Comme chaque année, l’ensemble des partenaires mobilisés sur le sujet prévoit l’organisation de manifestations sur le territoire de la Réunion à l’occasion de la Journée internationale de lutte contre les violences faites aux femmes. Inattendue, une vague jaune submerge l’île. Une mobilisation sociale qui par les perturbations qu’elle engendre conduit à l’annulation de ces évènements et semble reléguer la question des violences subies par les femmes aux confins de l’agenda médiatique, alors même que ce moment de l’année est habituellement une opportunité de mettre à l’honneur cette thématique.

Pour autant, il apparaît essentiel de continuer à interpeller l’opinion publique à ce sujet.

D’une part parce que les violences sexistes et sexuelles demeurent une réalité incontournable de la Réunion.D’autre part parce que ces violences, et plus largement la place des femmes dans la société réunionnaise, ne doivent pas être considérées comme des sujets à part mais au contraire comme largement interconnectés à un ensemble d’autres problématiques touchant notre territoire.

C’est pourquoi la préfecture, en partenariat avec la ville de Saint-Denis, a décidé de reporter la manifestation organisée initialement le 25 novembre 2018 au 16 février 2019. Une soirée exceptionnelle, placée sous le signe de l’art, comme médium d’expression de ces souffrances difficilement exprimables, et qui redonne toute sa place à la parole des femmes victimes de violences sexistes et sexuelles. L’évènement est articulé en deux temps : la lecture, par des femmes victimes de violences conjugales, de textes rédigés lors d'ateliers d'écriture bienveillante et la représentation de la pièce « Quelque chose », qui porte sur le sujet des violences incestueuses.

Ce parti pris artistique répond à plusieurs ambitions : continuer à interpeller sur ce sujet dramatique, si récurrent sur notre île qu’il semble parfois devenir banal ; inviter l’émotion, l’empathie chez les spectateurs et spectatrices et ainsi encourager autrement la mobilisation collective nécessaire pour enrayer ce phénomène.

Ce samedi 16 février 2019 au Théâtre du Grand Marché à Saint-Denis, Amaury de Saint-Quentin, préfet de La Réunion, a participé, aux côtés de nombreux élus, à une soirée artistique dédiée à la parole de femmes victimes de violences.

Organisée par la Délégation Régionale aux Droits des Femmes et à l’Égalité (préfecture) en partenariat avec la Ville de Saint-Denis, cet évènement met à l’honneur la parole des femmes victimes, dans un territoire où les violences sexistes et sexuelles demeurent une réalité incontournable.
• La lecture, par une dizaine de femmes victimes de violences conjugales, de textes rédigés lors d'ateliers d'écriture bienveillante, conçus et animés par la romancière Isabelle Kichenin et prescrits
par l’Observatoire Réunionnais des Violences faites aux Femmes (ORViFF).Ces ateliers, qui mêlent méditation de pleine conscience, fiction littéraire et écriture de soi, ont réuni vingt femmes accompagnées à différents stades de leur reconstruction par des associations locales. Ces femmes ont ainsi pu exprimer autrement les différentes souffrances auxquelles elles ont été confrontées, voire aborder pour la première fois des violences qu’elles avaient tues jusqu’alors. Plus de cent trente textes réunis au sein d’un recueil ont été rédigés, dont une partie sera lue lors de la soirée.

• A 19 heures : La représentation de la pièce « Quelque chose ». Produite par la Compagnie Aziadé et mise en scène par Andréa Bescond, cette pièce écrite par Capucine  Maillard et adaptée par Dominique Carrère pour La Réunion, aborde avec émotion et délicatesse le sujet des violences incestueuses. En partenariat avec le Docteur Christine Visnelda-Douzain qui dirige l’Unité de psycho-trauma du centre de ressource NOÉ (EPSMR), la pièce a été pensée comme une œuvre de sensibilisation, par le biais de ses représentations ainsi que des différents ateliers forums organisés auprès d’un public lycéen, ayant pour vocation une libération de la parole.

La soirée, animée en tandem par Délixia Perrine et Jean-Luc Trulès, a été ponctuée d’intermèdes musicaux. Cet évènement exceptionnel rappelle la priorité que constituent les sujets de violences faites aux femmes et plus largement d’égalité femmes-hommes sur notre territoire. Ces sujets ont toute leur place dans les grands temps de concertation qui sont mis en œuvre actuellement dans le cadre de la Stratégie de lutte contre la pauvreté et du Grand Débat national.