Deux expositions personnelles, Le Crédac du 11 avril au 22 juin 2014, vernissage jeudi 10 avril 2014 de 17h à 21h

Estefanía Peñafiel Loaiza construit son œuvre sur la tension entre le visible et l’invisible. Invitée à exposer en 2007 au Crédac, l’artiste produit une œuvre presque imperceptible, un long trait de gomme tracé sur le mur à hauteur de regard et parallèle au sol (mirages(s) 2. ligne imaginaire, équateur ; 2007). Comme on marque un horizon, cette ligne à la fois radicale et précise évoque la ligne imaginaire de l’Équateur, son pays natal. Cette artiste a conservé cette position esthétique toute en économie de moyens. À la Manufacture des Œillets, ancienne usine occupée par le Crédac, Estefanía Peñafiel Loaiza a pour projet l’évocation de l’ancien usage des lieux, celui du travail, du bruit des machines et du mécanique. Dans ce bâtiment construit en 1913 sur le modèle américain de la Daylight Factory, la lumière du jour ponctuait le rythme mécanique du travail. L’artiste s’attachera à cet aspect indissociable du monde ouvrier en intervenant à la fois au cœur des salles du centre d’art, mais également dans la partie la plus ancienne du site (la Grande Halle de la Manufacture) et principalement sur son horloge. Celle qui rythmait le temps de travail des ouvriers est désormais arrêtée... Estefanía Peñafiel Loaiza est représentée par la galerie Alain Gutharc, Paris.

© Estefania Peñafiel Loaiza. Courtesy Galerie Alain Gutharc

Benoît-Marie Moriceau. En 2007 à Rennes, à l’invitation de 40mcube, Benoît-Marie Moriceau recouvrait intégralement de peinture noire la maison ancienne, qui, à l’époque abritait le lieu d’exposition. On peut considérer cette première intervention comme une entrée magistrale de Benoît-Marie Moriceau dans le monde de l’art contemporain. Reprenant le titre très cinématographique Psycho, cette masterpiece aurait pu "écraser" le jeune artiste. Il a, depuis, convaincu les spectateurs attentifs de sa capacité à évoluer à travers des formats d’interventions très variés, du plus spectaculaire au plus invisible, installant toujours une atmosphère, un climat d’étrangeté. Benoît-Marie Moriceau part d’un contexte, d’un lieu donné auquel il intègre des mécanismes liés à la représentation. Il semble tenter l’une des règles posées par certains artistes depuis les années 1970, celle de "l’installation totale". Lors de sa dernière exposition en septembre 2013 à la galerie Mélanie Rio, un potentiel scénario cinématographique se déployait en creux pendant toute la durée de l’exposition. Il consistait à redonner une dimension domestique à l’hôtel particulier qui abrite la galerie, en réinstallant notamment une table à manger dans la salle de réception ou en invitant des enfants à jouer à un jeu de construction devant un feu de cheminée. Benoît-Marie Moriceau est représenté par la galerie Mélanie Rio, Nantes.

© Benoît-Marie Moriceau / Adagp, 2014