Structure de production et de diffusion située à Caen, l'Unique développe des actions dans l'espace public. Après avoir soutenu il y a quelques années l'implantation d'un jardin participatif d'artiste à la Guérinière, aujourd'hui géré par une association locale, l'Unique a souhaité continuer à développer dans ce quartier sensible de Caen une action culturelle de qualité avec une dimension participative affirmée.

Il s'est pour cela associé à l'artiste et architecte marseillais Olivier Bedu qui conçoit, au sein de la plateforme d'action collective Cabanon Vertical, l'architecture comme moyen d'appropriation d'un lieu.

À quelques dizaines de mètres du jardin d'artiste, Olivier Bedu a donc imaginé une sculpture qui tire son nom des récifs artificiels qui l'ont inspirée. Composée de différentes formes géométriques évoquant les amas rocheux qui accueillent une vie aquatique foisonnante, cette création à la livrée rouge et gris-bleutée veut être un espace de convivialité au cœur de la Cité.

L'imbrication des différentes formes et l'agencement général de cette œuvre temporaire - elle doit durer deux ans - a été pensée pour répondre à des besoins multiples ; le récif peut ainsi aussi bien accueillir des agapes de voisins que permettre aux adolescents de se réunir ou aux jeunes enfants de courir et jouer dans les coins et recoins de cette structure modulaire.

La sculpture a été construite sur place, en une quinzaine de jours, par l'artiste et les six adolescents embauchés pour l'occasion avec l'aide du service d’action préventive d’une association d’insertion. Le bois qui compose le récif a été débité sur place, assemblé et peint sous les yeux des habitants qui ont été nombreux à suivre l'avancement des travaux. Pour Olivier Bedu, l'inscription de la sculpture dès sa naissance dans la géographie du quartier est un élément essentiel de la réussite du projet car il favorise son acceptation par la population qui pourra dès lors le faire sien au quotidien.

Soutenue par la DRAC, la création du récif s’inscrit dans une démarche de longue haleine visant à faire de la Guérinière un espace de création contemporaine reconnu à l’échelle de la ville. Il illustre combien la présence de l’art dans la vie des grands ensembles, rendue possible par des projets à la fois innovants et peu coûteux portés par des acteurs culturels dynamiques, contribue puissamment à renforcer le lien social, à favoriser l’expression de la citoyenneté et à valoriser les espaces publics de ces quartiers, trois des objectifs fondamentaux de la politique de la ville.