cabinet doré de la Reine. Cette acquisition représente un enrichissement majeur des collections du château de Versailles qui poursuit ainsi sa politique de remeublement entreprise depuis la dernière guerre.

Jean-Henri Riesener, l’ébéniste favori de Marie-Antoinette. D’origine allemande, Jean-Henri Riesener (1734-1806) s’installe à Paris vers 1754 et fait son apprentissage dans l’atelier de Jean-François Oeben, à l’Arsenal. Devenu maître en 1768, il livre l’année suivante à Versailles le grand secrétaire à cylindre, dit « bureau du Roi » commandé par Louis XVI.
En 1774, il est nommé « ébéniste ordinaire du roi » et sera pendant 10 ans, le plus grand fournisseur de la Cour. Ebéniste favori de Marie-Antoinette, Jean-Henri Riesener réalise pour ses appartements de Versailles et de Trianon des meubles novateurs : deux encoignures et une commode pour le Salon des Nobles, une console à desserte pour le Petit Trianon ainsi que la table à écrire livrée pour le Hameau. Il livre également quatre encoignures pour le salon des jeux de Louis XVI et la remarquable commode de la bibliothèque du roi, pièce dans laquelle le roi avait rassemblé les meubles les plus prestigieux.