Le 2 février, Frédéric Mitterrand s’est rendu à Clichy-Montfermeil, où l’ancienne tour Utrillo, rachetée par l’Etat et rebaptisée Tour Médicis, va devenir une résidence d’artiste sur le modèle de la Villa Médicis à Rome.

Un lieu ouvert sur la ville et sur le monde. Villa Médicis d’un genre nouveau, le projet de la Tour Médicis (un ancien immeuble de bureaux connu jusqu’alors sous le nom de tour Utrillo) marque une nouvelle étape de la rénovation urbaine de Clichy-Montfermeil. Dans quatre ans, sur le modèle de la Villa Médicis à Rome , la Tour réaménagée accueillera en résidence des artistes de toutes disciplines, de France et du monde entier. Durant leur séjour, ces artistes poursuivront leur œuvre, se livrant à un travail de recherche et d’expérimentation, en lien avec le territoire.
La Tour Médicis comprendra également des formations préparatoires aux métiers de l’art et de la culture et un module d'école de la deuxième chance. Les artistes participeront activement à ces formations qui viseront en priorité les jeunes des quartiers. La Tour Médicis sera un lieu résolument ouvert qui pourra accueillir des spectacles, des expositions, des projections, des concerts, des conférences. Des accords seront également recherchés avec des universités et des fondations étrangères. 

 Le bâtiment. Composée en fait de deux tours accolées, l’une de 7 étages et l’autre de 13 étages, ces étages communiquant entre eux, la Tour Médicis offre une surface utile de l’ordre de 8 000 m2. Construite en 1976 par l’architecte Jean Sebag sur un plan masse de Bernard Zehrfuss au centre du quartier des Bosquets, elle était vouée à des activités tertiaires mais est demeurée inoccupée pendant plusieurs années. « Elle apparaissait comme un symbole de l'urbanisme en faillite et elle va pouvoir devenir le symbole du renouveau », a déclaré Frédéric Mitterrand qui a visité les lieux le 2 février.
La Tour offre de vastes plateaux lumineux. Des planchers peuvent être démolis par endroit pour ménager des hauteurs utiles à certaines pratiques artistiques.
La programmation devra prévoir la réalisation de logements pour des artistes et pour des étudiants, des espaces de travail et de formation, des ateliers pédagogiques pour les plus jeunes, une salle de spectacle, une salle de projection, des espaces d’accrochage et d’exposition et des lieux de convivialité.La Tour devra comprendre également un restaurant pour les artistes résidents et les jeunes en formation. 

La Tour Médicis dans le Grand Paris. Elle fait partie de ces projets qui vont donner toute sa dimension culturelle au Grand Paris. Elle s’inscrit dans le prolongement de l’action de longue date menée par le Ministère et les collectivités territoriales en faveur d’équipements d’excellence dans la banlieue parisienne, centres dramatiques nationaux, scènes nationales, centres d’art, musées de France territoriaux. Le projet de la Tour Médicis répond ainsi à la nécessité de rééquilibrage territorial entre l’hypercentre parisien et ses périphéries, objet même du projet du Grand Paris.
Le plateau de Clichy-Montfermeil, où se trouve la Tour, bénéficie d’un très important chantier de rénovation urbaine, pour un montant de 600 millions d'euros. Un tramway et le métro desserviront le quartier aujourd'hui enclavé.

Une nouvelle vision du territoire. Outre la Tour Médicis, de nombreux projets culturels nouveaux s’inscrivent dans cette nouvelle vision du territoire. Certains projets sont conduits par l’État :
-la construction d’un nouveau centre des archives nationales à Pierrefitte-sur-Seine (93
-le centre national de conservation du patrimoine de Cergy-Pontoise (95)
-le musée national de l’air et de l’espace au Bourget (sous la tutelle du ministère de la Défense).
D’autres projets sont conduits en partenariat avec les collectivités territoriales :
-la création de deux pôles supérieurs pour l’enseignement du spectacle vivant : Paris-Boulogne-Billancourt (92) et Aubervilliers-La Courneuve (93)
-le musée des transports urbains de Chelles (77)
-la construction d’un nouveau lieu pour la scène nationale de Sénart (77)
-la construction d’un centre dramatique national à la Manufacture des oeillets à Ivry-sur-Seine (94)
-la création d’un centre national des arts de la rue au « Grand Moulin » à Noisy-le-Sec (93)