Conçus par l'agence d'architecture Jakob+MacFarlane, les nouveaux bâtiments du Fonds régional d'art contemporain de la région Centre (Frac) ont été inaugurés le 5 septembre à Orléans par Aurélie Filippetti. Cette audacieuse structure tubulaire imaginée par les deux architectes Dominique Jakob et Brendan MacFarlane dans le cadre du programme des « Frac de nouvelle génération » entre pleinement en « résonance » avec les collections du Frac, « les seules en France consacrées à l'expérimentation architecturale », a souligné la Ministre. Marie-Ange Brayer, directrice du Frac Centre, nous détaille les enjeux et spécificités de ce nouvel équipement qui ouvrira ses portes au public le 14 septembre.

Quelle est la spécificité du Frac Centre et comment le définiriez-vous en quelques mots ? 
La spécificité du Frac Centre est l'orientation de sa collection sur l’art et l’architecture expérimentale. Le Frac Centre est la seule collection à réunir œuvres d’artistes en lien avec l’architecture et projets d’architectes des années 1950 à nos jours. La collection se lit ainsi à travers plusieurs périodes : avant-gardes radicales des années 1960-70, déconstruction des années 1980 jusqu’à la révolution épistémologique du numérique. 

Avec Les Turbulences, un équipement exceptionnel vient d'être inauguré. Que pensez-vous de cette nouvelle étape pour les Frac, dits de nouvelle génération ? 
Cette nouvelle étape est celle d’une certaine maturité. Les Frac ont la capacité unique de travailler autant à l’échelle locale de leur territoire qu’à celle internationale. Leurs collections leur ont permis de se doter d’une expérience muséographique considérable. Les nouveaux équipements en train de se mettre en place doteront enfin les Frac « nouvelle génération » d’outils performants et de nouvelles fonctionnalités (atelier pédagogique, salle de conférences, etc) qui contribueront à l’élargissement des publics. Aux Turbulences – Frac Centre, le Frac pourra enfin accueillir le public qui fera l’expérience d’une architecture innovante tout en ayant le choix entre expositions, rencontres, performances, ateliers, etc.  L’on pourra de la sorte multiplier les passerelles entre les champs de création, entre la pratique et la théorie. Conçus par Jakob+MacFarlane, les Turbulences se donneront ainsi comme une architecture « vivante » et un lieu de stimulation de la création.

Pouvez-vous présenter Archilab 2013 et nous dire en quoi "Naturaliser l'architecture" diffère – ou se rapproche le cas échéant – des éditions précédentes ? 
Cette 9e édition d’ArchiLab, après une période assez longe d’interruption due aux travaux, renoue avec l’esprit prospectif des éditions précédentes qui avait acté le changement de paradigme du numérique.  Elle réunit une quarantaine de jeunes architectes internationaux, en phase de recherche, qui croisent architecture et sciences (biotechnologies, neurosciences, génétique, etc). Cette édition diffère des précédentes au sens où de nombreuses productions ont permis de présenter au public des prototypes, des pavillons, afin d’expérimenter l’architecture à l’échelle 1. Elle se donne aussi peut-être comme plus réflexive, articulant la recréation de la nature à travers le numérique à une période historique, la Renaissance et le maniérisme, en particulier, marquée par la fabrique architecturale de la nature.

LE FRAC CENTRE : UN NOUVEL EQUIPEMENT
 

 Une architecture turbulente. L'agence d'architecture Jakob+MacFarlane a été chargée de la réhabilitation des Subsistances, ces anciens entrepôts de l’armée d’une surface de 3 300 m2. Les architectes ont dû également en concevoir une extension. L'ensemble, batisé Les Turbulences, est une audacieuse structure tubulaire, à laquelle ils ont accolé deux excroissances de verre et d'aluminium, l'ensemble étant doté d'une « peau de lumière interactive » due à la collaboration de deux artistes d'Electric Shadow, Naziha Mestaoui et Yacine Aït Kaci.

Un Frac dédié à l’architecture. Créé en 1983, le FRAC Centre a fait le choix en 1991 de réorienter ses collections sur l’architecture dans ses rapports à la création artistique. Il engage alors une vaste politique d’acquisition de projets d’architecture, des années 1950 à aujourd’hui. Le FRAC est aujourd’hui riche de quelque 300 œuvres d'art, 800 maquettes d’architecture et plus de 15 000 dessins dont de nombreux fonds d’architectes. Un ensemble unique en France, qui présente le travail d’une centaine d’artiste et d’environ 160 architectes.

ArchiLab. La première édition d’ArchiLab - Rencontres Internationales d’Architecture d’Orléans, remonte à 1999. Cinq ans après sa dernière édition, Archilab dévoilera à partir du 14 septembre les projets de 40 architectes, designers et artistes, sous le thème: Naturaliser l’architecture, sont consacrés aux interactions multiples entre architectures, sciences et simulation du monde vivant

« FRAC de nouvelle génération ». Les Turbulences fait partie d’un programme de construction de « FRAC de nouvelle génération » voulu par le ministère de la Culture et de la communication et qui doit doter ces institutions de tous les moyens nécessaires pour jouer pleinement leur rôle de diffusion de l’art contemporain et non seulement de conservation d’une collection. Depuis le début de l'année, trois autres Frac de nouvelle génération ont été construits : le Frac Bretagne à Rennes (architecte Odile Decq) ; le Frac Provence-Aples-Côte d'Azur (architecte : le Japonais Kengo Kuma) ; le Frac Franche-Comté à Besançon (architecte : le Japonais Kengo Kuma). Prochaine réalisation : le Frac Nord-Pas-de-Calais (Dunkerque, architectes Lacaton et Vassal, ouverture dernier trimestre 2013)