Les députés ont voté le 3 octobre à l'unanimité une proposition de loi amendée par le gouvernement, qui interdit de cumuler le rabais de 5% sur le prix unique du livre et la gratuité des frais de port pour les achats en ligne.

« Concurrence déloyale ». Les opérateurs en ligne comme Amazon ne pourront plus cumuler la gratuité des frais de port du livre avec la remise de 5% autorisée par la loi du 10 août 1981 sur le prix unique du livre, dite loi Lang. Le projet de loi votée à cet effet par tous les députés sans exception satisfait les libraires, qui se plaignaient d’une « concurrence déloyale » d’autant plus difficile à supporter qu’ils sont souvent dans une situation financière délicate. La vente en ligne est aujourd’hui le seul secteur du marché du livre en progression (13,1% de ce marché en 2011) et les librairies indépendantes ont du mal à y trouver leur place à cause d'un très faible retour sur investissement.
La proposition de loi doit encore être adoptée au Sénat. 

Défendre notre réseau de librairie. Lors du débat à l’Assemblée nationale, Aurélie Filippetti a dénoncé la «stratégie de dumping» d'Amazon : « J'en veux pour preuve qu'ils ne pratiquent pas cette gratuité dans les pays où il n'y a pas de prix unique du livre […] Une fois qu'ils seront en position dominante et auront écrasé notre réseau de librairies, il y a fort à parier qu'ils remonteront leurs tarifs sur la livraison ».
La France compte environ 3 500 librairies (dont 600 à 800 dites « indépendantes », dans la mesure où elles n'appartiennent à aucun éditeur, chaîne ou grande surface). Elles sont à peine 1 000 en Grande-Bretagne.
Ce vote répond à l’engagement d’Aurélie Filippetti, pris depuis les Rencontres nationales de la librairie le 3 juin à Bordeaux, de « travailler au rétablissement des conditions d’une concurrence plus équitable s’agissant de la vente en ligne de livres» et s’ajoute aux mesures en faveur de la librairie indépendante que la Ministre met en œuvre depuis sa nomination en mai 2012.
18 M€ seront ainsi investis en faveur de la librairie en 2014, 11 M€ de fonds publics et 7 M€ en provenance des éditeurs. Ces sommes seront utilisées pour des mesures d’urgence comme le soutien à la trésorerie, mais aussi pour préparer l’avenir : faciliter la transmission des commerces, former les libraires et les accompagner dans leur transition numérique.