L’exposition consacrée à Lucien Hervé sous le commissariat d’Imola Gebauer, présentée du 18 novembre au 27 mai au Château de Tours, est produite par le Jeu de Paume en collaboration avec la Ville de Tours. "Géométrie de la lumière" se tient à l’occasion des dix ans de la disparition du photographe et cinquante ans après son unique exposition dans la ville de Tours.

« Mon problème consiste à visualiser en deux dimensions un art de l’espace, en éliminant de son vocabulaire les redondances, les boursouflures pour ne retenir que les multiplicités de l’essentiel à mes yeux » - Lucien Hervé

Une œuvre rigoureuse proche de l’abstraction. Figurant parmi les plus grands photographes du XXe siècle, Lucien Hervé (1910-2007) est particulièrement renommé pour ses prises de vue architecturales. S’il a collaboré avec d’autres grands architectes du XXe siècle, il est surtout célèbre pour son travail avec Le Corbusier. Grand constructeur de l’image, un détail lui suffit pour parler de l’ensemble, et il parvient à exprimer l’espace avec la seule tension entre ombre et lumière. Ses compositions géométriques rigoureuses, basées sur la tension entre ombre et lumière, offrent une évocation plutôt qu’une description des sujets, tendant vers l’abstraction. Si les individus sont rarement le thème de ses photographies, Lucien Hervé n’en demeurait pas moins animé d’une profonde foi en l’humanité. Cette exposition au Château de Tours lui rend hommage en juxtaposant comme il le faisait, « l’universel et l’intemporel », l’ancien et le moderne, l’abstrait et l’humain.

Une collaboration avec les plus grands bâtisseurs de son temps. Né en Hongrie, il émigre en France en 1929 avec le projet de devenir peintre. C’est sa rencontre avec Le Corbusier qui, en 1949, l’oriente de manière définitive vers la photographie. Il prend la grande majorité de ses images sur une vingtaine d’années, dont quinze – entre 1950 et 1965 – aux côtés du célèbre architecte. Le photographe collabora par la suite avec les plus grands constructeurs de son époque (Alvar Aalto, Walter Gropius, Marcel Breuer, Oscar Niemeyer, Jean Prouvé…) et multiplia les commandes et les découvertes de sites à travers le monde. Touché par un handicap en 1965, il fut dès lors contraint d’abandonner les grands voyages, mais il veilla à maintenir l’échange avec le public à travers nombre de publications et d’expositions juxtaposant l’ancien et le moderne, le traditionnel et le nouveau, l’abstrait et l’humain, mû par la volonté d’intriguer ses contemporains et d’aiguiser leur regard.

Les thématiques de l’exposition. Cette exposition introduit le spectateur aux thèmes les plus importants de cette oeuvre très riche : les premières années d’élaboration du langage photographique, les rencontres décisives, l’importance de Le Corbusier et de l’architecture, l’appartement du photographe, sa curiosité pour les contrastes architecturaux développée au cours de ses voyages et, enfin, l’abstraction. Tant à travers l’agencement des œuvres que les documents présentés en vitrines, le parcours rend également compte des expositions organisées par l’artiste lui-même des années 1950 à 2000, avec notamment la reproduction de l’accrochage de « L’Appartement ». Dans l’ensemble des salles, les photographies dialoguent avec les pensées de Lucien Hervé, mais aussi d’auteurs littéraires, par le biais d’un choix de citations issues des archives du photographe.

Exposition du 18 novembre 2017 au 27 mai 2018. Château de Tours, 25 avenue André Malraux – 37000 Tours. Tél. : 02 47 21 61 95. Ouverture du mardi au dimanche de 14h à 18h. Fermé le lundi.