Frédéric Mitterrand, ministre de la Culture et de la Communication, annonce l'acquisition par l'Etat, pour le château de Versailles, d'une pièce reconnue oeuvre d'intérêt patrimonial majeur, une jatte à punch du service à fond bleu céleste de Louis XV grâce au mécénat de KPMG.

La jatte à punch du service à fond bleu céleste de Louis XV, aux dimensions généreuses (33,7 cm de diamètre, 16,4 cm de hauteur), a été exécutée entre 1753 et 1755 à la manufacture de porcelaine de Vincennes pour le Roi, protecteur de la manufacture. Cette pièce exceptionnelle appartient au premier grand service de table, comptant 1749 pièces. Elle est dans un état de conservation parfait. La pâte, le décor floral, la dorure, exceptionnelle et composée d’une chute de piastres et de motifs naturalistes, sont d’une très grande qualité. C’est la première utilisation du fond bleu céleste, créé par le chimiste Hellot pour cette occasion. Ses formes ont été spécialement conçues pour ce service par Jean-Claude Duplessis, le meilleur ornemaniste du temps. Cette jatte à punch, dont le modèle est alors une nouveauté en France, témoigne de l’engouement suscité à l’époque par l’apparition d’une boisson venue d’Angleterre : le punch, alors appelé « ponche », est servi à la fin du repas lors du service du dessert.

La commande du service de Louis XV eut lieu en 1752. A cette date, toutes les circonstances et les compétences étaient réunies pour que la Manufacture entreprenne la fabrication d’un tel ensemble. Les difficultés techniques ayant été vaincues, l’établissement pouvait, avec le soutien appuyé du Roi, s’engager dans cet ambitieux projet. Il se peut que la décision de fabriquer ce service ait même été prise dès 1751, à Vincennes. Mais la fabrication ne put commencer qu’en 1753, lorsque la production du fond bleu céleste fut enfin maîtrisée. Il fut décidé que les 1749 pièces, livrées au souverain en trois fois, entre décembre 1753 et décembre 1755, porteraient toutes un décor de fleurs et de fruits, inscrit dans des cartouches soulignés d’or. Le nombre élevé de pièces était justifié par les exigences du service « à la française » et du décor de la table. La jatte, d’un prix exceptionnel pour l’époque, appartenait à la première livraison (marquée d’une lettre A), la plus coûteuse avec les pots à oille.

Le service de Louis XV, célèbre dès sa création, fut utilisé par la famille royale jusqu’à la fin de l’Ancien Régime. La reine Marie-Antoinette s’en servit même au Petit Trianon, jusqu’à la veille de la Révolution.

Après les dispersions révolutionnaires, on retrouve mention de la jatte à punch, au milieu du XIXème siècle, dans les collections de Gustave de Rothschild, à Paris.

La jatte à punch viendra rejoindre un ensemble de sept pièces appartenant au même service et déjà présentées au château de Versailles, dans la salle à manger dite aux porcelaines. Elle constituera un formidable jalon dans la politique d’acquisition menée, depuis plusieurs décennies, par la conservation du musée en faveur du remeublement du château de Versailles.

Les dispositions fiscales de la loi du 1er aout 2003 relative au mécénat, aux associations et aux fondations, qui complètent celles de la loi du 4 janvier 2002 relative aux musées de France, créent des conditions favorables à l'entrée dans les collections publiques, grâce à un avantage fiscal exceptionnel consenti aux entreprises mécènes, d’œuvres reconnues d’intérêt patrimonial majeur par la commission consultative des trésors nationaux.

En rendant possible l’acquisition de cette pièce exceptionnelle en application de ces dispositions, KPMG s’engage pour la seconde fois dans un programme de soutien en faveur du château de Versailles.

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CP acquisition pour Versailles d'une jatte à punch

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