Archéologue spécialiste en égyptologie et conservateur général du département des Antiquités égyptiennes au musée du Louvre

Égyptologue de renommée internationale, Christiane Desroches-Noblecourt consacre sa vie à l’étude et à la sauvegarde de la civilisation égyptienne.

D’abord élève à l’École du Louvre, sous le tutorat du chanoine Étienne Drioton, alors conservateur adjoint au département des Antiquités égyptiennes, Christiane Desroches y devient chargée de mission en 1934, puis conservateur en 1949. Suite au départ de Jacques Vandier en 1974, elle prend officiellement la fonction de conservateur en chef du département des Antiquités égyptiennes du Louvre. Elle dispense également des enseignements d’épigraphie et d’archéologie égyptiennes à l’École du Louvre dès 1945.

Son poste de conservateur lui permet de valoriser l’art égyptien auprès du grand public par le biais d’expositions : au Petit Palais en 1967 « Toutankhâmon et son temps » et au Grand Palais en 1976 « Ramsès le Grand ». Des milliers de visiteurs se pressent pour admirer des œuvres qui n’avaient jusqu’ici jamais quittées l’Égypte.

Vue du temple d'Abou Simbel

Christiane Desroches-Noblecourt fait partie de la première génération de femmes archéologues à diriger un chantier de fouilles. Elle est d’ailleurs la première femme titulaire d’un poste de pensionnaire à l’IFAO (Institut français d’archéologie orientale).

Elle participe au sauvetage des temples de Nubie menacés d’engloutissement par les eaux du Nil lors de la construction du nouveau barrage d’Assouan en 1954. Cette même année, elle devient chef de la mission archéologique de l’UNESCO auprès du gouvernement égyptien. Sous l’égide de l’organisme international, elle fonde en 1955 le Centre d’Études et de Documentation sur l’Ancienne Égypte (CEDAE). Comme elle l’écrit dans Le Secret des temples de la Nubie, « Mon devoir était d’alerter les élites du monde entier et de les entraîner dans une œuvre commune de préservation de ces lieux culturels. ». Ce projet se poursuit au cours de la décennie suivante avec une coopération franco-égyptienne pour l’étude et la restauration du site de Karnak qui donne lieu à la création du Centre franco-égyptien d’étude des temples de Karnak (CFEETK). Entre 1970 et 1983, Christiane Desroches-Noblecourt mène une équipe de recherches du CNRS en région thébaine, en particulier dans la Vallée des Reines.

En 2013-2014, les archives produites et reçues par Christiane Desroches-Noblecourt sont prises en charge par la Mission des archives du ministère à son domicile personnel (Mondement-Montgivroux, Marne). Cet ensemble a également été complété par des archives conservées au musée du Louvre comprenant des plans, des cartes, des photographies, des diapositives, des négatifs et des cassettes audio.

Le traitement du fonds a permis de mettre en valeur les relations entre l’Égypte et la France. Il souligne la collaboration de Christiane Desroches-Noblecourt avec le gouvernement égyptien ainsi que son implication dans les différents chantiers qu’elle a pu mener. En effet,  de nombreux rapports, notes, documents iconographiques, relevés topographiques, d’inscriptions et de graffiti permettent de retracer le déroulement complet des chantiers de fouilles, des campagnes de sauvegarde et des missions d’études. Des cahiers, des enregistrements, des notes, des agendas et des diplômes témoignent également des activités et de son parcours professionnel de conservateur, notamment les cours d’épigraphie et d’archéologie égyptiennes qu’elle a dispensés à l’École du Louvre. Ses supports de recherches, enfin, sont largement illustrés par des ensembles documentaires et iconographiques denses.

Ce fonds de plus de 35 mètres linéaires est désormais consultable aux Archives nationales.