Aurélie Filippetti et Arnaud Montebourg célèbrent mardi 10 décembre les meilleures innovations lors de la sixième édition des Objets de la nouvelle France industrielle. Un rendez-vous de créativité, mêlant étroitement industrie, design et économie. Rencontre avec trois lauréats.

Ixow – Patrick Château, designer – Christian Gauthier, directeur

« En étroite collaboration avec les industriels, on cherche le vélo idéal »

« Nous voulions imaginer de nouvelles fonctions au vélo et frapper fort. C'est-à-dire, utiliser des matières innovantes et un coût de revient minimal pour ce moyen de locomotion léger et populaire qui incarne la mobilité, la dépense physique et le respect pour l'environnement. Des valeurs positives avec une croissance régulière : 147 millions de vélos sont produits dans le monde dont 1% seulement en France. Mais peu développé contrairement à l'automobile : rien ne distingue un vélo de 1993 et de 2013. Parmi les produits que notre société, Ixow, conçoit et fabrique : un antivol robuste et incassable ou un objet, le Stempark qui une fois intégré au vélo permet grâce à un geste simple de rabattre le guidon et de réduire son encombrement à la largeur minimale du cadre, la solution idéale pour ranger son vélo dans son garage, son appartement, ou le glisser avec soi dans le train. Le « design global » est appliqué aux produits, à savoir en premier lieu, le confort des usagers avec une attention aux sens comme le toucher, une qualité irréprochable, un dessin soigné et esthétique. Une pensée peu commune en France puisque 30% des PME en France utilisent le design depuis la conception du produit contre 60% dans les pays scandinaves. »

Clément Lescanne, Vice-président Ober groupe et Anthony Lebossé, 5.5 design Studio

« Avec les plafonds tectoniques, nous avons multiplié notre chiffre d'affaires par cinq »

 «Deux produits incarnent notre savoir-faire. Les murs acoustiques en bois et les plafonds. Avec un défi, rendre l'un et l'autre innovant, fonctionnel et beau. Pour les murs acoustiques, nous nous sommes inspirés des collections de mode, cherchant l'évocation avec un monde sensible : lignes de vie, grains de beauté, écorce pour nommer ces murs qui améliorent et modifient la perception du bruit ou du son que l'on se trouve dans le métro, chez Mc Donald's, au Bon Marché ou au concert à la salle Pleyel. Puis, nous nous sommes intéressés aux plafonds, ceux des bureaux ou des cantines à qui personne ne prête attention, car ingrats souvent ou laids. Il a fallu légitimer le bois comme matière. Puis, nous avons imaginé un processus de soulèvement ou de décalage des plaques nous inspirant ainsi de la géologie, comme si tout bougeait en surface, comme en profondeur. C'est notre « projet tectonique », un véritable séisme dans le monde du plafond puisque notre chiffre d'affaires a été multiplié par cinq. Une croissance exponentielle que l'on doit au soin apporté conjointement au design et à l'innovation. Avec une évidence : le design allié à l'industrie est un atout pour l'économie.»

Aquaris – Patrick Maurias, directeur marketing chez Bourgeat, Tony da Motta Cerveira, désigner

«Installer de nouveaux usages pour économiser l'eau »

« En terme d'économie et d'hygiène, l'eau est un enjeu crucial. Nous avons imaginé Aquaris, une cuve ovale en inox équipée d'un doseur et d'un distributeur à savon pour répondre à deux besoins : ne pas gaspiller l'eau et installer de nouveaux rituels pour obliger l'usager à se laver les mains soigneusement. Car en moyenne, 12 litres d'eau sont utilisés pour 1 lavage des dents et 10 l. pour un lavage des mains quand avec Aquaris 20 cl, autrement dit l'équivalent d'un verre à eau, suffisent. Nous l'avons adapté à la cuisine professionnelle où un chef et son personnel se lavent 30 à 40 fois les mains par jour et où 1000 foyers d'infection alimentaire y sont déclarés chaque année. Trois séquences identifiées grâce à un signal lumineux ponctuent ce lavage des mains : l'eau, le savon et le rinçage. Au final, Aquaris s'apparente à un objet ludique, un totem d'hygiène qui attise la curiosité par sa couleur – bleue-, tout en s'intégrant parfaitement dans un environnement industriel qu'est la cuisine. »